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CLAP YOUR HANDS SAY YEAH - Some Loud Thunder (2007)
Par THOM le 14 Mars 2007          Consultée 2066 fois

En un peu plus d'un an, depuis leur album éponyme, les hurluberlus de Clap Your Hands se seront vus catapultés comme must de la scène indie, au même titre que les Canadiens d'Arcade Fire, auquels on les aura maintes fois comparé. Et pour cause, les New-yorkais sont les fières têtes de gondoles d'une nouvelle vague qui semble tirer une saine inspiration des Têtes Parlantes de David Byrne (et dont la voix rappelle souvent celle des Têtes Radio... bon, ça va, j'arrête). On se rappelle que le groupe qui fit sensation lors de l'hiver 2006 avait plus d'un atout dans sa manche, dont le fait de savoir manier le bouton du volume. Alors bam! Direct, ça commence comme un coup de tonnerre qui aurait foudroyé tous les magnétophones du studio. D'où un son pourrave, d'entrée de jeu (oui, rassurez-vous vos nouvelles enceintes vont bien. Ah, vous avez eu chaud! Soit, passons).

Mais ce qu'il y a derrière, c'est la patte inimitable de CYHSY, et les subtils dérapages contrôlés de son leader Alec Ounsworth. Par rapport au premier album, le groupe semble vouloir brouiller quelque peu les pistes. Cependant le glissement n'apparaît pas de prime abord : bien qu'agrémentées de quelques moisissures sonores, les premiers titres semblent tout droit sortis de l'album qui défraya la chronique l'an dernier. On y retrouve la bonne humeur communicative, les guitares lumineuses et bien sûr Ounsworth et sa voix de lutin ("pixie", en anglais...) sur ressort. Rien ici de très surprenant puisque la majorité des chansons qui composent "Some Loud Thunder" ont été écrites en même temps que celle du premier album.

Le titre "Mama..." amorce le virage : l'atmosphère sera dorénavant un brin plus tendue. Pas grand chose, mais on connaît l'aptitude de ce groupe qui prône l'économie de moyens à sortir de son chapeau des ambiances inattendues. Picasso bricolait-il un taureau énervé avec une selle et un guidon de vélo récupérés dans une décharge? CYHSY vous installe un parfum de cave obscure à la six-quatre-deux, avec une boîte d'écho et trois casserolles. Tout au long de l'album, on aura la surprise de découvrir au détour des morceaux quelques bruits épars, dispersés à l'envi, des bouts de riffs et de conversations captés dans les couloirs, la cuisine, voire, qui sait, les toilettes. Mais pas de quoi s'affoler, les refrains et les mélodies sont toujours là (de celles qui donnent envie de chanter à tue-tête, et merde pour les voisins). De même "Love song No 7" est aussi un titre au parfum de fleur d'oranger : doux-amer, tout en demi-teinte...

Les bip-bips ne sont bien sûr pas en reste comme le prouve la pièce maîtresse de Some Loud Thunder: "Satan said dance". La chanson commence donc par une rythmique très proche de celle qu'on trouvait sur le premier opus, style "Over and over again". Elle se truffe très vite d'ectoplasmes sonores que le producteur Dave Fridmann, visiblement très en forme, a fait sortir de sa boîte à malices. Pour l'anecdote, le groupe joue depuis très longtemps cette chanson lors de ses prestations, mais ne lui avait jamais donné si belle allure.

Il est vain de se commettre en fines analyses stylistiques, puisque vous aurez compris que chacune des chansons de ce groupe, a fortiori sur cet album, s'empresse de faire sauter le cadre qu'on pensait lui définir. La fabrication maison ("Harm and hammer", et sa deuxième partie bolanesque) y côtoie les hautes sphères de la production ("Goodbye...") dans un même élan de vie. Et quand bien même celle-ci est aussi faite de mélancolie et de coups foireux, c'est toujours bon à prendre et ça n'empêche pas d'avancer, comme le suggère "Underwater" et sa farandole claironnante qui semble ne pas vouloir se terminer.

Voilà donc l'épreuve du deuxième album réussie pour les illuminés de New-York (si tant est qu'ils aient quelque chose à prouver), qui nous laisse une fois de plus cette débauche de paysages et d'humeurs mélangés, déboulonnés, déglingués. Mais surtout qui donne envie de frapper dans ses mains, de dire "Yeah! ", et de danser comme des perdus, puisque même Satan le conseille.

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- Alec Ounsworth (guitare, chant)
- Robbie Guertin (guitare, claviers, chant)
- Lee Sargent (guitare, claviers, chant)
- Tyler Sargent (basse, chant)
- Sean Greenhalgh (batterie, percussions)


1. Some Loud Thunder
2. Emily Jean Stock
3. Mama, Won't You Keep Them Castles In The Air And B
4. Love Song No.7
5. Satan Said Dance
6. Upon Encountering The Crippled Elephant
7. Goodbye To Mother And The Cove
8. Arm And Hammer
9. Yankee Go Home
10. Underwater (you And Me)
11. Five Easy Pieces



             



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