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PSAPP - Tiger, My Friend (2005)
Par UDUFRU le 5 Avril 2007          Consultée 2366 fois

Entre deux jeux vidéos, concerts de black aride ou shônen nippons, il m’arrive parfois d’être une femme. C’est dans un de ces rares moments que j’ai découvert la série télévisée américaine qui fait actuellement fureur parmi les membres de mon sexe, à savoir l’attachante Grey’s Anatomy. Bien qu’au début, je n’aie pas forcément été intéressée par les tribulations sentimentales et professionnelles d’une bande d’internes en chirurgie pourtant sympathiques (au moment où j’écris cette chronique, je suis aussi une femme), j’ai immédiatement accroché au générique acidulé interprété par les désormais, sinon célèbres, du moins en voie de l’être, PSAPP.

Voilà donc un duo fraîchement éclos à Londres, capitale internationale de l’excentricité et dernier bastion de la pop, où elle est encore considérée comme un style musical à part entière et non une déchetterie dans laquelle tout ce qui n’est pas assez élitiste aux yeux des critiques de tout poil peut être recyclé dans les oreilles de la populasse à grand renfort d’hystérie publicitaire. PSAPP ne pouvait décemment pas naître ailleurs, puisque son électro-pop démontre qu’il est possible de ne pas faire de compromis entre originalité et accessibilité, pour le plus grand plaisir du plus grand nombre. Mais comment est-ce possible ?

Cela tient tout bêtement de l’adéquation entre une chanteuse/violoniste/claviériste, Galia Durant de son petit nom, et son confrère Carim Clasmann, multi-instrumentiste et ingénieur du son, réunis autour d’une même idée aussi simple qu’ingénieuse : faire des petites chansons avec des bruits hétéroclites provenant d’objets du quotidien. Alors certes, il n’y a pas de révolution, la musique concrète a depuis longtemps fait de cette idée son seul credo. Mais là où cette dernière dépasse souvent la frontière de l’abstraction (et parfois, de l’écoutable), PSAPP reste résolument pop et n’est pas assujetti au bruit. Dans les compositions de ces deux grands enfants, le bruit accompagne la mélodie comme une composante naturelle de l’univers sonore mais jamais il ne s’impose comme une contrainte du concept. Discrets et pourtant toujours présents, notamment sous forme de percussions, les samples de jouets, d’ustensiles variés, de xylophones pour enfants, de sonneries ou encore d’animaux, se mêlent aux compositions intelligentes d’un duo inspiré capable de ne pas instiller en nous une sensation de « déjà-entendu », ce qui en soit représente une belle performance.
Au fil d’un album aux couleurs pastel, la voix naturelle et veloutée de Galia, loin de chercher la performance au moyen d’effets vocaux futiles, nous entraîne en toute simplicité dans des ritournelles entêtantes, décalées et pourtant confortables, comme un salon kitch rempli de bibelots dépareillés créant une atmosphère bigarrée de joie et de mélancolie toutes ensemble. Chaque chanson de l’album bénéficie d’un arrangement sonore des plus soignés grâce à l’admirable talent aux machines de Carim, ingénieur du son pour EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN entre autre, qui multiplie superpositions sonores et bidouillages électroniques audacieux sans jamais surcharger l’ensemble ni se répéter vraiment. C’est pourquoi il me serait impossible de vous conseiller un titre plutôt qu’un autre, et de cela je m’excuserais bien si ce n’était pas entièrement la faute de la qualité de ce disque !

Nous avons tous rêvé, enfants, de passer une nuit dans un magasin de jouets où poupées, trains électriques et legos prendraient vie dans nos petits doigts potelés, et je ne crois pas me tromper en déclarant que le père Noël n’a jamais réalisé ce souhait pour aucun d’entre nous. Et si je vous disais que vous pouvez le vivre maintenant, tranquillement installés chez vous, simplement en mettant cet album et en fermant les yeux ? Vous risquez seulement de vous réveiller au beau milieu d’une maison de poupées ou d’un village d’automate aux mille cliquetis mécaniques, avec deux compagnons de jeux imaginatifs et drôles dont il vous sera difficile de vous séparer après 41 minutes de bonheur. Mais, après tout, qui vous y oblige ?

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   UDUFRU

 
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- Galia Durant (chant, violon, clavier)
- Carim Clasmann (instruments, ingénieur du son)


1. Northdown Flat B1
2. Rear Moth
3. Leaving In Coffins
4. Calm Down
5. Velvet Pony
6. About Fun
7. Curuncula
8. King Kong
9. The Counter
10. Chapter
11. Tiger, My Friend



             



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