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THIEVERY CORPORATION - The Richest Man In Babylon (2002)
Par SASKATCHEWAN le 30 Mars 2008          Consultée 2007 fois

C’est qui, The Richest Man In Babylon (L’Homme le Plus Riche de Babylone) ? Nabuchodonosor ? Et puis, y a quoi d’intéressant à visiter dans cette bourgade ? La Tour de Babel. Ah oui, cette ruine mythologique, lieu de naissance de tous les langages humains et tout et tout. Et bien, si aujourd’hui il fallait désigner une Babylone moderne, ce serait quelle ville ? New York ? Los Angeles ? Londres ? Rob GARZA et Eric HILTON, les deux membres de la THIEVERY CORPORATION (la guilde des voleurs ?) semblent considérer que la Babylone du XXIème siècle, c’est Washington, dont le caractère cosmopolite peut être discuté (il y a bien une multitude d’ambassades, mais encore ?). Et l’homme le plus riche à Washington, du coup, c’est qui ? Le Président des Etats-Unis himself, non ? On comprend finalement la signification de ce titre énigmatique : l’honorable W. va se faire sévèrement tancer.*¹

Une démarche critique envers une société gangrenée par le pompom-girlisme suffit-elle à rendre un album réussi ? Non assurément, il faut que derrière cette haine farouche et véhémente des ronds de plumes qui s’agitent, il y ait un véritable travail de composition. Notre duo originaire du Maryland*², qui réalise ici son troisième album, opte donc pour une recette qu’il maîtrise parfaitement : le mélange des genres. The Richest Man est donc un melting-pot d’influences, du Trip-Hop de Bristol jusqu’à la Bossa Nova, en passant par le Dub/Reggae et les musiques orientales.

L’aspect Trip-Hop du disque, présent sur « Heaven’s Gonna Burn Your Eyes », « Omid » ou encore « All That We Perceive », n’est pas franchement marquant. On navigue allègrement dans les clichés du genre (chanteuse plaintive, beat lent, ambiance psychédélique) pour n’en sortir que sur « Until the Morning » où les lamentations de la chanteuse islandaise Emiliana TORRINI*³ font mouche.

Pourtant, la colonne vertébrale de l’album s’éloigne de l’électro traditionnelle pour adopter un côté plus Reggae, déjà influence majeur sur les deux premiers essais du groupe. La profusion d’invités appartenant à ce genre, tels que NOTCH ou SHINEHEAD, ne fait que confirmer la prépondérance du genre sur ce troisième opus, qui bénéficiera d’ailleurs d’un remix Dub : Babylone Rewound. Les quatre ou cinq titres Reggae de cette galette, parmi lesquels « The Outernationalist » et « The State Of The Union » sont autant de temps forts portés par des percussions méticuleusement orchestrées et des effets électroniques (distorsions, boucles synthétiques, voix modifiées) de très bonne facture.

Ce ne serait pas faire honneur à The Richest Man In Babylon que d’oublier son côté le plus cosmopolite. Les influences latines (« Meu Destino », « Exilio » et surtout l’excellent « Liberation Front ») côtoient les influences orientales (« Interlude » et « Facing East »). L’Anglais n’est pas non plus la langue de référence absolue : « Omid » est chanté en Iranien, « Meu Destino » en Portugais, « Exilio » en Espagnol et « Un Simple Histoire » en Français. Notez au passage la faute de genre à « Un », qui semble bien être involontaire puisque le texte du livret est aussi constellé de fautes (et là vous me direz : « rabat-joie ! » et vous aurez raison). Hormis « Exilio » qui propose de la bonne Bossa Nova, l’intérêt de ces quatre titres me semble bien limité. Au final, les deux instrumentaux « Liberation Front » et « Resolution » accompagnent « Until The Morning » pour conclure l’album en beauté.

Textes engagés, mélange savoureux d’électro Downtempo et de Musique du Monde, The Richest Man In Babylon péche avant tout par son manque de titres forts (trois ou quatre au maximum), ce qui constitue une véritable régression par rapport aux deux albums précédents. Un album appréciable et inspiré somme toute assez commun qui a fini par prendre la poussière sur mon étagère avec tous ses petits camarades les albums « Ouais bon ok ».


*¹Note stylistico-analystico-désapprobatrice : voyez comme le chroniqueur est un être veule, il échafaude un raisonnement bancal à partir de ses maigres connaissances bibliques et politiques, pour les jeter à la face d’un lecteur affligé qui n’en demandait pas tant en emporte le vent dans les saules (y Locke ? Laissez donc la philosophie en dehors de ça, ruffian.).
*² Note sur le gentilé : comme je l’appris lors d’un clavardage avec un Nouillorquais, les habitants originaire du Maryland se nomment les Marylandais.
*³ Note publicitaire éhontée : ladite Emiliana TORRINI-DAVÌÐSDÒTTIR de son vrai nom a aussi fait une apparition sur la très bonne B.O. du film de Peter JACKSON : Le Seigneur Des Anneaux, Les Deux Tours, chroniquée sur ce site par Mr. Ameforgée.

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   SASKATCHEWAN

 
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- Rob Garza (arrangements électroniques)
- Eric Hilton (arrangements électroniques)
- Pam Bricker (chant)
- Patrick De Santos (chant)
- Loulou Ghelichkhani (chant)
- Notch (chant)
- Ras Pidal (chant)
- Carl 'shinehead' Aiken (chant)
- Emiliana Torrini (chant)
- Sleepywonder (chant)
- Verny Varela (chant et flûte)
- Ramon Gonzales (guitare)
- Chris Vrenios (guitare)
- Desmond Williams (guitare et basse)
- Steven Albert (guitare et basse)
- Roberto Berimbao (basse et percussions)
- Jim West (batterie)
- Rene Ibanez (percussions)
- Javier Miranda (percussions)
- Frankie Addison (cuivres)
- Harold Little (cuivres)
- Rick Harris (cuivres)
- Kelvin Sampson (cuivres)
- Sonny Caberwal (tablas)
- Ustad Amir (sitar)
- Max Sadeghi (santour)
- April Lynne Stace (harpe)
- Wayne Wilentz (clefs, jukebox)


1. Heaven's Gonna Burn Your Eyes
2. Facing East
3. The Outernationalist
4. Interlude
5. Omid (hope)
6. All That We Perceive
7. Un Simple Histoire (a Simple Story)
8. Meu Destino (my Destino)
9. Exilio
10. From Creation
11. The Richest Man In Babylon
12. Liberation Front
13. The State Of The Union
14. Until The Morning
15. Resolution



             



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