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The QEMISTS - Join The Q (2009)
Par SEIJITSU le 26 Novembre 2009          Consultée 1055 fois

Il suffit de jeter un rapide coup d’œil au boîtier de cet album pour attraper quelques aigreurs d’estomac. Le titre de ce disque ferait rire n’importe quel francophone. La pochette très « rebelle » et ce vert fluo, à la mode dans les magasins vendant en vrac jeans slim et autres vêtements moulants destinés principalement à la génération Tecktonic, ne donne pas une bonne image de ce groupe qui aime flirter avec le mauvais goût.
Mais attention, The QEMISTS ce n’est pas n’importe qui ! Ces derniers ont été signés sur le réputé label Ninja Tune, qui possède dans ses rangs des artistes comme Amon TOBIN. Forcément cette petite information de dernière minute calme, et tous nos préjugés s’envolent comme les premières feuilles de l’automne poussées par le vent (oui j’aime faire mon poète en ce moment).

Alors Join the Q c’est bien ou pas bien ? Sérieusement ? Non.
Ce disque, j’ai beau l’avoir écouté plusieurs fois, je me demande encore comment ce groupe a pu être signé sur un label comme Ninja Tune, qui est, je le rappelle, une pointure au même titre que le label Warp. Ce n’est pas vraiment le style de musique qu’exerce ces Britons qui me choque, mais plutôt ce côté coup de poing dans la gueule sans limite, qui finit par agacer tellement cela sent la musique excessive au possible.

The QEMISTS, contrairement à ce que leur nom laisse entendre, n’a rien à voir avec les CHEMICAL BROTHERS, c’est plutôt vers PRODIGY et PENDULUM qu’il faut se tourner pour y trouver des influences.
L’album démarre par un « Stompbox » gras et pas subtil pour un sou. De l’électro-rock et de la Drum and Bass burnée qui rentre dans la tronche et met K.O. au bout de la première minute. Et c’est là que réside le principal inconvénient de Join the Q : ça tourne en rond. Rien que la première piste finit par tourner à vide une fois arrivée à la moitié du parcours ; passer au morceau suivant nous titille très rapidement l’esprit.
Surprise ! La piste 2 est dans la même veine, mais elle est cette fois marquée par la participation de Mike PATTON. Je ne sais pas si c’est grâce à lui mais ce « Weekend perdu » (« Lost Weekend » étant le nom du morceau) est bien plus digeste que le morceau précédent. La performance vocale du sieur PATTON en met plein la vue et le morceau ferait danser votre grand-mère en chaise roulante ; c’est bon… mais sans génie. Car on ne peut pas dire que ces gars cherchent à se démarquer de la concurrence. Tous les styles musicaux croisés ici donnent une impression de fourre-tout et la manière de faire, qui est parfois efficace il faut le reconnaître, ne vaut pas tripette.
Après c’est au tour de « On the Run », morceau accompagné d’une voix dance. C’est tout à fait écoutable en soirée mais un peu trop racoleur quand même. « Dem Na Like Me » fait taper du pied avec son phrasé ragga, même s’il peine à se renouveler passé la troisième minute. Je suis aussi obligé de vous parler de l’intro cinématographique de « The Perfect High » (idée d’ailleurs piquée à PENDULUM sur leur premier album Hold Your Colour), qui est monstrueusement pédante. Elle donne envie au choix : soit de rire à gorge déployée, ou tout simplement de se flinguer sur place. Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Quant aux samples de musique classique sur « Got One Life », ils sont hors de propos et remplissent inutilement ce morceau. J’avouerais avec un peu de honte tout de même (car personne n’est parfait), apprécier « When Ur Lonely » qui avec ses boucles de synthétiseurs, me fait bien sauter sur place.

Résultat des courses : deux morceaux corrects, du mauvais goût, quelques riffs rock et metal dissimulés dans ce bouillon de culture plutôt écœurant sur la longueur, du déjà vu…
Ce n’est pas très joyeux, et c’est un peu con car si The QEMISTS y mettait un peu plus du sien, il y aurait des chances que tout ce joli foutoir donne un truc à peu près convenable. Mais c’est au niveau de l’inspiration qu’il y a un problème, à force de copier PENDULUM et de se cultiver une image de rockeurs électro comme PRODIGY, il y aura peu de chance que je m’intéresse à ce mauvais clone dans un avenir proche.
Join the Q n’est pas vraiment une daube infâme, c’est tout simplement un disque insignifiant. Le genre d’albums que l’on se passe une fois et dont on ne retient pratiquement rien. De la soupe ? Oui c’est fort possible, de la soupe très chaude qui surprend la première fois qu’on la goûte, car elle brûle la langue. Alors à force de se cramer le palais et comme nous sommes des gens intelligents, on attend que la soupe refroidisse. Mais quand on reprend une cuillerée, on la trouve finalement bien fade et l’envie de finir le plat jusqu’à la dernière saucée s’estompe à jamais. Tout dans la gueule, rien dans les tripes. Et à force de privilégier la forme, on finit par oublier le fond, voilà le point faible de ce Join the Q.

THE QEMISTS est peut-être la nouvelle sensation Drum and Bass britannique, mais je vous conseille de vous intéresser plutôt à leurs confrères australiens PENDULUM, bien moins redondants et plus intéressants que ce groupe qui, à mon avis, a dû signer sur le mauvais label.

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Non disponible


1. Stompbox
2. Lost Weekend
3. On The Run
4. Dem Na Like Me
5. S.w.a.g. (intro)
6. S.w.a:g.
7. Drop Audio
8. When Ur Lonely
9. Soundface
10. Got One Life



             



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