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The DEAD WEATHER - Sea Of Cowards (2010)
Par PINHEAD le 13 Février 2011          Consultée 1110 fois

Après la réussite du première album, l'excellent Horehound, les DEAD WEATHER rempilent pour un deuxième album. On retrouve encore une fois une pochette énigmatique à l'instar du premier opus. Composé pendant la tournée qui a suivi la sortie du précédent album, enregistré par petits morceaux entre deux dates dans le studio de Jack White à Nashville, et enfin sorti moins de neuf mois après son prédécesseur, Sea Of Cowards est un album très court, puisqu'il dure à peine plus de 35 minutes. En effet, on peut sentir l'urgence et la précipitation dans tout l'album, tant dans les compositions, que dans les interprétations. Le groupe, de son propre aveu, improvise sur une bonne partie des chansons. Improviser, c'est prendre un risque. Si ce coup de poker avait fait le charme du disque précédent, il rend ici l'album assez peu digeste.

Grand nombre des titres ont été bâclés. Même si la production irréprochable camoufle cette pauvreté, elle devient beaucoup plus flagrante après quelques écoutes. Ce qui faisait la force du premier album, à savoir la spontanéité et la prise à chaud, est ce qui constitue le plus gros défaut de Sea Of Cowards. Si on prend un morceau comme "Hussle And Cuss", on s'aperçoit vite de sa faible composition, et par conséquent de sa monotonie: le riff principal est peu intéressant et pourtant répété tout au long de la chanson par la guitare, la basse, le clavier, et même la batterie. Le couplet entêtant est très vite écœurant, et les ruptures et changements de tempos tombent comme un cheveu dans la soupe.

C'est bien joli de vouloir jouer un Garage Rock authentique et survolté, mais encore faut-il avoir de bonnes chansons à l'appui. Même si les lourds accords de Fertitia et les martèlements de Jack White apportent la violence nécessaire à ce genre d'exercice, les structures soit trop banales, soit trop imparfaites, réduisent les efforts des deux compères à néant. La diablesse Alison Mosshart à beau se démener à crier comme un démon (avec un charisme qu'on ne lui enlève pas), la mayonnaise a du mal à prendre.

On notera d'ailleurs la présence de plus en plus envahissante des synthétiseur qui, sans être inaudibles, dénaturent quelque peu une musique qui se veut sauvage et brute de décoffrage. Les sonorités apportées par Fertitia sur des morceaux comme "Looking At The Invisible Man" ou "Jawbreaker" enlèvent l'intérêt de simplicité que pourraient avoir ces titres.

Bien sûr, tout n'est pas repoussant dans cet album. Même les moins bons titres s'écoutent assez facilement, preuve qu'ils ne sont pas si mauvais que ça. On trouve même des choses très intéressantes comme les titres "No Horse" ou bien "Gasoline". Sans briller par d'époustouflantes harmonies, la fraîcheur et l'ardeur de ces titres rappellent le premier album pendant quelques instants de rêverie. Les rythmes simples de Jack White parviennent même à tirer de l'auditeur quelques hochements de têtes donnés à l'abandon.
On notera également la présence notable de "Difference Between Us", explosif et agressif, où la prestation vocale de la chanteuse s'avère d'une rare hargne. Le premier titre de l'album, "Blue Blood Blues", bien qu'assez minimaliste, est aussi une bonne surprise avec Jack White seul au chant.
Et puis sans atteindre le dénouement épique du premier album, la conclusion de Sea Of Coward reste un bon morceau. "Old Mary" parvient à pénétrer l'esprit de l'auditeur au moyen d'un blues malsain (encore), mais cette fois d'une brièveté assez étonnante (moins de trois minutes) par rapport aux six minutes de "Will There Be Enough Water". A l'image des autres morceaux, "Old Mary" est un titre tout en simplicité avec une rythmique hypnotique et une mystérieuse phrase scandée en guise de refrain. Jack White à l'occasion à la fin de lâcher une court solo de batterie, mettant un terme à l'aventure studio des DEAD WEATHER, puisque Sea Of Coward est sensé être la dernière production du supergroupe.

En bref, on a ici un album assez décevant et bâclé. Même si quelques bon morceaux viennent éclaircir la galette, il est indéniable qu'aucun d'entre eux ne marque les esprits. Piégés par leur style assez restrictif, les DEAD WEATHER n'apportent aucune idée nouvelle à leur musique.
Sea Of Cowards est un disque qui s'écoute à l'occasion, entre un KILLS et un RACONTEURS. Fin de la parenthèse.

2/5

Coup(s) de cœur: "The Difference Between Us"

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   PINHEAD

 
  N/A



- Alison Mosshart (chant)
- Jack White (batterie, chant, guitare)
- Dean Fertitia (guitare, claviers)
- Jack Lawrence (basse)


1. Blue Blood Blues
2. Hustle And Cuss
3. The Difference Between Us
4. I'm Mad
5. Die By The Drop
6. I Can't Hear You
7. Gasoline
8. No Horse
9. Looking At The Invisible Man
10. Jawbreaker
11. Old Mary



             



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