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1973 Wattstax
 

- Style + Membre : Albert King , Carla Thomas , Isaac Hayes

WATTSTAX - Wattstax (1973)
Par MANIAC BLUES le 21 Mars 2011          Consultée 1155 fois

En la chaude journée du 20 aout 1972 dans le ghetto de Watts, le label Stax écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de la communauté noire et de la soul. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblés dans le Los Angeles Coliseum pour entrer en communion avec les plus grandes stars de la musique noire de l’époque. Rufus Thomas, Johnnie Taylor, les Bar-keys, les Staple Singers, Albert King, Isaac Hayes, Carla Tomas, tous ceux qui ont forgé la réussite du label ont fait le déplacement jusqu’en Californie. L’aspect historique semble déterminant pour comprendre l’ampleur de cet événement. En effet, ce Woodstock noir se déroule exactement sept ans après les émeutes violentes de l’été 1965 qui ont embrasé Watts, ghetto noir de Los Angeles. Wattstax dépasse clairement le simple cadre de la musique et c’est ce que le réalisateur a tenté de dépeindre.

Mel Stuart ne s’est pas contenté de filmer le concert. Le documentaire est étayé de nombreux témoignages qui brossent le portrait social de l’Amérique noire au début des années soixante-dix. Etre quelqu’un, avoir les même droits que les blancs, être fier d’être noir sont autant d’aspirations évoqués dans ce film. Les héros qui ont milité pour la cause noire comme Martin Luther King y sont célébrés. Cette quête de reconnaissance, de dignité trouve toute sa force dans le discours du révérend Jesse Jackson qui entonne la célèbre litanie du peuple noir : les milliers de personnes le poing levé reprennent alors en chœur « I Am- Somebody ».

Musicalement, ce film est une mine d’or. Rufus Thomas, artiste fondateur du Memphis Sound, est acclamé comme une star. Dans son improbable tenue rose bonbon, il déchaîne les milliers de spectateurs avec « Do The Funky Chicken »: le terrain du stade se transforme alors une incroyable piste de danse. Isaac Hayes est la grande vedette du concert. Le triomphe qu’il connait avec la bande originale de Shaft a propulsé le moïse noir au rang des divinités de la soul music. Après une arrivé en voiture tonitruante au beau milieu du stade, il fait une entrée sur scène hallucinante et dévoile son corps musclé entouré de chaîne d’or ce qui ne laisse pas indifférent les jeunes femmes présentes dans les gradins !

Ce documentaire montre également un extrait (malheureusement trop court) de la performance d’Albert King qui commence à interpréter « I Plays The blues For You ». Le film développe alors une réflexion très intéressante sur le blues à l’occasion de nombreux témoignages ; pour les jeunes, le blues est une musique révolue ; elle est en effet le témoignage douloureux d’un passé ségrégationniste et miséreux. Pour d’autres, le blues est universel car il exprime des sentiments personnels comme la douleur amoureuse. Le réalisateur filme alors Little Milton en marge du concert en train d’interpréter "Walking the Back Streets and Crying".

En revanche, le gospel continue d’être très apprécié par les noirs. Le gospel est en effet une composante essentielle de la soul, genre presque exclusif de ce concert. Les Stapple Singers interprètent leurs grands succès comme « Respect Yourself ». A l’origine du premier succès national de Stax en 1961 avec « Gee Whiz », la charmante Carla thomas, fille de Rufus, chante avec ferveur « Pick Up the Pieces ». Le funk n’est pas délaissé pour autant et les Bar-Kays, totalement déjantés, jouent certains hits à la mode comme « Son of Shaft ».

Manifeste de la cause noire, cette grande messe aurait pu ériger Stax en label roi des années soixante-dix. Pourtant, après ce dernier coup d’éclat, Stax décline rapidement et fait faillite en 1975. C’est donc le symbole même de l’âge d’or de la soul qui disparaît laissant un grand vide. Au même titre que le film de Woodstock, ce documentaire s’impose comme un œuvre essentielle pour comprendre le contexte social de l’époque et regarder certaines figures incontournables de la soul et du funk au sommet de leur gloire.

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