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DEZARIE - Gracious Mama Africa (2003)
Par KLEMAN le 26 Janvier 2012          Consultée 1232 fois

Bienvenue à Ste Croix, petite île de 30 km de long, Îles Vierges Américaines, Caraïbes. La température extérieure est de 35°, et ici le reggae (plutôt tranquille, à cette température) est roi. Imaginez la population de Laval et sa région (100 000 habitants), que vous répartissez sur trois îles... bien. Et ben vous y trouverez pas moins de 15 labels de reggae-dub ayant produit plusieurs centaines d'albums roots depuis la fin des années 90, une cinquantaine de groupes de roots/reggae/dub, qui tournent essentiellement sur leurs îles mais aussi et surtout en Amérique du Sud. C'est dans cet univers qu'évolue Dezarie, un univers irrigué d'une espèce de reggae qu'on pourrait qualifier d'endémique, qui oscille entre gros instrus dub et mélodies reggae-roots.

Gracious Mama Africa est le deuxième album de Dezarie, après Fya en 2001, album qui n'est pas passé inaperçu, et a fait jusqu'en Europe parler beaucoup de lui. On attendait alors son deuxième opus avec impatience. Il sort donc deux ans plus tard, en 2003, sur le label « Afrikan Roots Lab ». Sa couverture nous impose direct un message fort, très pieux, dans l'esprit rasta jusqu'au bout. Le Lion, l'agneau, la balance de la justice, la bible, le rouge jaune vert qui tombe en cascade, tous les messages ou presque du mouvement rasta sont réunis.

On en arrive au son, quand même, on est là pour ça. Je le disais, on a attendu deux ans cet album, et on n'est pas déçus. C'est du lourd de Ste Croix. Midnite, le backing band donc, envoie des instrus profonds et posés, avec Phillip Merchant et Dion Hopkins, le duo basse batterie à faire trembler un jean Levi's trop serré en sound system. Ron Benjamin aux claviers envoie des pompes énergiques et des skanks bien présents. Du grand Midnite en somme, avec la voix de Dezarie en plus : des textes conscients, une voix cristalline, pure, des mélodies très roots en provenance des vibes 70's jamaïcaines, des chœurs (ou plutôt des doublures vocales) réalisés par ses soins en studio, et une post-prod plutôt sympa même si on peut parfois critiquer son côté un peu trop flatteur. On est pas déçu, et dès le premier morceau, « Gone Down », la chanteuse caribéenne nous annonce la chute et les funérailles de Babylone sur un riddim d'une puissance rare. Ça envoie du steak comme on dit par chez moi.

« You just wanna keep your nasty eyes pon' we
Uncle Tom keep your nasty eyes upon' we
You gone down ! Babylon funeral, You gone down ! »

En écoutant d'autres artistes de Ste Croix comme Army (« Shadows »), Inna Vision (« Pumping Fya ») ou Mada Nile pour ne citer qu'eux, on reconnaît bien le son de l'Île, un son typiquement caribéen. On pourrait presque apparenter toute cette production des Îles Vierges à la production jamaïcaine des années 70, avec différents styles gravitant autour d'un socle commun, parfois très suffers (« Note one penny ») et d'autres fois sur des riddims qui semblent plus légers (comme « Poverty » ou « Slew dem an done »), mais toujours avec du sens dans les paroles et un son dansant, sans devenir futile ni grossier pour autant.

On retient volontiers « Not one penny » pour le côté vindicatif des paroles et la vibe générale, j'aime beaucoup « Exalt » également pour le flot presque hip-hop dans les couplets et la mélodie très épurée des refrains, et « Travelers » pour sa simplicité et le sentiment de liberté qui s'en dégage. « Justice » se démarque par la pulse Nyabinghi et le message… Bref, tous les titres de l'album sont à garder !

Pour moi Gracious Mama Africa est l'album de Dezarie qui l'a vraiment révélée, sa voix est tout simplement à tomber, les arrangements sont simples et efficaces. L'opus, certainement le meilleur des quatre sortis à ce jour, a d'ailleurs reçu un accueil des critiques plutôt bon, et perso je n'attends qu'une chose, que Madame honore enfin une scène européenne de sa présence afin de pouvoir en juger en live.

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   KLEMAN

 
  N/A



- Dezarie (chant lead)
- Phillip Merchant (basse)
- Dion Hopkins (batterie)
- Abijah, Ron Benjamin (guitare)
- Ron Benjamin (claviers)


1. Gone Down
2. Poverty
3. Not One Penny
4. Strengthen Your Mind
5. Law Fe De Outlaw
6. Justice
7. Gracious Mama Africa
8. Exhalt
9. Mother And Child
10. Travelers
11. Slew Dem An Done
12. Judgement Come



             



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