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- Style : Dimitri Chostakovitch

Alfred SCHNITTKE - Concerto Pour Violoncelle N°2 / In Memoriam (rostropovitch) (1992)
Par SASKATCHEWAN le 28 Juin 2012          Consultée 907 fois

Malgré la bonne odeur de bretzel qui émane de son nom de famille, Alfred SCHNITTKE est bel et bien un compositeur russe. Fils d’une Allemande de la Volga et d’un Juif russo-allemand, né en 1934, SCHNITTKE appartient à la génération des compositeurs poststaliniens, celle qui n’a pas gouté aux joies de la Grande Terreur, tant mieux pour elle. Le jeune Alfred s’intéresse assez tard à la musique, ce qui ne l’empêche pas de développer un talent certain. Suivent quelques années en tant que professeur au Conservatoire Moscou, et de nombreuses participations à l’écriture de musiques de films. On citera notamment la musique du film Agoniya (1975) d’Elem Klimov, juste pour le plaisir de faire de la pub à Elem Klimov, qui est grand, très grand ; il faut voir Requiem pour un massacre (1985)… va à la médiathèque, et regarde !

Revenons à Alfred SCHNITTKE. Nous sommes au début des années 70 en URSS, à peu près au milieu du règne du très soporifique Brejnev. Le compositeur rencontre la légende du violoncelle Mstislav ROSTROPOVITCH ; les deux larrons commencent à s’entendre, malheureusement, ROSTROPOVITCH est exilé d’URSS et la collaboration capote. A la faveur de la Glasnost dans les années 80, les deux artistes renouent et SCHNITTKE dédie son Deuxième Concerto pour violoncelle à ROSTROPOVITCH.

L’œuvre en question est divisée cinq mouvements inégaux, avec une véritable prépondérance du soliste par rapport à l’orchestre. Les quatre premiers mouvements, hésitants, sont en quelque sorte une fastidieuse gestation du dernier mouvement, beaucoup, beaucoup plus intéressant. Le ton est résolument sinistre. Les explosions de l’orchestre sont très rares. Le concerto progresse à tâtons dans une grisaille déprimante, et expire dans une conclusion étouffée digne des pires moments de CHOSTAKOVITCH. Dommage que SCHNITTKE attende le dernier mouvement pour être résolument génial… Ah ! ce petit thème funèbre au début du « Grave » !

L’autre œuvre du CD, l’In Memoriam…, est d’abord un hommage du compositeur à sa mère décédée, hommage qui aurait sans doute pris la forme d’un Requiem si toute musique d’inspiration religieuse n’avait pas été bannie d'URSS. Tout tourne autour de la mort, évidemment. Là où le second concerto pour violoncelle sombrait dans un sinistre monochrome, l’In Memoriam… affiche un style mortuaire débordant d’idées. La valse fantomatique du « Tempo di Valse », accompagné par un essaim de cordes bourdonnant, est sans conteste le meilleur moment du disque. La conclusion, un petit thème obsédant à l’orgue, fait froid dans le dos.

L’interprétation voit ROSTROPOVITCH endosser successivement le costume de soliste et de chef d’orchestre. Dans un rôle comme dans l’autre, il excelle. On retiendra donc de cet enregistrement une excellente interprétation, un très bon In memoriam et le dernier mouvement du Concerto pour violoncelle. Un bon disque, à écouter les jours de pluie.

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   SASKATCHEWAN

 
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- Alfred Schnittke (compositeur)
- Mstislav Rostropovitch (violoncelle, chef d'orchestre)
- Seiji Ozawa (chef d'orchestre)
- Orchestre Symphonique De Londres


- Concerto Pour Violoncelle N°2
1. Moderato
2. Allegro
3. Lento
4. Allegretto Vivo
5. Grave
- In Memoriam...
6. Moderato
7. Tempo Di Valse
8. Andante
9. Lento
10. Moderato Pastorale



             



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