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QURTIS - Les Larmes De Sirius (2009)
Par MARCO STIVELL le 21 Juin 2012          Consultée 731 fois

Cinq années séparent Les Larmes de Sirius de Quiet, et trois du dernier projet de PolarSun, The Magic of Crashing Lights. Jean-Philippe Benadjer, qui nous a habitués à une plus grande régularité, semble avoir nécessité un peu plus de temps pour peaufiner son quatrième disque. La raison à cela : sans doute la naissance de son bébé, lui par contre en chair et en os. Inutile de faire un dessin, tous les parents savent de quoi il en retourne !

L'ouverture de ce disque est donc logiquement placée sous le signe de l'enfant, et le premier titre porte logiquement son nom (je peux vous affirmer que ce n'est pas "express" !!). Des percussions à lamelles s'entrechoquent sur des gammes mélodiques "à l'extrême-orientale" tout le long de la pièce, une manière de fêter l'arrivée du nouveau-né tout en soulignant la fragilité de ce dernier. La guitare classique de Nicolas Leroy va aussi dans ce sens. La danse romantique a des airs de biguine, avant que des idées plus "classiques" (batterie, flûte mellotron sur le final) ne prennent le relais, tandis que l'on retrouve la guitare électrique si vibrante du principal intéressé. Celui-ci peut se féliciter de remporter son pari : proposer quelque chose d'infiniment plus ambitieux que le "Millésime" de Pascal Obispo tout en restant dans un ton "rose".

Ce qui frappe avec la première partie de ces Larmes de Sirius, c'est la mise en valeur de la rythmique, l'utilisation quasi-constante de percussions diverses, tribales ou à lamelles, qui donnent une couleur world exotique à la musique du dijonnais. Elles confèrent un esprit tango à "Mondwest", sans parler des quelques maracas sur "Les Larmes de SIrius", ou des bongos de "L'Arène des Fous". Titre particulier que ce dernier. Il est un peu le pendant présent de "Dame de Coeur" sur le précédent disque : si la musique de QURTIS est plus surprenante que celle de PolarSun, ces titres un peu en français sont toujours un peu "à part" pour notre magicien. Mais ce texte implicitement acerbe sur la corrida (c'est ma vision, chacun peut y voir ce qu'il veut en réalité) n'est pas de son fait, c'est celui de Julie Tortochot qui officie également aux vocaux et si cela peut paraître déroutant aux premières écoutes, la pièce se bonifie avec le temps, empêchant le disque de posséder cette fois-ci un réel "moins".

"Mondwest", lui aussi en français, épouse le caractère morriconien qui a forcément dû charmer JP Benadjer. L'intro et la fin sont flagrantes de cette coutume que d'autres compositeurs actuels ont tout aussi joliment respecté, et le texte nous présente un rodéo... au féminin, plus élégant visiblement. Sur le morceau-titre, on appréciera le rythme nocturne, les envolées de piano et de synthé sifflant, avant que cette élégance ne soit brisée par une escapade rock sauvage où la guitare électrique joue sur les panoramiques. Quant à "Mare Tranquilitis", ce sont à l'image du titre choisi, plus de sept minutes de bonheur paisible, pas mal axées sur la présence d'instruments acoustiques tels que la guitare acoustique et la harpe, sur lesquelles planent une six cordes lead à la sérénité retrouvée.

Ces quelques instants de répit sont un préambule idéal au gros morceau du disque et seconde partie, une suite de plus de vingt minutes baptisée "Monolithe #149". Si la musique de QURTIS a pu révéler plus facilement que PolarSun certaines influences progressives, on se doute avec une telle description qu'elles atteignent leur paroxysme ici. Et effectivement c'est le cas, bien que cette suite ressemble plutôt à un assemblage de morceaux découpés qu'à une réelle continuité. Chacune des sept pièces ("Au Commencement", "Rencontre Bucolique", "Stratosphérique Gamma", "Jupiter...", "...Et Par Delà l'Infini", "Tube-Mémoire 73" et "Eternel Recommencement") est dédiée jusque dans son titre à un compositeur différent, il vaut mieux laisser l'auditeur retrouver qui. Rien que le début saura nous toucher avec ses synthés et percussions oniriques, puis pendant un long moment, nous avons l'homologue qurtisien du "Peace" de Tubular Bells. Les claviers, harmonium et mandoline ne font que renforcer cette impression. Les eaux se font plus troubles ensuite et les guitares se rapprochent plutôt du style torturé qu'affectionne Steve Hackett. Quelques gros beats électroniques viennent contraster avec les guitares clean, piano et synthés gentillets, et le final revient progressivement à l'accalmie, révélant quelques 12 cordes, clarinette et cloches tubulaires très seyantes à la musique du dijonnais.

S'il faut, plus que sur Quiet, mentionner ici la participation d'éléments extérieurs (Erik d'Arcy bien sûr, mais aussi quelques invités de marque), Les Larmes de Sirius n'en révèle pas moins une personnalité plus marquante que celle de son prédécesseur, ainsi qu'une première grande réussite qui n'est pas, contrairement à ce que l'on pourrait croire, dévolue uniquement à ce "Monolithe #149" pourtant emblématique. JP Benadjer a de plus encore fait des progrès en matière de sons, et l'on se régalera en particulier lors des diverses interventions d'instruments acoustiques et de percussions. Bravo.

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   MARCO STIVELL

 
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- Jean-philippe Benadjer (guitare, basse, chant, synthétiseurs, programmatio)
- Erik D'arcy (synthétiseurs, programmations, piano)
- + Nicolas Leroy (guitare classique)
- Anne-laure Mouillon (clarinette)
- Julie Tortochot (chant)


1. Oriane Express
2. Mondwest
3. Les Larmes De Sirius
4. L'arène Des Fous
5. Mare Tranquilitis
6. Monolithe #149



             



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