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- Style : T.rex
- Membre : Roy Wood , Electric Light Orchestra, The Move

WIZZARD - Wizzard Brew (1973)
Par BAAZBAAZ le 12 Août 2012          Consultée 1041 fois

Inécoutable. Ce disque est une chose distordue et bruitiste dont le seul mérite est de prouver que même un génie peut faire n’importe quoi. Degré zéro de l’inspiration, Wizzard Brew est un paroxysme d’enlaidissement des hommes et de la musique. Roy Wood, méconnaissable, ressemble à un yeti qu’on aurait roulé dans la peinture. Provocation ? Effets de la drogue ? On penchera pour une autre hypothèse, celle de l’aveuglement d’un songwriter qui, livré à lui-même et incontrôlable, perd le sens des choses. Les Grecs, dans l’antiquité, avait un mot pour ça. L’hybris, autrement dit la démesure, le dépassement orgueilleux des limites. Une tare typique des années 70 qui s’applique parfaitement à ce monstre sonore.

Pourtant, au départ, le projet est prometteur. Avec THE MOVE, à la fin des années 60, Wood a quasiment inventé le glam à lui tout seul en modernisant le vieux rock n’ roll à grands coups de distorsion et de saxos furibards. En 1972, s’opposant à Jeff Lynne au sein d’ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA, il quitte le navire, rameute une fine équipe de musiciens déjantés et fonde son propre groupe. Un grand barnum criard et provocateur vient de naître. WIZZARD est destiné à devenir le véhicule de son excentricité et de sa nostalgie pour les temps héroïques du rockabilly et du doo-wop, alors même que T. REX ou ROXY MUSIC s’apprêtent, à leur manière, à en faire leur fond de commerce.

Le démarrage est pétaradant. Le groupe atteint deux fois de suite le sommet des charts avec des singles brûlants, le foudroyant « See My Baby Jive » et « Angel Fingers (A Teen Ballad) », langoureuse et roublarde. Surtout, WIZZARD sort « I Wish It Could Be Christmas Everyday » une chanson de Noël ultra-populaire en décembre 1973, devenue un classique de la culture pop anglaise. Toutes ces compositions sont réussies, dans un style à la fois glam et spectorien. Hélas, trois fois hélas, elles ne figurent pas sur l’album. A la place, on a un vaste foutoir où de mauvaises compositions sont plombées par des choix catastrophiques de production.

On peut y faire son marché des horreurs. Sur Wizzard Brew, il y a ainsi une poignée de rocks anecdotiques massacrés par un son strident et distordu, absolument odieux pour les oreilles, dont « You Can Dance Your Rock 'N' Roll » est le parfait exemple. Il y a aussi une marche militaire inepte (« Jolly Cup Of Tea ») et une longue ballade soporifique (« Wear A Fast Gun ») à des années lumières de ce que Wood écrivait pour ses groupes précédents. Surtout, il y a ce truc interminable et complaisant, ce « Meet Me At The Jailhouse » de plus de treize minutes, pseudo-morceau de bravoure, prétexte à d’insupportables improvisations en concert. Le pire des années 70, on vous l’avait bien dit.

Le disque fait un bide. Ceux qui l’achètent sur la foi des singles, espérant y retrouver la même énergie, se pincent le nez ou crient au scandale. WIZZARD est un projet schizophrénique : à Top of the Pops, Wood et son orchestre déluré – les musiciens se déguisent, mettent des patins à roulettes, des gamins viennent faire les chœurs, des danseuses se déhanchent – séduisent un public hilare ; mais sur l’album, c’est un matraquage assourdissant capable de faire fuir n’importe quel fan. Avec Wizzard Brew, un songwriter de talent se tire une balle dans le pied. Et quand l’inspiration s’évapore, l’excentricité devient vite ridicule. Et juste derrière, il y a l’oubli.

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   BAAZBAAZ

 
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- Roy Wood (chant, guitares, basse, sitar, violoncelle, basson)
- Rick Price (basse, chant, percussions)
- Bill Hunt (piano, clavecin, cuivres)
- Hugh Mcdowell (violoncelle, synthétiseur)
- Nick Pentelow (saxophone ténor, clarinette, flûte)
- Mike Burney (saxophones alto, ténor, baryton, clarinette, flûte)
- Keith Smart (batterie)
- Charlie Grima (batterie, congas, percussions)


1. You Can Dance Your Rock 'n' Roll
2. Meet Me At The Jailhouse
3. Jolly Cup Of Tea
4. Buffalo Station - Get On Down To Memphis
5. Gotta Crush (about You)
6. Wear A Fast Gun



             



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