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SLEIGH BELLS - Reign Of Terror (2012)
Par BAAZBAAZ le 18 Mai 2012          Consultée 905 fois

Parfois, les branchés se piquent d’écouter du metal, genre qu’ils détestent la plupart du temps. En principe rien n’est plus éloigné d’un lecteur assidu de Pitchfork que les METALLICA, JUDAS PRIEST et autres MANOWAR. Il faut alors la convergence de facteurs un peu particuliers pour générer un buzz susceptible d’attirer l’attention des hipsters et autres fans d’indie lo-fi sur ce style tant honni. Dans le cas de SLEIGH BELLS, l’évènement déclencheur fut le parrainage de la reine branchouille M.I.A. ajouté au caractère atypique du duo, constitué d’un ancien guitariste du groupe de metalcore POISON THE WELL (Derek Miller) et d’une midinette échappée d’un girls band insignifiant (Alexis Krauss).

Mais encore fallait-il trouver l’ingrédient ultime : un son hyper-saturé et des chansons passées à la moulinette de tous les bidouillages hype actuels. De l’electro noisy, des beats hip-hop syncopés, de grosses guitares et une petite voix éthérée. Juste ce qu’il faut pour que la recette devienne acceptable pour ceux qui n’auraient jamais acheté un produit simplement étiqueté « metal ». Alors oui, il y a dans SLEIGH BELLS comme un air de marketing pour new-yorkais snob et élitiste. Celui-là même qui se fera peur en écoutant ces gros riffs gras qu’il vomirait dans un autre contexte. Mais a-t-on pour autant affaire à un mauvais groupe ? Treat, son premier album, a profité en 2010 d’un effet de mode. Dès lors, la sortie de Reign of Terror apparaît cette fois comme un test décisif.

Disons-le franchement, certains seront d’emblée insensibles à tout ce fatras sonore très lourd qui ressemble à un pastiche de metal mixé avec des rythmes rap bas du front. Mais pour peu qu’on fasse abstraction de tout ce qu’il y a d’agaçant dans l’existence de ce groupe, on se rend compte d’une chose absolument essentielle : les chansons sont bonnes. Dans un cas, « Crush », on atteint même une sorte de perfection, avec un équilibre magistral entre la fureur heavy mélodique (très basique) et le chant à la fois fragile et hargneux. SLEIGH BELLS sonne alors comme un LUSH qui aurait décidé de prendre un virage hard rock. C’est violant et planant, martial et roboratif, et c’est sans doute la meilleure composition de l’album.

Le reste navigue ainsi entre une sorte de shoegaze-metal, si tant est que ce mélange ait le moindre sens (« Leader of the Pack », « Comeback Kid », « Road to Hell »), et un electro-indus lesté de guitares et un chouïa épuisant (« True Shred Guitar » ou « Demons »). Mais c’est encore lorsqu’il assume son goût pour la mélodie, comme sur le rayonnant « Born to Lose », que SLEIGH BELLS réussit vraiment la synthèse des deux. On peut faire la liste de tous les défauts de Reign of Terror, on peut considérer le groupe comme un monstre artificiel porté à bout de bras par quelques leaders d’opinion autoproclamés. Mais on ne lui ôtera pas ces quelques moments de grâce.

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- Alexis Krauss (chant)
- Derek Miller (tous les instruments)


1. True Shred Guitar
2. Born To Lose
3. Crush
4. End Of The Line
5. Leader Of The Pack
6. Comeback Kid
7. Demons
8. Road To Hell
9. You Lost Me
10. Never Say Die
11. D.o.a.



             



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