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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

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- Style : Amon DÜÜl Ii, Amon Düül

SWEET SMOKE - Just A Poke (1970)
Par JOVIAL le 14 Novembre 2012          Consultée 1927 fois

En 1967, SWEET SMOKE est un groupe de rock psychédélique parmi tant d’autres dans le Brooklyn bouillonnant des folles sixties. The Doors, Jefferson Airplane et Cream sont ainsi ses premières et logiques influences, ce que reflète par ailleurs très bien la tonalité de son premier-né, Just A Poke. Cependant, ce dernier n’aurait sans doute jamais été ce qu’il sera à sa sortie trois ans plus tard sans l’émigration de ses géniteurs en 1968 vers l’Allemagne et ses fameuses « Kommunen », larges collocations inspirées par l’esprit Flower Power californien, au sein desquelles nos cinq new-yorkais vont voir s’ouvrir à eux un nouvel horizon musical, celui d’un krautrock naissant, tourné vers l’Orient, la musique world et électronique, les longues improvisations et le mélange des styles. Sans jamais renier son ascendance psychédélique, SWEET SMOKE va alors se rapprocher de formations telles qu’Amon Düül II, dont l’empreinte se retrouve indéniablement sur ce premier disque, et s’ouvre au jazz-rock, au funk et aux jams interminables en live comme en studio, pour lesquels le groupe se paye d’ailleurs le luxe d’être produit par Conny Plank, référence du milieu avant-gardiste allemand de l’époque. Just A Poke se retrouve ainsi être un large chaudron aux multiples ingrédients, presque tous psychotropes, servis en deux fois, deux monstrueux plats de résistance de plus de seize minutes chacun, qui, de manière à chaque fois différente, parviennent à nous faire décoller comme si finalement nous aussi venions de rouler notre pétard avec un drapeau américain en papier à cigarette.

« Baby Night » introduit l’album de façon bien trompeuse. Le groupe s’installe autour d’un bon feu, s’allume ce qu’il faut tandis qu’on laisse aller l’incroyable Michael Paris à un excellent solo de flûte traversière, lui qui, seul debout face à ses comparses la tête dans l’herbe, appelle bientôt la musique à monter d’un cran. Quelques minutes plus tard, SWEET SMOKE se réveille enfin, danse autour du feu, Steve Rosenstein nous improvisant quelques parties de guitare bien râpeuses, Jay Dorfman s’emballe derrière ses fûts en encourageant Andy Dershin et sa basse à faire de même, la nuit s’avance et on en prend plein la figure, même lorsque les musiciens tentent de se calmer - jamais pour très longtemps - et rendre hommage à THE DOORS lors d’une courte reprise de The Soft Parade. Il semblerait presque que « Baby Night » pourrait presque tourner à l’infini, au gré des soli de second guitariste Marvin Kaminowitz et des explosions bien grasses d’une musique agissant à l’inverse des montagnes russes de votre enfance, avec ses descentes sereines et ses montées au contraire vives et imprévisibles.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin comme disait un affreux réaliste et la nuit s’achève sans tarder dans la fumée de ses dernières notes de flûte traversière. On tourne le disque, pas complètement remis, et - ô merveille ! - SWEET SMOKE n’est finalement pas parti se coucher. « Silly Sally » nous accueille alors sur un rythme et un chant plus remuants, Michael Paris a troqué sa flûte contre un saxophone alors que Marvin Kaminowitz et sa guitare s’aventurent sur des terrains plus cosmiques, à mi-chemin entre Jimi Hendrix et Amon Düül II, et là le pauvre auditeur se dit que, décidément non, la nuit n’est pas terminée. Mais au bout de quelques minutes, les musiciens pètent un plomb et lâchent leurs instruments pour se réunir autour de Jay Dorfman dans un festival de batterie et de percussions tribales d’anthologie et des plus efficaces, bien que peut-être trop long à mon goût, que le groupe rehausse néanmoins brillamment d’un final flamboyant, plus jazzy, où de nouveau Michael Paris se distingue au saxophone.

Qu’on se le dise, Just A Poke n’a pas volé son statut d’album culte du rock psychédélique. Bien que composé de deux morceaux finalement bien différents, un plus improvisé (« Baby Night ») et un plus structuré à l’avance (« Silly Sally »), il ne possède pas ce défaut que beaucoup d’autres albums de l’époque eurent ou auront, à savoir d’excellentes chansons au sein d’un album finalement peu cohérent. Au contraire, Just A Poke reste homogène, peut surprendre sans dérouter, demeurant ainsi un véritable régal pour les amateurs de longues plages d’un acid-rock toujours entraînant et qui, malgré quelques rides, ne manquera pas de déclencher quelques convulsions incontrôlées.

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   JOVIAL

 
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- Andy Dershin (basse)
- Jay Dorfman (batterie/percussions)
- Marvin Kaminowitz (guitare/chant)
- Michael Paris (flûte/saxo/chant)
- Steve Rosenstein (guitare/chant)


1. Baby Night
2. Silly Sally



             



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