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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  LIVE

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- Style : Amon DÜÜl Ii, Amon Düül

SWEET SMOKE - Sweet Smoke Live (1974)
Par JOVIAL le 27 Avril 2013          Consultée 1728 fois

En 1974, SWEET SMOKE ne doit certainement pas sa renommée à ses travaux en studio. Non, à l'époque, le groupe n'est jamais vraiment parvenu à percer en dehors d'Allemagne, et Just a Poke n'est devenu culte qu'avec l'avènement d'Internet, lorsqu'il fut plus facile de le redécouvrir. Toutefois, il ne faut aucunement omettre le fait qu'aux côtés de ceux d'Amon Düül II, Can et autres chevelus amateurs de lumières colorées et de jams interminables, les concerts de SWEET SMOKE étaient des plus réputés outre-Rhin, et l'on venait de loin pour voir ce groupe d'immigrés américains capables de répondre à armes égales aux meilleurs représentations psychédéliques de leurs compatriotes restés au pays. Mais malheureusement pour nous, un seul et unique enregistrement vient témoigner de ce passé révolu, un seul et unique disque, qui complète ainsi les deux albums studios du groupe, respectivement sortis en 1970 et 1973.

La version originale de 1974 ne contenait au départ que trois morceaux, enregistrés lors d'un concert au Musikhochschule de Berlin. L'intégralité de la performance ne pouvant tenir sur les deux faces d'un vinyle, trois autres morceaux furent ajoutés lors de la seconde réédition du disque en 2000. C'est donc bien cette nouvelle version, au son d'ailleurs excellent, que je vous conseille si vous voulez vraiment jouir à fond de ce live absolument fabuleux.

… Ha, je déteste les lives fabuleux. Ce sont toujours les plus difficiles à commenter, j'aurais tellement plus envie de vous balancer le CD à la figure pour qu'enfin je ne passe pas une soirée entière à me creuser la tête. Seulement voilà, Dieu a été bien clair avec Moïse, c'est gravé sur les Tables de la Loi : agir de la sorte est interdit sur Forces Parallèles. Erwin nous fouette avant même que l'idée nous vienne à l'esprit, bien que nous soyons désormais beaucoup à soupçonner notre grand gaillard d'avoir lui-même rajouté ce châtiment lorsque que Moïse avait le dos tourné, occupé un beau matin devant la Mer Rouge. Alors bon, vous comprenez, je vais bien être obligé de vous parler en détail de cet génial Sweet Smoke Live, vous dire d'abord qu'il ne comporte, pour notre plus grande joie, que des morceaux inédits, pour la plupart fruits d’impressionnantes improvisations. Ces dernières ont beau rester finalement très longues, ne descendant que rarement en dessous des dix minutes, l'auditeur s'en délecte les yeux fermés, sans jamais s'ennuyer. Kaminovitz nous régale de ses longs soli toujours extrêmement bien sentis, dans un festival de percussions tribales nous conviant à une danse effrénée et irrésistible. Si le saxophone et la flûte de Michael Paris ont disparu, SWEET SMOKE compense par un sens du groove hors du commun, servi par une basse inspirée et une guitare rythmique qui, sans jamais vouloir faire trop de vagues, se fait l'épine dorsale de toute improvisation, assurant les arrières d'un Kaminovitz créatif et ambitieux.

Les moments les plus marquants du disque sont bien évidemment ces deux immenses jams, « First Jam » et « Final Jam », qui respectivement ouvrent et referment l'album, où tout, jusqu'au chant lui-même, n'est qu'improvisation. Rares sont les artistes pouvant alors rivaliser ici avec SWEET SMOKE, qui semble pouvoir jouer ainsi pendant des heures, tout en sachant varier les rythmes et les ambiances. Aux côtés des passages plus enjoués et plus groovy du « First Jam », plus jazzy pour le « Final Jam », des morceaux plus posés font leur apparition, en particulier l'émouvante « People Are Hard », sublimée par un instrumental de toute beauté, ou la plus naïve « Schyler's Song », un peu plus faiblarde au départ, encore une fois rattrapée par une lead guitare et une basse impériales en seconde partie.

Sweet Smoke Live est tellement bon, qu'il nous ferait presque oublier le très moyen Darkness to Light. Comme à son habitude, SWEET SMOKE y mêle diverses influences : l’œuvre se veut résolument estampillée « rock psychédélique », voire « progressif », mais les musiciens incorporent sans difficulté des éléments empruntés au funk, au jazz-rock et à la world music. Le groupe avait de toute façon un style inimitable, une passion et une énergie fantastiques, que ce live ne parvient sans doute à retranscrire qu'à peine, et ma chronique encore moins. Cette musique s'écoute bouche bée, réellement. En résumé, c'est du bon et ça fait du bien, même sans drogues ajoutées. On en regrette d'ailleurs immédiatement qu'il soit le dernier disque de la courte discographie du plus allemand des groupes américains.

Un album à posséder : 4/5

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   JOVIAL

 
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- Rick Greenberg (guitare/sitar)
- Marvin Kaminowitz (guitare/chant)
- John Classi (percussions/effets)
- Andrew Dershin (basse/percussions)
- Jay Dorfman (batterie/percussions)
- Martin Rosenberg (percussions)


1. First Jam
2. Shadout Mapes
3. Ocean Of Fears
4. Bonus Réédition 2000 :
5. People Are Hard
6. Schyler's Song
7. Final Jam



             



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