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SHINING - One One One (2013)
Par RED ONE le 29 Juillet 2013          Consultée 1998 fois

SHINING est un groupe certes totalement imprévisible depuis ses débuts, mais là pour le coup, je pense qu’on avait quand même senti le vent tourner depuis déjà pas mal de temps. Après le succès inattendu de l'album Blackjazz en 2010, qui révéla les Norvégiens au grand public après une décennie entière passée à jouer de la musique expérimentale, One One One était logiquement attendu comme la confirmation de la nouvelle orientation metal du groupe et la poursuite de cette même orientation sur un second album encore plus affirmé.

D'ailleurs, faisons bref à ce sujet : One One One demeure à ce jour l’album le moins jazz de toute la discographie des Norvégiens. Si certains ont pu être choqués par les aspects martiaux et industriels de l’époustouflant Blackjazz lors de sa sortie en 2010, désormais considéré comme un classique du rock avant-gardiste de ce début de décennie, ils le seront certes moins ici et pourront toujours me répéter à l’envie que SHINING ne surprend guère plus personne en tentant de répéter la même recette sur ce sixième album studio. Mais en ce qui me concerne, je trouve qu'ils ont tort, car One One One va encore plus loin que Blackjazz.

Blackjazz, malgré des morceaux beaucoup plus directs et un peu moins progressifs que ceux de Grindstone, demeurait quand même encore très marqué par une certaine forme d’armature free jazz sous-jacente, presque inconsciente mais bel et bien présente. Néanmoins, les sonorités ouvertement metal et industrielles de cet album coup de poing avaient parachevé l’entrée des Norvégiens sur la scène extrême internationale, les coupant presque définitivement de leurs liens originels avec le monde du jazz "conventionnel". One One One enfonce cependant un peu plus le clou. Car des traces de jazz, il n’y en a pour ainsi dire quasiment plus sur ce sixième album signé SHINING made in Norvège. Oh, bien sûr, notre ami Jørgen le Fou ne peut pas s’empêcher de nous gratifier de quelques envolées de saxophone, son instrument fétiche, et ce sur tous les morceaux de l'album. Il aurait d'ailleurs quand même été très inquiétant qu’il n’y en ai pas. Mais le saxophone se montre quand même ici beaucoup plus discret que d'ordinaire, au profit de guitares toujours aussi saturées mais également d'un chant plus travaillé. Le saxophone, désormais relegué au second plan de la musique de SHINING, n'intervient plus que pour seconder le chant et la guitare, instruments qui constituent l'armature solide d'un album résolument metal du début à la fin.

Pourquoi avoir appelé cet album "One One One", tiens d’ailleurs ? L’explication est multiple : "One One One", c’est-à-dire "1 1 1", ou bien la façon d’écrire "7" en numération binaire. 7, afin de préciser que cet album est le 7e publié par SHINING depuis ses débuts, ce qui revient donc à en conclure que le groupe considère l’album Live Blackjazz comme un opus ayant autant d’importance que les albums studios dans sa discographie. "One One One" peut également se traduire par "III", autrement dit "3" en chiffres romains. Car cet album se veut le troisième volet de la "trilogie Blackjazz", de l’aveu même de Munkeby. Et enfin, toujours selon notre homme, "One One One" signifie que cet album est composé de chansons plus directes et plus évidentes, sans fioritures ni bizarreries expérimentales. On notera au passage qu'aucun titre ne dépasse les 5 minutes.

One One One est effectivement composé en majorité de vraies "chansons" : Munkeby chante sur la totalité des titres et il n'y a aucun "remplissage expérimental" comme on pouvait en voir encore sur Blackjazz. On s'en rend compte dès le titre (et single) d'ouverture, "I Won't Forget", qui surprend par ses aspects résolument directs et rock. Même ordre des choses sur "The One Inside", avec son chant hardcore archi-saturé et ses riffs plaqués. "My Dying Drive" semble être pour sa part une suite à "Fisheye". Parce qu’il a décidé de devenir un peu plus évident, un peu plus "accessible", SHINING gagne donc considérablement en matûrité. "Blackjazz Rebels" peut aisément être considéré comme cet hymne blackjazz que tous les fans du combo norvégien attendaient depuis plusieurs années. Le reste des titres est à l'image de ces quelques extraits que je viens de citer : entre un "The Hurting Game" très très agressif et un "Walk Away" aux refrains épileptiques, nul temps pour souffler.

Plus de rock brut, plus de metal industriel, beaucoup moins de free jazz et de rock progressif (malgré des chansons quand même assez recherchées), plus aucune chanson au format alambiqué, One One One nous laisse à voir un SHINING qui se résout à publier un album enfin définitivement rock et brut de décoffrage, sans aspérités inutiles. SHINING est ici à son plus haut niveau depuis sa fondation en 1999.

One One One est clairement l’un des meilleurs albums des années 2010.

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   RED ONE

 
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- Jørgen Munkeby (chant, guitare, saxophone, claviers)
- Håkon Sagen (guitare)
- Tor Egil Kreken (basse)
- Torstein Lofthus (batterie)


1. I Won't Forget
2. The One Inside
3. My Dying Drive
4. Off The Hook
5. Blackjazz Rebels
6. How Your Story Ends
7. The Hurting Game
8. Walk Away
9. Paint The Sky Black



             



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