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Seiji YOKOYAMA - Saint Seiya Ost I (1987)
Par CHIPSTOUILLE le 26 Novembre 2013          Consultée 1604 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Vous êtes un homme d’entre 25 et 35 ans ? Vous connaissez des tas de références mythologiques grecques et les 12 signes du zodiaque par cœur ? Vous aimez les armures ? Surtout celles qui brillent ? Rassurez-vous, c’est normal. Enfin dans les pays latins en tous cas. Allez comprendre pourquoi, Saint Seiya, plus connu dans l’hexagone sous le nom des « chevaliers du zodiaque » (pardon, zodiaaaAAAaaqueuh) a fait un monstrueux bide dans les pays anglo-saxons. La question restante étant, faut-il s’étonner de son succès ou de son échec ? Saint Seiya, à l’origine un manga de Masami Kurumada, souffre en effet de nombreuses tares. Dessin grossier (si ce n’est le soin particulier apporté aux armures) à l’origine, animation saccadée, personnage principal insupportable, situations répétitives, naïveté confondante, pourquoi cela a-t’il bien pu marcher ? Ne vous y trompez-pas, j’étais comme vous rivé devant mon poste de télévision tous les mercredis afin de suivre les péripéties de Seiya, Shun, Shiryu, Hyoga et Ikki ! Les défauts ne m’ont éclaté au visage, tout comme mon acnée du reste, que bien des années plus tard… A l’époque j’étais passionné de jeux de construction et c’est à peu près tout. On ne parle pas de Légo, on y joue. Les chevaliers du zodiaque, en revanche, sont l’occasion de débats passionnés entre gamins de 8 ans. Oui, je la vois, vous l’avez, cette étincelle dans les yeux. Vous y repensez, à ces discussions houleuses, sur quel est le chevalier d’or le plus fort. Moi je m’en fous, j’suis sagittaire ! J'vous bat tous… HAHAHAHAHAHAHA!

« ahem »

Pour les jeunes ou les moins jeunes qui ne figurent pas dans la tranche d’âge précitée et qui ont tenu la lecture jusque là, veuillez accepter toutes les excuses de la rédaction pour ce moment d’égarement. Reprenons.

Afin d’adapter le manga en animé, le studio Toei Animation fit appel à Seiji YOKOYAMA pour les musiques. Le compositeur s’était déjà illustré dans d’autres adaptations de manga en animé. La plus célèbre étant Capitain Harlock, série connue chez nous sous le nom d’Albator 78. Contrairement à ce dernier, les compositions originales dans la version française des chevaliers du zodiaque ont été conservées, à la seule exception du générique. Le premier disque des bandes originales (il en existe 8), un import japonais, ne reprend donc pas le thème si célèbre chanté par Bernard Minet, et c’est tant mieux car il est tout à fait hors de propos. Le « Pegasus fantasy » d’origine n’est d’ailleurs pas plus présent, tout du moins dans sa version chantée, car le thème est repris de manière instrumentale à de maintes reprises. Le disque se focalise essentiellement sur la partie « sanctuaire » (les 74 premiers épisodes), qui concentre les thèmes les plus repris à l'écran.

YOKOYAMA officie dans un genre hybride, entre rock et musique contemporaine. Au chant s’est substitué des cuivres ou de la guitare-synthé, c’est selon. De l’ensemble émane un parfum d’années 80. Tantôt gorgée de triomphalisme que l’usage de cuivres ne fait que renforcer, tantôt mélodramatique (avec des « touloulou » maternels de rigueur), la musique de Saint Seiya est excessivement naïve. Toutefois, pour ceux qui se laissent facilement séduire par les excès musicaux en tous genres, elle remplit son contrat à merveille.

Ce qui fonctionne le mieux, ce que le petit garçon de 10 ans qui sommeille en vous cherche potentiellement à retrouver ici, ce sont ces passages répétés jusqu’à plus soif d’un épisode à l’autre. Une grande partie de l’animé est passée en questions existentielles, en scènes d’attente (jamais plus d’un affrontement à la fois !) et bien sûr en montées d’escaliers. Ainsi les claviers atmosphériques quand ce ne sont pas les litanies féminines baignent une partie de l’album, on les retrouve cela étant en plus grand nombre dans les suivants. Le reste concerne les combats, souvent asymétriques. Commençant par présenter un adversaire inébranlable voir invincible, les scènes d’agonie ou de torture se matérialisent sous forme de cuivres stridents et de rythmique lourde, intensifiant le côté dramatique. L’autre partie est pleine d’espoir, épique, les thèmes sont héroïques, envolées de solos de guitare réussis sur rythmiques endiablées. Quand la guitare ne joue pas son rôle de héros, se sont des barouds de cuivres emmenés par une ligne de basse entraînante qui les remplacent. Bien qu’on soit ici proche du Hard FM, une graine (de discorde) était alors implantée dans tous les fans de metal en herbe. Rappelez-vous de l'introduction ou je parlais de pays Latins, nous avons poursuivi en parlant de grandiloquence et mélodramatisme. Quelle est la nationalité du groupe RHAPSODY (OF FIRE!)? Ça y est, vous faites le lien?

Notons également que ce premier album fait un tri efficace. Comprenez par là qu'une grande partie des thèmes les plus mémorables de la série figurent sur ce disque et le suivant. Sachez qu'il existe 8 albums d'OST pour les 114 épisodes de la série originale et les 4 OAV sorties en parallèle. Sans pouvoir se réclamer d'un monopole en terme de qualité, disons que les premiers ne souffrent pas du syndrome voiture-balais qui mine bien des disques du genre. Les mauvaises choses ont été reléguées plus loin. Du tri, de le brièveté, des mélodies qui fonctionnent, alors où est-ce que ça cloche ? Le problème de ce premier opus, c’est son côté fourre-tout. Les thèmes que l’on a mémorisé enfant sont très courts et donc frustrants. La galette tente de les combiner, maladroitement, sur dix pistes au sein desquelles la notion d'enchaînement n'existe pas. Un véritable manque de cohérence entache donc cette OST qui pourtant avait tout de l’album idéal. Dommage.

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