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2003 Ethel
 

 Ethel Central (335)

ETHEL - Ethel (2003)
Par MARCO STIVELL le 1er Janvier 2011          Consultée 1112 fois

Je crois qu'à la vision d'une telle pochette, il est impossible de penser autrement en se disant qu'il n'y a pas plus "transparent". Plus que celles des anciens disques, les nouvelles pochettes sont souvent vouées à ne rien dévoiler de concret, quant au contenu de la musique qu'elles sont censées illustrer. Regardez celle du disque de ETHEL et essayez un peu de trouver par vous-mêmes de quoi il peut être bien question ici. Dur dur hein ? Et l'absence d'un vrai nom d'album n'y aide pas.

Bon allez je ne vais pas vous faire marronner plus longtemps. ETHEL est, pour reprendre en deux mots les quelques pages qui le présentent, un quatuor à cordes newyorkais fondé il y a près de treize ans, et qui est entièrement consacré à la musique de notre époque. Certains disent que sa forme d'hommage est celle d'un quartet qui met les formes de jeu "classiques" au service de la musique de compositeurs actuels, blues, rock, etc., et c'est tout à fait vrai. Après avoir collaboré avec ou accompagné divers artistes parmi lesquels Oscar Moore ou Joe Jackson, Ethel est son premier disque "solo" en 2003, avec presque uniquement lui-même pour participant, mais contenant des compositions réalisées par d'autres. Seul le violoniste et membre fondateur Todd Reynolds s'est réservé le plaisir d'en inclure une des siennes ("Uh... it all Happened so Fast").

Décrire la beauté et l'excellence de ce disque n'est pas chose aisée. A cause du manque de vocabulaire, par peur de trop s'enflammer aussi, et d'autre part, d'être légèrement trop dithyrambique alors que ce n'est pas le genre de disque que je recommanderais à tout le monde, ou que j'écouterais tous les jours. Et pourtant, c'est le genre de musique qui a de quoi ravir ceux qui voudraient découvrir de la musique "contemporaine" sans sauter à pieds joints dans quelque chose de trop barré pour ne plus jamais y revenir. Bien sûr, dans la musique que joue ETHEL, il y a de nombreux moments où les instruments s'emballent, s'emportent aussi, mais c'est toujours pour l'expression d'une musique aussi savante que riche, et surtout impressionnante. Impression rime avec expression, car c'est une musique très expressive. Il y a dans le jeu des instruments une technique et un feeling puissant, finalement tout à fait en relation avec l'illustration de la pochette. C'est là qu'elle prend son sens en fait. Le côté feuille de cahier d'écolier retranscrit la rigueur classique, et le bras musclé qui cherche à s'en affranchir avec un côté fort, éclatant pour les solides échappées musicales.

De cela, le disque n'en manque pas. Dès le premier morceau, il est impossible de voir cette technique hallucinante comme de la simple démonstration gratuite. Entendre des cordes classiques jouer l'équivalent de ce que peuvent faire des guitares slides, ça vous fait un sacré effet. Un choix de jeu qui est justifié jusque dans les titres, histoire de mieux illustrer la musique par des termes comme "spiritual", "shuffle"... Eh oui, le blues version classique, c'est tout à fait possible, avec en prime le plaisir d'imaginer ces talentueux musicien(ne)s en train de se lacher y compris avec la partition devant les yeux. Et ce sens de la musicalité... Entre les compositions bien formées et le jeu de chaque instrument, on obtient un spectre musical de haute volée. Il n'est pas possible d'assurer que c'est vraiment le cas lorsque l'on n'a pas une oreille affinée pour percevoir ce genre de choses, mais ça ne m'étonnerait pas que ces quatre hommes et femmes maîtrisent le quart de ton, voire une échelle plus petite encore...

Et le disque se déroule ainsi, tout à fait passionnant de bout en bout. Après ce début échevelé (j'écris beaucoup de mots commençant par "e", c'est pour créer l'assonnance avec ETHEL), on navigue entre des eaux plus calmes où les instruments agissent comme des nappes, plus "classiques" mais toujours efficaces ("The Blue Room", fabuleux), et d'autres aussi enthousiasmantes et plus surprenantes. En premier lieu à ce sujet, la tarantelle de Phil Kline, ou bien la marche du même compositeur qui sonne définitivement plus rock.

Voilà c'est tout à fait ça. A côté des quartets à cordes classiques, ETHEL est rock'n'roll. On ne regrettera rien de ce disque, surtout pas l'absence d'éléments extérieurs (à l'exception de la clarinette basse d'Evan Ziporyn sur "Be-in" qu'il a lui même composée). De plus, les techniques de jeu des instruments et la production nous permettent d'apprécier à leur juste valeur les moments où les musiciens arrivent à créer des sonorités que l'on n'aurait pas cru, en tant qu'auditeur moyen, possibles pour un alto ou un violoncelle. Une très belle réalisation.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Ralf Farris (violon alto)
- Dorothy Lawson (violoncelle)
- Todd Reynolds (violon)
- Mary Rowell (violon)


- sweet Hardwood: John King
1. Hard Wood
2. Spiritual
3. Shuffle
- the Blue Room & Other Stories: Phil Kline
4. The River
5. March
6. The Blue Room
7. Tarantella
- todd Reynolds
8. Uh... It All Happened So Fast
- evan Ziporyn
9. Be-in



             



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