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JAZZ FUSION  |  STUDIO

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- Style : Alain Caron , Yellowjackets
 

 Spyro Gyra (219)

SPYRO GYRA - The Rhinebeck Sessions (2013)
Par TEEMO le 23 Décembre 2013          Consultée 1695 fois

Le courant du jazz fusion est une réponse à celui du free jazz. Il est animé par cette volonté qu'ont eue les jazzmen à la fin des années 70 de s'éloigner de ce versant parfois élitiste du free, dont la démarche rendait la musique souvent hermétique. Alors que se répandent les groupes et artistes de rock teintés de jazz tels que Soft Machine ou Frank Zappa, le jazz prépare sa mue. L'homme qui sera à l'origine de ce changement, n'est autre que Miles Davis. Sous l'influence du rock explosif d'Hendrix, du funk dansant de Sly Stone, celui qui se faisait appeler « Le Sorcier » entame un processus de création, celui du jazz fusion. Un style qui a non seulement pour vocation de renouer avec un public plus large, mais tend aussi vers une électrisation des instruments, un usage plus moderne.
On parle aussi de « jazz rock » car, en effet, le courant est caractérisé par une simplification des morceaux, tant au niveau de leur structure, que de la partie rythmique, qui va substituer le swing (ce côté un peu rebondissant du jazz) par un schéma plus carré, typique du rock.
Certains artistes ou groupes comme Keith Jarrett ou Herbie Hancock se sont déjà fait un nom dans le monde du jazz. Il vont adapter leur style en incorporant à leur jeu les codes de ce nouveau courant. D'autres formations comme Spyro Gyra, Yellowjackets ou Weather Report vont être créées dans ce même courant.

Un long chemin a été parcouru depuis, avec évidemment son lot d'échecs mais aussi de perles incontournables. Car, la notion de « vouloir plaire au plus grand nombre » est une notion à double tranchant. Nombreux sont ceux qui se sont égarés dans les sentiers de la musique facile laissant derrière eux leur âme de création, c'est-à-dire le jazz. Ce fut le cas de Spyro Gyra à maintes reprises, groupe capable du pire, comme du meilleur, capable de créer un subtil mélange de jazz et de funk mais aussi de nous servir une soupe pop jazzy, aussi kitsch que commerciale.

Le dernier album des New Yorkais n'est que très peu touché par ces déviances peu recommandables pour les fans de jazz. Le groupe formé en 1975 par le pianiste Jeremy Wall et le saxophoniste Jay Beckenstein (ce dernier étant le seul encore présent), a presque 40 ans de carrière, à raison d'environ un album par an !

Enregistré au studio Clubhouse, à Rhinebeck, dans l'état de New York, « The Rhinebeck Sessions » s’enorgueillit d'une production irréprochable : son pur et explosif, mixage efficace, bref le groupe conserve cette esthétique très propre qui a toujours été une de ses marques de fabrique.
L'album s'ouvre sur un morceau à l'introduction sirupeuse et au thème délicat. Il dévie de temps à autres vers des passages latino plus rythmés, le tout dans une ambiance ouatée. Un solo de piano somptueux vient sublimer le tout. Nous attendons avec impatience la suite.

Si l'on peut reprocher à des morceaux comme « Wishful Thinking » d'être trop dans cette esprit un peu rêveur, on se console avec certains autres résolument plus funky comme « Not Unlike That ». Une ligne de basse groovy, une batterie au jeu plus rock, pour un morceau plein d'énergie.

Pour se (re)plonger dans le jazz fusion des années 80, on peut écouter « Clubhouse jam » mené par ces nappes de claviers stéréotypées mais efficaces. Citons également « Odds Get Even », qui rappelle à s'y méprendre la musique d'Uzeb ou même celle d'Alain Caron en solo, toujours par ces claviers vraiment typiques, mais aussi par ce son de basse rond et chaud.

Le morceau qui se rapprocherait le plus du jazz dit « classique » est « I Know What You Mingus ». C'est un hommage vibrant à ce grand contrebassiste qu'est Charles Mingus. Le morceau est bâti en montagnes russes  et l'auditeur est constamment maltraité. Il démarre sur une ouverture très tendue. Le saxophone enchaîne les mélodies angoissantes, le piano plaque sèchement ses accords et le batteur bât le swingue de façon presque stressante. On retient son souffle. Après avoir atteint son paroxysme, le rythme se rompt subitement. L'auditeur est alors comme soulagé par un swing mid-tempo très posé. Un schéma ingénieux qui est revient plusieurs fois et qui fait son effet.

La musique de Spyro Gyra peut prendre plusieurs visages. Le plus souvent elle est comme ces bonbons « Arlequin », doucement acidulée, sucrée à souhait, salivante. La musique est sans accros, elle s'écoute toute seule, les thèmes sont accrocheurs, les musiciens font preuve d'une virtuosité impressionnante, les morceaux sont bien construits. Un équilibre parfait entre les deux composantes jazz et fusion. Parfois, pour notre plus grand plaisir leur style lorgne vers le jazz au sens « pur », et ce tout en gardant la patte Spyro Gyra. Mais quand le groupe se trompe de recette et nous sert une musique trop sucrée voire écœurante, là on fait fausse route. Fort heureusement, « The Rhinebeck Sessions » ne revêt ce masque qu'à de très rares occasions.

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   TEEMO

 
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- Jay Beckenstein (saxophones)
- Tom Schuman (claviers)
- Julio Fernandez (guitares)
- Scott Ambush (basse)
- Lee Pearson (batterie et percussion)


1. Serious Delivery
2. Wishful Thinking
3. Not Unlike That
4. Sorbet
5. I Know What You Mingus
6. Off The Cuff
7. Clubhouse Jam
8. Odds Get Even
9. Who Knew !



             



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