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WE ARE THE WORLDS FRIENDS - We Are The World 2 (2006)
Par JOSE B. le 1er Avril 2006          Consultée 4807 fois









ATTENTION : CHRONIQUE IMAGINAIRE !!!

Comme vous l'aurez sans doute déjà deviné, il s'agissait bien d'un poisson d'Avril (qui se serait douté du contraire? :) )

On espère que vous avez pris autant de plaisir à lire cette chronique que nous à l'écrire.

En attendant n'oubliez pas qu'il existe tout de même de vraies causes qui méritent d'être défendues, à l'image du concert caritatif "Coeur de métal", dont vous avez peut-être vu la bannière sur NIME. On vous encourage tous à aller ne serait-ce que faire un tour sur leur site ( http://www.coeurdemetal.info/ ), histoire de parler du problème du Syndrome de Kabuki autour de vous.

L'équipe de Forces Parallèles.






Les opérations humanitaires sont parfois l’occasion de stimuler la force créatrice des artistes et sont le cadre propice à des moments souvent privilégiés : que l’on se souvienne dans les années 80 de We Are the World qui regroupa parmi les plus grands artistes américains, de Lionel Richie à Bob Dylan en passant par Bruce Springsteen, du Live Aid, dominé par un Queen royal, ou bien plus récemment du Live 8 grâce auquel on a vu la renaissance de Pink Floyd ; en France, on songera évidemment aux albums produits pour les Restos du Coeur, ou bien Sol-en-Si qui sont souvent meilleurs que les travaux respectifs de chacun des participants. En 2006, le mythique We Are the World revient, produit sous la houlette de grands noms que sont Bono, Bob Geldof et Michael Jackson. Le message d’amour, de paix et d’espoir est toujours de rigueur, mais s’accompagne plus que jamais d’une volonté de faire bouger les choses. Il arrive souvent aux mauvaises langues de dire que ces disques, qui ne sont que des compilations parfois, se composent de chansons écrites à la va-vite. Ici, il n’en est rien : le travail est exemplaire, les collaborations, aussi diverses que surprenantes, confèrent une qualité exceptionnelle à l’ensemble et il est certain que ce nouvel opus deviendra dans les jours, les mois, les années qui viennent un album de référence.

Il y avait longtemps que Michael Jackson ne nous avait gratifié d'une des chansons humanitaires dont lui seul a le secret. Depuis l'album History, l'artiste ne s'était plus véritablement engagé pour la sauvegarde de la nature comme il avait coutume de le faire auparavant. Evoluant hors du monde grâce à un train de vie extravagant, il devait cependant être rappelé à la réalité grace aux divers procès qui lavèrent son honneur... et lessivèrent son compte en banque.
C'est totalement ruiné que Paul MacCartney, qui se rendait à l'épicerie du coin, trouva son ancien camarade et ami déambulant devant sa propriété de Neverland. Une discussion agitée s'en suivit, au terme de laquelle, touché par la misère de MJ, l'ex-BEATLES souhaita fumer le calumet de la paix autour d'un bon poulet dominical cuisiné par son épouse. Mais lorsque les comparses furent arrivé chez Dédé, boucher/volailler bio des stars, ils découvrirent l'ampleur d'une situation dramatique dans laquelle le monde était déjà plongé : la grippe aviaire venait de faire une nouvelle victime parmi les dindes du vieux monde. Ni une ni deux (ni même trois), les artistes décidèrent de soulever une véritable armada de chanteurs et musiciens sensibles au problème majeur qui se dessinait outre-atlantique : la disparition des poulets rôtis et autre canards confits. C'est ainsi que naquit le projet caritatif "We are the world 2", dont il ne fait nul doute qu'il deviendra l'album culte de toute une génération d'agriculteurs et d'amoureux de la viande blanche.
Et ce disque démarre sur les chapeaux de roue par une magnifique reprise de "Heal the World" rebaptisée pour l'occasion "Heal the Birds". Un cocorico strident se fait entendre, rejoint par des choeurs gospel de toute beauté au milieu desquels MJ et McCartney font entendre leurs revendications dans un refrain poétique et touchant ("Heal the birds, make it a better meat, for you and for me and the entire human race"). Les paroles, d'une rare profondeur, s'accompagnent d'une chorégraphie inédite dans laquelle le roi de la pop feint de battre des ailes, couver des oeufs ou picorer des graines. Il faut savoir qu'un clip à gros budget est en cours de réalisation, et l'on chuchote que Michael Moore lui-même serait derrière la caméra ! Bref, rien que pour ce titre, l'achat du disque semble être indispensable à tout gastronome qui se respecte. Et ça n'est que le début !

Dans le registre des idées saugrenues, on accordera sans peine le pôle position aux Stooges. Sans vergogne, ils se permettent de reprendre le classique du disco qu'est "Ride Like The Wind", dont la version originale est signée Christopher Cross… Iggy Pop l'a souvent laissé entrevoir, il est un grand fan de la période disco et allait souvent s'éclater sur les dance floors en cette fin de seventies. D'ailleurs, n'a-t-il pas écrit "Nightclubbing" sur The Idiot ? Il est évident que l'aspect global de "Ride Like The Wind" est très rock (les Stooges restent les Stooges) mais le morceau ne perd pas son entrain et sa verve initiaux. En clair, l'alchimie opère de façon presque miraculeuse : Iggy Pop a fait un gros travail vocal pour se rapprocher des intonations de Christopher Cross sans toutefois tomber dans l'écueil de l'imitation, Scott Asheton, en grand pro, assure à la batterie tandis que la guitare de Ron Asheton se fond dans l'ensemble de façon très fluide. On peut dès lors tirer un grand coup de chapeau aux Stooges, qui se sortent magnifiquement d'un exercice ô combien casse-gueule, d'autant plus que cette apparition d'Iggy Pop au sein d'œuvre humanitaire est bel et bien la première ! Après tout, il a dû considérer - après une apparition remarquée au sein d'une publicité de téléphonie mobile – que sa notoriété pouvait être utile aux plus désireux.

Autre reprise, autre style: aussi incroyable que cela puisse paraître, Thomas Banghalter (du groupe Daft Punk, mais qui avait déjà sévit en solo) s'est associé pour l'occasion à Madonna. Après tout, il est vrai que les deux artistes se sont exercés au "revival" funk voir disco qui sévit depuis quelques années sur nos ondes. C'est donc dans cette mouvance 70ies que s'inscrit le morceau "Don't cry chick", articulé autour d'un sample de Patrick Hernandez (les fameux choeurs de "Born to be Alive" repris en "chick chick chick" cette fois-ci) où Madonna nous délecte de sa voix sensuelle, ici quelque peu remaniée aux filtres vocaux si chers à Banghalter. On a tout de même frôlé la faute de goût, mais le titre passe bien, quelques relents de guitare électrique (merci Mark Knopfler) permettent au titre de bien s'incruster dans la galette.

Ensuite une surprise: pour le temps de cette œuvre caritative, Garbage a décidé de se reformer. Une bien bonne nouvelle pour les fans, mais aussi pour les éleveurs, qui pourront admirer la rousse chevelure de Shirley Manson. C'est d'ailleurs elle qui mène le bal, puisqu'elle a décidé absolument de tout pour la chanson. Ainsi, leur énorme tube "Stupid Girl" se voit affublé d'un nouveau nom "Stupid Bird". Un titre provocateur qui sied parfaitement au caractère sulfureux de la chanteuse. Pourtant, point de chanson pro-grippe aviaire, Shirley dénonce ici le fait que les oiseaux en général soient sous-représentés dans les cartes de restaurant. Elle énonce notamment dans le texte comment bien réussir son pigeon aux oignons. Outre les paroles, Shirley a tenu à ce que la chanson soit la plus rythmée possible. Un beat techno/house remplace l'ancien sample des Clash, tandis que Steve Market et Duke Erikson brodent en filigrane des lignes de guitares acoustiques absolument somptueuses. Butch Vig, quant à lui se déchaîne sur son jumbé en même temps que Shirley Manson dont le chant est très énervé, nous explique sa recette. Un vrai régal ma foi !

Après, si tous les titres sont des bijoux, la reprise de la plus belle ballade du groupe Queen, "Love of my Life", est sans conteste la plus grandiloquente. Chantée avec sobriété par Bono, qui est connu pour son investissement dans les justes causes et pour être l’un des principaux actionnaires de la plus grande ferme d’élevage de poulets d’Irlande, elle acquiert toute sa beauté grâce aux arrangements symphoniques apportés par l’orchestre philharmonique de Londres dirigé par le fameux John Williams, empreints d’une grâce aérienne, auxquels la guitare électrique tenue par Pete Townshend des Who, toute en arpèges ciselés, apporte une profondeur tellurique. Aux deux tiers du morceau, la houle orchestrale et le chant se taisent pour laisser place à un magnifique solo de piano improvisé par le virtuose Keith Jarrett, où l’on peut reconnaître de manière fugitive le thème du Canard tiré du Pierre et le Loup de Prokofiev et celui du fameux standard français "la Poule", écrit par Bernard Sauvat et Simon Berryer, avant le retour à la mélodie principale. La guitare, l’orchestre et Bono reviennent alors pour terminer la chanson en apothéose. L’auditeur est alors à genoux, en pleurs face à un tel déferlement d’émotion, et en proie à l’irrépressible envie de dévorer un coq au vin : la marque indéniable des chefs d’oeuvre !

Puis encore une excellente surprise: boosté par la reformation, le temps du live 8, de la légende vivante Pink Floyd, Roger Waters ne pouvait manquer cette occasion de venir en aide à notre volatile préféré qu'il soit dans la nature... ou surtout dans notre assiette.
Et c'est une nouvelle fois Pink Floyd qui renait de ces cendres avec cette magnifique chanson de l'anthologique album "Animals" : "Pigs On The Wing (part 1)". Rebaptisée pour l'occasion "Chickens On The Wing (part 1)" et interprétée seul à la guitare par Waters qui nous berce avec ses doux accords et ses sublimes paroles tout au long des 1 minutes et 25 secondes que dure cette première partie.
Minimum syndical me direz-vous... Peut-être mais durant 1'30'' (pardon 25''), Roger nous tire les larmes des yeux et on sent toute la tristesse d'un grand amateur de KFC dans les intonations de sa voix. Tout ceci laisse présager un retour en force du grand monsieur... et peut-être de son groupe au grand complet!

Comme on n'arrête plus les surprises (même celles que l'on n'attendait pas), on continue: Michel Fugain nous a concocté pour cette grande manifestation, une reprise ska-funk de son célèbre "Fais Comme l’Oiseau". Il a réussi le tour de force de réunir le peu du Big Bazar qu’il restait et à faire appel entre autres à David Guetta pour le mix et Akhenatton pour les choeurs, pour cette mémorable reprise qui fera sans nul doute, date dans l’histoire. Il va renommer son célèbre titre, "Ne Fais pas Comme l’Oiseau", et y délivre à sa manière un message d’espoir et humanitaire.

Cela dit, si cette compilation est un concentré d'ovnis, "People of the Farm" en est l'OVNI (avec un grand L). Ce titre n'est autre qu'un clin d'oeil d’un grand monsieur à son ancien groupe : Zack de la Rocha. L'ex- chanteur de feu Rage Against the Machine, qui brillait par son absence des charts, reprend les affaires au service d'une noble cause.
Zack met au profit des éleveurs son génie de l'élaboration de chansons à textes dénonciateurs. Le rappeur n'a rien perdu de sa plume et en profite même pour rendre hommage au groupe mythique avec lequel il faisait se déchaîner les salles en compagnie de Tom Morello : les citations inspirées des textes de RATM pullulent : "Sleep now in the farm", "know your chickens", "flutrack", "calm like a bird flu". Zack a donc réussi à écrire un texte cohérent en détournant de nombreux titres de chansons. On ne lui connaissait pas cette qualité de poète.
Musicalement, il s'agit d'un morceau hip-hop aux influences funk très prononcées. La présence, lors du refrain, du rappeur des Cypress Hill (les deux hommes ont souvent collaboré ensemble) y est sans doute pour beaucoup ! Bref, une pièce dynamique ; merci la basse slappée, les percussions omniprésentes et surtout les deux chanteurs et leur chant "cadencé".
Zack de la Rocha n'a rien perdu de son ton vindicatif. L'agressivité de sa voix nous replonge dans le souvenir des glorieuses années du plus grand groupe de Metal fusion. Lors de ses apparitions, son compère donne encore plus de pêche à l'ensemble. Un morceau original, qui symbolise l'éclectisme et la rencontre des genres de cette compilation."

Mais l'album n'est pas encore fini! Grand amateur de volailles et d'oiseaux, Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle) a tenu à participer au projet afin de défendre la cause et d'aider les éleveurs en danger. "Dans le poulet, il y a vie, et dans la vie, il y le regard des gens qui te regardent, et leurs flammes qui s'éteignent, éteignent la vie, et ça je suis contre, parce que c'est mal", a-t-il expliqué dans une interview. Maynardo a donc décidé de reprendre une chanson gaie et fleurie d'un grand nom de la chanson française. Il s'agit de "Y A le Printemps qui Chante" du regretté Claude François. Pour que l'effet soit total, Maynard s'est entouré d'amis musiciens de grande renommée. Tout d'abord, on dénote la présence de chœurs éthérés de toute beauté. Les "maynardettes", comme il les surnomme lui-même ne sont autres que Céline Dion, Jennifer Lopez et Chris Martin! Maynard, lui, s'occupe du chant principal avec hargne et brio (on comprend un mot sur deux). Il semble possédé, presque en transe lorsqu'il déclame ses paroles. La double pédale assurée par Bernard Minet est époustouflante de précision et redonne un véritable souffle à la rythmique, tandis que la guitare assurée par Dave Grohl renoue avec les grandes années de Nirvana, le riff étant crade et nerveux au possible. On découvre aussi l'incorporation de claviers du plus bel effet, à la fois subtil et aérien, digne des meilleurs Van Halen. Les paroles "Viens à la maison, y a les oiseaux qui chantent" sont mises en valeur par une superbe panoplie d'appeaux assuré par le sieur Keenan himself. On devine le coucou, le corbeau, le rossignol et la mouette. Ainsi, on tient là une reprise magique, dont le travail effectué est d'une grâce sans précédent.

En guise de final, tous les artistes se retrouvent sur le dernier titre "We Are the World Too", écrit par Bob Dylan en collaboration avec Bob Geldof et Marilyn Manson, dont on connaît l’amour des poussins. Il n’y a pas grand chose à en dire, si ce n’est qu’il concentre à lui seul l’éclectisme génial de l’ensemble de l’album, en une sorte raz de marée festif et lyrique : c’est tout simplement magnifique (et Bernard Minet s’impose une fois de plus comme le meilleur batteur français en activité ! Il suffit de l'entendre pour s'en aviser!).
De cette façon, en voulant venir en aide aux éleveurs de poulets, touchés de plein fouet par la crise de la grippe aviaire, les artistes mobilisés ont accouché d’un chef d’oeuvre, qui risque à n’en pas douter d’exploser les charts dans les jours qui viennent. On ne peut que saluer cette initiative et tirer bien bas son chapeau pour l’investissement humanitaire déployée. N’hésitez donc pas à vous ruer dans les bacs, l’album en vaut la chandelle (les profits étant redistribués aux éleveurs et à leur famille). Cela dit, que cela ne nous fasse pas oublier les autres causes, qui ont aussi besoin de donations (avec un s, parcequ'il faut plein de sous). La moralité que l’on peut tirer de ce We Are the World 2, c’est un immense souffle d’espoir : l’humanité est encore capable de se bouger les fesses pour les grandes causes. Et que rien ne vaut un bon poulet rôti. Et sortez couvert !

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   JOSE B.

 
  N/A



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1. Heal The Birds
2. Ride Like The Wind
3. Don't Cry Chick
4. Stupid Bird
5. Love Of My Life
6. Chickens On The Wing
7. Ne Fais Pas Comme L’oiseau
8. People Of The Farm
9. Y A Le Printemps Qui Chante
10. We Are The World Too



             



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