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2017 1 直線移...

BOUCLE INFINIE - 直線移動 (2017)
Par BAKER le 6 Avril 2018          Consultée 219 fois

THE ALGORITHM était dur, hargneux, métronomique, et mettait de la musique synthétique dans le metal. Nouveau projet du surdoué Rémi Gallego, BOUCLE INFINIE est nuageux, souple, et met du metal dans la musique synthétique. A première vue, il serait facile de penser qu'il s'agit d'un side-project dreamy, mais la vérité est un peu plus complexe. Le titre d'ouverture, qui a donc la lourde tâche de présenter la nouvelle façade, montre un musicien s'amusant visiblement à mélanger la synthwave très en vogue ces dernières années, des guitares diaphanes entre TANGERINE DREAM et les parties calmes de certains groupes neoprog (CASTARNAC, PENDRAGON...), et des sons 8-bit, malins car mis plutôt en arrière, et pas outrageusement starisés. Une intro assez rêveuse, et cette sensation de rêve va se prolonger sur tout le disque ; mais attention, quand vous rêvez, ça n'est pas toujours du vol plâné dans les nuages au milieu des cormorans. La partie centrale dynamite donc le tout et fait plutôt penser à du soundtracking, période Amiga 3000, période DeLuxe, période cadors et âge d'or, quand la moindre disquette 720 Ko renfermait des trésors enfouis.

Plus que dans la réalisation, c'est dans le choix des harmonies, des mélodies et dans l'ambiance globale qu'on retrouvera le plus cette sensation d'écouter du EQUINOX, version 2017. Ca pourra gêner. Ca pourra également enchanter et ouvrir des horizons. Tout dépendra de votre allergie au style. D'ailleurs, d'autres passages du disque feront référence, plus indirectement que frontalement d'ailleurs, à tout ce pan méconnu de la musique électronique qu'est le soundtracking. Mais ce n'en sera jamais du "pur et dur", Rémi s'amuse à confronter ces sons à d'autres plus ou moins incongrus. Sur "System", c'est le clash avec le trip-hop de Bristol mêlé à une impro jazz fusion, mené par un piano au son très cabaret, destabilisant. On se demande qui, des sons synthétiques dreamy ou de ce piano bastringue (logiquement "organique"), est le plus artificiel. Et dans "Meanings", notre ami se permet un solo de... guitare ? ou de koto ? ou d'un autre instrument ? samplé ? pas samplé ? va savoir Balthazar. Gallego brouille les pistes, pas mathématiquement comme dans ALGORITHM, mais uniquement par le truchement du mixage, prenant les deux oreilles de l'auditeur comme autant de laboratoires d'expérimentation.

Par ailleurs, il n'y a pas que côté technique (8-bit, 16-bit, tout ça ça en fait de la WurstOktoberFest !) que ce projet de BOUCLE INFINIE se permet des citations : au détour de circonvolutions mélodiques, on reconnaît quelques effets stylistiques qui font d'ores et déjà partie du vocabulaire de base de la "M.E.". "System" présente une forme de world music associée au mouvement new age qui rappelle autant KITARO qu'ENIGMA. "Meanings", lui, se permet un tout petit détour par DEPECHE MODE (cette intro à l'ambiance Gorienne) et le passage purement dreamy avec ce piano disparate et aérien plaira à tous les fans du Mike OLDFIELD de Songs of Distant Earth. Enfin, dernière influence mais non des moindres : ALCEST. Car la grosse surprise de ce disque majoritairement planant et calme, c'est que les rares parties metalliques ne font plus appel au djent mathématique et furieux comme ALGORITHM savait si bien le faire, mais aux cauchemars éveillés du shoegaze. Ce sont les passages les plus remarquables, car Rémi Gallego y fait preuve d'un sens aigü de la synthèse.

Jusqu'ici donc, un album très sympathique, juste un tout petit poil facile. Mais la plus grande surprise vient du second titre. Bénéficiant d'un chant en anglais, "Inside" est la grande révélation et l'un des titres les plus fascinants de l'année. Il correspond en tous points à ce que David BOWIE aurait fait s'il avait survécu à 2016 et assisté à l'explosion thermonucléaire de la néo-French touch de ces 24 derniers mois. C'est pop, sombre, délicieusement noisy, organique, métronomique, glissant, Blade Runneresque. Et ça donne envie de voir Père Rémi explorer plus loin ces horizons, couvrant tout le spectrum de la musique électronique. Horizons, spectrum, allez, on va voir si vous êtes culturés les mecs.

En résumé :

10 PRINT "Ecoute le putain d'album"
20 IF plaisir0 THEN
30 GOTO 10
40 ELSE
50 LET gêne=0
60 GOTO 10

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   (2 chroniques)



- Rémi G. (programmation, guitare, basse synthés)


1. 直線移動
2. Inside
3. System
4. Meanings
5. 雨



             



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