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Sheila
L'amour Qui Brule En Moi
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le 26 Juin 2021 par MARTIN LA BOTTE


[Aparté pour Marco après avoir lu son excellente chronique : À la sortie de l'album en décembre 1976, Sheila n'aura pas à attendre 2 ans mais seulement 6 mois pour se retrouver sur tous les plateaux télé en short moulant pour sa révolution "B.Devotion" .;)
Et ce ne sont pas 3 singles mais 4 qui sont rentrés dans le Top. "Prince en exil" et "Patrick mon chéri" ont tourné autour de 350 000 exemplaires écoulés, ce qui restait hautement enviable pour la grande majorité des collègues de Sheila. Les ventes du 45-t "L'Amour qui brûle en moi" ont fait moins mais s'en rapprochaient globalement, si l'on considère les parutions concomitantes single/album. Seul, "Les Femmes", sorti à l'automne 76 et à la promo plus courte, a connu un succès en caisse légèrement en deçà (-200 000) mais encore une fois, loin d'être dérisoire, tout comme les ventes de l'album lui-même (+ 100 000). Enfin, s'il est indéniable que ces 4 chansons ne sont pas autant restées dans les mémoires que d'autres chez les non-inconditionnels de Sheila, signalons quand même que "Patrick mon chéri" doit figurer parmi les 3 ou 4 titres de la chanteuse les plus visionnés/écoutés sur YT après "Spacer" et "Les Rois mages" et, comme on va pouvoir s'en rendre compte, ça ne peut que me réjouir.]

1976, Sheila a 31 ans, officiellement encore 30, et comme 5 ans plus tôt, avec l'album "Love" dont la superbe iconographie célébrait les 25 ans (26 !) radieux d'une jolie fille naturelle, polysportive et à la candeur irrésistible, ce nouvel album rend désormais grâce à une jeune trentenaire, belle, épanouie, plus sophistiquée et (toujours) romantique. A-t-on gagné au change ? Sans doute puisque, dès le 2e morceau, plutôt sympa par ailleurs, elle prévient sans détour qu'une "fille ne vaut pas une femme". Le suivant, "C'est écrit", qu'Alice Dona semble avoir écrit pour Johnny, convient parfaitement à la Sheila "76" qui interprète avec conviction un texte qui se révèle finalement plus prémonitoire dans son répertoire - 'je partirai sans gloire peut-être, un peu comme se meurt l'été, je partirai pour mieux renaître car j'en suis sûre, je reviendrai.'-, et encore plus quand on connait aujourd'hui les croyances d'Anny Chancel en matière de réincarnation. Et voilà qu'on a déjà fait le tour des chansons originales.
Côté adaptations, j'aime beaucoup la petite ba(l)ade en "Voiture" dont on se sent immédiatement passager. Une chanson un peu à part, simple et singulière, avec une ambiance 'road movie' qui ne doit pas être étrangère au choix de la rédaction de la géniale revue "Schnock" qui l'avait intégrée à sa première compil maison. Mais la cover que je préfère et que je trouve encore plus "cinématographique", c'est le tube estival "Patrick mon chéri", sorti en single 6 mois plus tôt.
Mélodramatique dans son monologue d'intro sur fond de météo orageuse, kitsch à souhait mais somptueux de bout en bout avec ses violons, son texte sensuel qui nous place à fleur de peau des amants enlacés et la voix de Sheila plus séduisante que jamais. Quel bijou mélodique ! Peut-être la meilleure adaptation de toute la discographie de Sheila qui en a pourtant enregistrées de très réussies, en tout cas, sans hésitation de ma part, son plus beau slow ! Et tant pis pour les rabat-joie et moqueurs de tous poils qui crieront aussitôt à la ringardise ou à l'indigence ; un "Patrick mon chéri", il lui faut 3 ou 4 écoutes pour apprivoiser nos oreilles, nos sens et nos préjugés et ça finit par vous plaquer sur le sable (auprès de qui vous voulez), conquis, avec "l'eau qui vient mourir à vos pieds". Envoûtant ! Du coup, le tendre et très romantique "L'Amour qui brûle en moi", à la douce mélodie transalpine qui ouvre le programme et dans lequel la chanteuse déclare une flamme amoureuse supérieure à toutes les merveilles de ce monde, s'en trouverait presque affadi ; une chanson pourtant fort jolie. Le dernier extrait dans ce registre sentimental, "Flagrant délit de tendresse" me paraît plus insignifiant.
Marco n'aime pas trop le très italo-disco "Un prince en exil" il va faire de la peine à beaucoup de fans de Sheila. Pas ma préférée non plus, mais elle reste efficace et surtout tellement emblématique des seventies dorées de la star. "Les Femmes", reprise quasi identique de la version initiale québécoise sortie l'année précédente à quelques paroles de refrain près, se distingue surtout par les timbres très différents des 2 chanteuses, plus rock chez Patsy Gallant, plus disco chez Sheila qui l'emporte clairement sur les aigus. Mais il me manque un petit quelque chose sur ce titre pour être totalement emballé malgré une chouette orchestration. "Les Nuits de musique" et "Good bye my love", à défaut d'être des pièces maîtresses, complètent harmonieusement l'ensemble.

Un album hautement réjouissant pour qui aime la variété pop des seventies.


4,5/5

(si j'ai fait trop long, pas de souci, vous faites lire au moins à Marco et à d'éventuels autres intéressés et n'hésitez pas à ne pas publier !)  ;)

Par Forces Parallèles

Hey Martin !

Tes commentaires ressemblent plus à de vrais chroniques qu'à de simples commentaires. Ton expertise de la variété française semble bien là. Tu n'as pas envie d'écrire sur les nombreux artistes du genre qui manquent encore à l'appel sur FP ?

Qui ne risque rien n'a rien !
Si l'envie te prend : erwinfp@gmail.com

Bien à toi et merci pour tes commentaires très pointus !
Erwin














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