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- Membre : Lou Reed , John Zorn , Painkiller

REED, ANDERSON, ZORN - The Stone : Issue Three (2008)
Par LE BARON le 2 Avril 2017          Consultée 181 fois

The Stone est une petite salle de l’East Village, à New-York, ouverte en 2005. Elle est exclusivement consacrée à la musique d’avant-garde. John ZORN en est le directeur artistique, et bon nombre des musiciens qui s’y produisent font partie de son entourage. Il s’agit d’un projet à but non lucratif : l’intégralité de la recette est reversée aux musiciens. Pour financer le reste, on peut faire un don ou acheter un des disques de la série The Stone, enregistrés sur place et distribués par Tzadik, le label de ZORN.

L’affiche de ce disque est tout de même incroyable : Lou REED, Laurie ANDERSON, John ZORN. Trois New-Yorkais pur sucre, trois représentants d'une certaine avant-garde. Lou REED est de loin le musicien le plus accessible du trio, et le plus connu. Mais il n’est pas ici pour chanter « Sweet Jane ». S’il faut chercher un précédent discographique à sa présence, c’est évidemment du côté de Metal Machine Music qu’on le trouvera. Quoi que l’on pense de cet album – je fais partie de ceux qui l’apprécient – il était d’une audace folle. Audace artistique – certains diraient suicide commercial – mais surtout audace musicale dont on comprend aujourd’hui la force : Metal Machine Music n’a pas vieilli malgré ses 40 d’âge !

Laurie ANDERSON, c’est l’avant-garde chic et cultivée. Violoniste, compositrice, écrivaine, intéressée très tôt par l’électronique, elle a mis en scène des spectacles « complets » dès les années 70 : musique, image, performance artistique. Elle a croisé Brian ENO ou Peter GABRIEL, entre autres. Elle partage la vie de Lou REED depuis les années 90, et raconte qu’ils se sont rencontrés à Munich lors d’un festival organisé autour… de John ZORN. La boucle est bouclée, et si ces trois là n’ont encore jamais joué ensemble, ils le feront régulièrement jusqu’à la mort de Lou REED*. Quant à John ZORN, que dire ? Ce surdoué règne sur l’Avant-Garde New-Yorkaise depuis 30 ans et, loin de regarder derrière lui pour contempler sa carrière passée, est toujours aussi prolifique et novateur.

The Stone : Issue Three est une improvisation divisée en trois parties. Le début de l’album fait craindre le pire. Lou REED entame le set seul. Et les sons qu’il tire de sa guitare ne passionnent guère. Arpèges, accords, mais surtout changements de sonorités, à grands renforts de pédales, dont le sens échappe. S’il cherche à l’évidence à créer la tension inhérente à ce type de musique, il n’y parvient pas. John ZORN lui-même, pourtant redoutable guérillero de l’improvisation, peine à entrer en scène, et lorsqu’il finit par le faire, il semble céder à une certaine facilité : ses hurlements de saxophone, s’ils sont puissants, comblent mal la gêne que l’on éprouve à écouter Lou REED. Quant à Laurie ANDERSON, elle reste longtemps muette, comme si elle aussi se demandait comment monter dans le bateau.

Et pourtant. Et pourtant, la tension finit par monter. Lou REED, piètre guitariste, se résout enfin à tirer de son instrument ce qu’il peut : des accords simples, mais énormes. Du Noise de bas étage, peut-être, mais n’est pas Fred FRITH ou Marc RIBOT qui veut. Et ce n’est que lorsque Lou REED lâche prise et n’essaie plus de se faire meilleur qu’il n’est, que cela prend. Pour le coup, Laurie ANDERSON et John ZORN, musiciens accomplis, parviennent à la créer, cette tension attendue. La musique improvisée, c’est cela, parvenir à vous toucher aux tripes sans passer par le cerveau, remuer de l’indicible.

The Stone : Issue Three n’est sans doute le meilleur album d’aucun des membres de cet étrange trio, mais c’est une curiosité. Et si le disque démarre difficilement, il finit par décoller et se tenir à peu près bien. Ce qui pouvait ressembler à une rencontre improbable ne l’est donc pas tant que ça. Pas inoubliable, mais pas mauvais, disons que ce que l’on retient de cet album dépend aussi du musicien que l’on prend comme point de comparaison. Pour du John ZORN, ce n’est pas très bon. Pour du Laurie ANDERSON,c’est très brutal et pas assez travaillé, elle qui aime les productions très léchées. Pour du Lou REED, c’est une preuve de plus de la capacité du bonhomme à se renouveler ou à faire n'importe quoi. Personnellement,j'aime trop ces trois-là pour être capable de choisir vraiment. Ce sera donc un 3.


*John ZORN consacrera même un album à Lou REED, après la mort de ce dernier : Transmigration of the Magus, en 2014.

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   LE BARON

 
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- Lou Reed (guitare électrique)
- Laurie Anderson (violon, machines)
- John Zorn (saxophone)


- The Stone : Issue Three
1. Part 1
2. Part 2
3. Part 3



             



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