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The VILLAGE STOMPERS - Washington Square (1963)
Par LE KINGBEE le 14 Avril 2017          Consultée 278 fois

En 1963, un groupe de Greenwich Village va relancer l’intérêt des auditeurs pour le Dixieland (enfin c’est du moins ce que claironne la pochette) dans le monde entier à travers un Ep quatre titres publié par Columbia. Ce microsillon connaît une étonnante entrée dans les hit-parades. La pochette représente l’Arche de Washington Square, un parc dont le monument principal fut érigé afin de commémorer le centième anniversaire de George Washington à la présidence. Aujourd’hui, les étudiants new yorkais viennent y défiler lors de leur remise de diplômes et y jettent accessoirement leurs toques dans les airs.

Historiquement, le Dixieland a fait son apparition à Storyville, un quartier chaud du centre de la Nouvelle Orleans dans les années 1910. En 1917, le terme se répand suite à un enregistrement de l’Original Dixieland Jazz Band qui se vend à près d’un million d’exemplaires. Il faud attendre encore cinq ans pour que le premier groupe de Dixieland noir grave sa première face. Et oui, il n’y avait pas de formations multiraciales à cette époque, le pays ne mélangeait pas les serviettes et les torchons. Au niveau du répertoire, le Dixieland est marqué par une combinaison de fanfares et de cordes regroupant quadrilles, Ragtime, Blues, polka, et des séquences d’improvisation collectives et polyphoniques. Si le Dixieland peut faire figure de l’un des premiers types de Jazz interprétés par des musiciens blancs, le registre a connu un engouement phénoménal pour l’époque, mais a été vite remplacé par l’avènement des big bands, du Swing, suivi du Be Bop. En clair, cette mouvance est tombée en désuétude jusqu’à la fin de la Seconde Guerre.

A cette époque, certains musiciens reprennent le flambeau. Kid Ory reforme un nouvel orchestre, le Creole Orchestra, qui va engendrer quelques adeptes. Au fil des années, certains spécialistes font évoluer le répertoire en intégrant des rythmes de Be Bop. Malgré cette embellie, le Dixieland retombe dans les oubliettes, victime des modes et des tendances. Mais, revenons à une époque plus proche de nous 1963. The VILLAGE STOMPERS, une formation du "Village", sort son premier single pour Epic, avec deux titres "Washington Square" couplé à "Turkish Delight". C’est un carton qui grimpe à la surprise générale sur la seconde marche des charts, c’est la folie ! Dans la foulée, Columbia France publie un Ep 4 titres dans la série "Présence Mondiale". Le disque se vend bien et dépasse largement les chiffres les plus optimistes.

On vous le dit souvent, en musique il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Suite au succès de "Washington Square", Columbia décide qu’il est temps pour la formation instrumentale de passer à l’étape supérieure. On expédie rapido le groupe graver un premier 33 tours. L’encart publicitaire figurant sur la pochette dorsale du Ep français pourrait aujourd’hui faire sourire, bien que les slogans n’aient guère changé : "Il n’en fallait pas davantage pour que les VILLAGE STOMPERS soient reconnus les as du Dixieland et déclenchent une renaissance du Jazz traditionnel. Après l’invasion du Jazz moderne, il semble bon de voir les jeunes retourner aux sources du style si extraordinaire qu’est le Dixieland". Resituons brièvement l’album : s’il y a bien une guitare, un banjo, des cuivres (pas de cornet, celui-ci étant remplacé par une trompette) une contrebasse ou une basse acoustique, un piano, une caisse claire, instruments fondamentaux et caractéristiques du Dixieland, on a plutôt affaire à un mélange de Folk teinté de Dixieland. Parmi les 12 pistes du disque, Epic a pris soin d’incorporer les quatre morceaux du 45 tours français et la même pochette. Risques minimum !

Le hit "Washington Square" ouvre l’album avec son intro de guitare suivie du banjo. Cette composition de Bobb Goldstein (futur compositeur de Woody Allen) a été écrite alors que le père Bobb était encore au lycée sous le titre "India". Aucun artiste ni la moindre maison de disque n’étaient tombés sous le charme de cet instrumental jusqu’à ce que ce bon Bobb ne se décide à recycler la mélodie et la proposer aux VILLAGE STOMPERS. Quand on vous dit que le recyclage a parfois du bon ! Evidemment, le hit a connu depuis une dizaine de nouvelles versions, le morceau est agrémenté de textes via le parolier Dave Shire, Epic tentant alors un coup de poker en enregistrant une version chantée par les Ames Brothers. Chez nous, Sacha DISTEL la reprend sous un titre sacrément inventif "Un Air De Banjo" (Non, là je plaisante). Mais on reste attaché à la version new yorkaise. La troupe de Frank Hubbell revisite une obscurité australienne "Tie Me Kangaroo Down Sport" délivrée jusqu’alors par des formations déjantées de Bush Country. Les Village Stompers en délivrent un instrumental bien amené, bien supérieur aux futures versions chantées de Pat BOONE ou de l’anglais Bobby STEVENS (ex Typhoons et Jaybirds). Troisième piste "Midnight In Moscow" titre en provenance de Russie, le banjo remplaçant la domra et la balalaïka. Le titre fit l’objet d’une adaptation antérieure avec "Le Temps Du Muguet" (Francis LEMARQUE)."The Poet And The Prophet", œuvre de l’arrangeur Joe Sherman, lorgne sur "Washington Square" avec une trompette plus incisive. Ces quatre pistes en provenance du microsillon paraissent 55 ans après leurs sorties les plus captivantes de l’album.

Le groupe rend un hommage appuyé aux Weavers de Pete SEEGER et de Lee Hayes, groupe légendaire de Greenwich Village, initiateur du Folk fifties, avec "If I Had A Hammer", titre mis à toutes les sauces. On est bien loin de la version originale des Weavers, mais après tout pourquoi pas un tel clin d’œil, la version instrumentale en Folk Dixie vaut bien la latine de Ray BARRETTO. Autre titre accommodé à toutes les modes avec "Walk Right In", un Country Blues du trio Cannon’s Jug Stompers, mais la version instrumentale perd de sa force. Autre standard avec le "Blowin’ The Wind" de DYLAN dans une version dont l’absence de paroles débouche forcément sur un manque de puissance poétique et d’humanisme. Sentiment identique avec "Follow The Drinkin’ Gourd", un chant populaire issu du chemin de fer, métaphore de liberté pour les esclaves rêvant d’évasion et de jours meilleurs. Ce Folk réadapté par Lee Hayes a connu une seconde vie durant le Mouvement des Droits Civiques.

Si les VILLAGE STOMPERS délivrèrent en leur temps une poignée de succès quasi intemporels, l’absence de texte peut conduire à un sentiment de rengaine susceptible d’engendrer une sensation de monotonie. Reste à définir le répertoire, catalogué comme groupe de Dixieland, la formation new yorkaise demeure plus à ranger dans le tiroir du Folk Dixie. Les amateurs de banjo apprécieront cet éventail instrumental sans prise de risque et pour tout dire "pépère". Malgré le succès de "Washington Square", le répertoire finit par lasser, d’où une note oscillant selon les humeurs entre 2 et 3.

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   LE KINGBEE

 
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- Ralph Casale (banjo)
- Lenny Pogan (guitare)
- Dick Brady (trombone)
- Frank Hubbell (trompette)
- Joe Muranyi (clarinette)
- Al Mcmanus (batterie)
- Don Coates (piano)
- Mitchell May (hautbois, bourdon, basson, flûte à bec.)


1. Washington Square.
2. Tie Me Kangaroo Down, Sport.
3. If I Had A Hammer.
4. Blue Grass.
5. We Can't Stop Singin'.
6. Midnight In Moscow.
7. Walk Right In.
8. Green, Green.
9. The Poet And The Prophet.
10. Cold Steel Canyons.
11. Blowin' In The Wind.
12. Follow The Drinkin' Gourd



             



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