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- Style + Membre : The United States Of America

JOE BYRD AND THE FIELD HIPPIES - The American Metaphysical Circus (1969)
Par JOVIAL le 30 Mai 2017          Consultée 254 fois

The United States of America fut, un peu à la manière de The Velvet Underground & Nico, un album qui se vend peu mais qui inspire beaucoup. À l'inverse du quintet new-yorkais toutefois, cet essai ne sera guère transformé. Après une courte - et chaotique - tournée aux États-Unis, le groupe implose rapidement, quelques mois seulement après la sortie de son premier disque. Joseph BYRD n'en démord pas et reçoit le soutien du producteur John McCLURE (Columbia Records) qui le pousse à enregistrer un second album. L'ami Joe rassemble alors une vingtaine de musiciens autour de lui, The FIELD HIPPIES, recrutés sur la Côte Ouest. En à peine quelques semaines, The American Metaphysical Circus est déjà mis en boîte. Aux dires de BYRD, l'expérience s'est cependant révélée désastreuse. Ambiance tendue, manque de matériel, pression de Columbia Records, production bâclée : la stabilité première et l'indépendance des UNITED STATES OF AMERICA a grandement fait défaut.

Joseph BYRD avait imaginé ce nouvel album comme une fresque musicale et politique de l'Amérique sous Johnson, faisant donc suite à The United States of America. De nouveau, l'expérimentation y est le maître-mot. Rock californien et pop anglaise passent à la moulinette : improvisations, cuivres, synthétiseurs, vocodeurs, modulateurs, échos, collages de bandes, boucles sonores. Joseph BYRD puise ainsi dans le vocabulaire de Pet Sounds, de Sgt. Pepper's, d'Arthur BROWN, des premiers PINK FLOYD et anticipe parfois les tortures de FAUST, les rêveries orientales d'AMON DÜÜL II, les délires de GONG voire le grand-guignol des RESIDENTS. Anticipation seulement, car l'audience de The American Metaphysical Circus fut trop faible sur le vieux continent pour prétendre à une influence certaine.

Néanmoins, cet album n'est pas bon. Joseph BYRD ne manque pas d'idées, mais ne sait absolument pas les mettre en place. En outre, son escouade d'hippies, musiciens sans envergure et qui n'ont jamais joué ensemble, ne l'aide guère. Lui-même n'est pas un bon chanteur. Mais ce qui frappe peut-être le plus sur The American Metaphysical Circus, c'est son manque de cohérence. À l'exception notable de « The Sub-Sylvian Litanies », Joseph BYRD passe du coq à l'âne et se perd souvent dans des digressions frustrantes et inutiles (« Mister 4th of July », « The Sing-Along Song », les réclames d'Ernie Anderson sur « Leisure World », ). « The Southwestern Geriatrics Arts And Crafts Festival » répète inlassablement la même mélodie pendant un quart d'heure. « Gospel Music For Abraham Ruddell Byrd III » enfin tourne en rond et ne fait que remplir une tracklist déjà bien encombrée, au goût parfois d'inachevée.

Le seul intérêt réel de ce disque réside sans doute dans sa première face. Et encore, sur « American Bed music I – Four Dreams for a Departing President » (!), on n'en retiendra que « Nightmare Train » et ses cuivres. Et encore, en restant indulgent en ce qui concerne le chant. En définitif, après la lysergique « The Sub-Sylvian Litanies » qui ouvre l'album, il ne reste déjà plus grand-chose à se mettre sous la dent. Un peu comme si The American Metaphysical Circus concentrait là toutes les meilleurEs idées et réussites de son géniteur.

Avec cet album, Joseph BYRD montre ici toutes ses limites. Pionnier passionné et arrangeur de génie, il n'en reste pas moins compositeur moyen et piètre musicien. Ambitieux et complexe, The American Metaphysical Circus vISait trop haut, sans doute. The FIELD HIPPIES étaient loin d'être capables de répondre aux demandes de BYRD, du moins pas en quelques semaines seulement. Étonnamment, le disque reste plus d'une trentaine d'années présent dans le catalogue de Columbia Records, alors que The United States of America n'en fait déjà plus partie en 1969. Les deux albums s'accordent néanmoins sur un point, celui de l'échec commercial, qui poussera bientôt Joseph BYRD à se consacrer uniquement à la production.

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- Pot (claviers)
- Ed Sheftel (cuivres)
- Christie Thompson (chant)
- Ernie Anderson (voix)
- Fred Selden (saxophones/flûte/clarinette)
- Ted Greene - (guitare)
- Joseph Hunter Byrd (claviers/chant)
- Larry Kass (tabla)
- Michael Whitney (guitare)
- Chuck Bennett (trombone)
- Victoria Bond (chant)
- Ray Cappocchi (tuba/trombone)
- Dana Chalberg (flûte/piccolo)
- John Clauder (batterie/percussions)
- Susan De Lange (chant)
- Meyer Hirsch (flûte/saxophones)
- Don Kerian (trompette)
- Gregg Kovner (batterie/percussions)
- Tom Scott (clarinette/flûte/saxophones)
- Harvey Newmark (basse)
- Harihar Rao (percussions)
- Paul Welborne (enregistrement)
- Roger Phillip (assistant)
- Bob Breault (son)


1. The Sub-sylvian Litanies
2. American Bedmusic I
3. Gospel Music For Abraham Ruddell Byrd Iii
4. The Southwestern Geriatrics Arts And Crafts Festiv



             



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