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LONE JUSTICE - Lone Justice (1985)
Par MARCO STIVELL le 3 Juin 2017          Consultée 503 fois

Peut-on trouver plus bel hommage à Bruce SPRINGSTEEN dans les années 80 qu'une jeune femme pétillante armée d'une guitare Telecaster ? Deux solutions s'offrent alors : soit on est New-Yorkaise et on fait du rock prolétarien comme l'excellente Carolyne MAS, en tentant de reproduire jusqu'au son de saxophone le plus puissant qui existe, celui du Big Man ; soit on vient de la Côte Ouest, Los Angeles, et on se concentre sur l'esprit country-folk du Boss, quitte à reprendre la production "rock à stades" des albums The River et surtout Born in the U.S.A. Ainsi peut-on considérer LONE JUSTICE, groupe à l'existence courte mais marquante.

Bien sûr, il n'y a pas que Bruce, on peut parler des collègues Gary U.S. BONDS, SOUTHSIDE JOHNNY et LITTLE STEVEN puisqu'il joue solo désormais. De façon plus large, on peut parler également du "cowpunk" (ou country alternative) à la X et THE BLASTERS, d'autres groupes de L.A., ainsi que d'un autre grand monsieur appelé Tom PETTY. C'est d'ailleurs lui qui participe à l'écriture d'un titre ("Ways to Be Wicked") du premier album de LONE JUSTICE, produit par Jimmy Iovine et publié chez Geffen.

Maria McKee, 20 ans - accessoirement demi-soeur de Bryan MacLean, chanteur du célèbre groupe psychédélique LOVE -, apparaît comme une étoile naissante, avec sa voix écorchée de fermière et son tempérament survolté. Et là encore, il n'y a pas qu'elle, car à ses côtés se situent Ryan Hedgecock, le bassiste Marvin Etzioni et le batteur Don Heffington qui a déjà joué pour Emmylou HARRIS. L'influence de la diva country plane en particulier sur la ballade "Don't Toss Us Away", écrite par Bryan MacLean pour qui les 60's sont loin derrière.

L'autre du même genre, "You Are the Light", écrite par Etzioni, figure parmi les réussites premières du disque et installe McKee comme une interprète des plus spontanées et hantées, y compris dans un registre calme. Les choeurs d'Etzioni et Hedgecock ne doivent pas apparaître comme secondaires. Un dernier musicien vient compléter le son à l'orgue et à défaut d'être compté comme membre du groupe, c'est Benmont Tench, accompagnateur de Tom PETTY.

Si la touche punk est délaissée depuis les premières démos du groupe, l'accent est mis sur les éléments country-rockabilly, comme le prouvent "Soap, Soup and Salvation" et surtout "Working Late", bluegrass joué avec force décibels. Ce pop-rock festif et convivial est bien servi par une rythmique puissante, accordée à la voix. Le parfait équilibre entre la ferme et le stade !

Les paroles des premiers morceaux rendent grâce à l'écrivain John Steinbeck, "After the Flood" étant plus orienté Grapes of Wrath/Les Raisins de la Colère. SPRINGSTEEN n'est déjà pas loin sur "East of Eden" et sa rythmique rhythm'n'blues à la Bo DIDDLEY : elle se rapproche évidemment du bien connu "She's the One" du Boss. Que dire du tout aussi excellent "After the Flood", blues-folk au riff évoquant les ROLLING STONES, supra-efficace ? Un grand merci à Jimmy Iovine pour cette production claire et mordante dont il a le secret !

Reste le tube, ou qui était justement pressenti pour l'être. Beaucoup critiquent cette version originale de "Sweet, Sweet Baby (I'm Falling)" par rapport aux futures versions live car très calibrée, rapide avec une voix haut perchée, et pourtant ! Avec la basse qui joue en décalé, le texte et la mélodie, c'est ce qui la rend addictive. Dans le clip, on voit apparaître en choriste madame Katey Sagal, bientôt Peggy Bundy dans le feuilleton TV Married... With Children/Mariés, Deux Enfants. Ce n'est pas étonnant si Steve Van Zandt alias LITTLE STEVEN, l'homme au bandana, le bras droit de Bruce SPRINGSTEEN, a participé à l'écriture de ce titre : cela s'entend, jusque dans le solo !

Mis à part "Soap, Soup and Salvation" qui est mieux taillé pour la scène, ce premier disque reste d'excellente facture, avec deux-trois bons tubes clinquants qui nous font regarder danser les jauges à fréquences de volume sur la chaîne hi-fi par pur plaisir ("Sweet, Sweet Baby (I'm Falling)" en tête), et le restant vaut le détour. Reste le problème du succès, décevant pour ce qui était un groupe-espoir en 1985 !

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   MARCO STIVELL

 
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- Maria Mckee (chant, guitare, harmonica)
- Ryan Hedgecock (guitares, choeurs)
- Marvin Etzioni (basse, choeurs)
- Don Heffington (batterie)
- + Benmont Tench (piano, orgue)


1. East Of Eden
2. After The Flood
3. Ways To Be Wicked
4. Don't Toss Us Away
5. Working Lat
6. Sweet, Sweet Baby (i'm Falling)
7. Pass It On
8. Wait 'til We Get Home
9. Soap, Soup And Salvation
10. You Are The Light



             



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