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- Membre : Jane's Addiction, Porno For Pyros, Dave Navarro , Deconstruction, Satellite Party

Perry FARRELL - Song Yet To Be Sung (2001)
Par JASPER LEE POP le 24 Octobre 2017          Consultée 602 fois

Il y a une quinzaine d'années, j'ai poussé la machine un peu trop loin et j'ai fait une petite crise de surmenage qu'on n'appelait pas encore burn-out. Un pote bien intentionné mais déraisonnable m'a proposé d'aller recharger les batteries une semaine à Ibiza. Mouais, bien moisie l'idée. J'en suis revenu encore moins fringant. De façon très classique, on commençait nos soirées en buvant des coups en admirant le coucher de soleil au mythique Café del Mar. Je fuis les endroits branchouilles comme la peste mais il faut quand même avouer que le lieu est assez magique quand le soleil tire sa révérence avec danseurs et cracheurs de feu sur la plage. Et puis, il y a cette musique électronique new-age envoûtante qui opère à merveille pour créer une ambiance unique.

C'est plus ou moins ce genre de musique que nous offre Perry Farrell sur son premier album solo*. Ben quoi, vous ne pensiez tout de même pas que le trublion allait faire ce qu'on attendait de lui en sortant une galette bêtement rock ? Il faut rappeler pour comprendre le cheminement de l'album que le visionnaire mégalo venait à l'époque de se casser les dents sur le projet ENIT Festival, un festival itinérant sur le modèle de Lollapalooza mais à vocation intergalactique (le projet est né lors d'une soirée chez Timothy Leary, ceci expliquant cela) et où la musique électronique aurait eu la part belle. La tournée fera long feu et Farrell en sera de sa poche mais le virus de l'électro est en lui et c'est tout naturellement vers ce style qu'il se tourne et qu'il se réinvente en DJ Peretz. Mouais...

L'album brasse large en mélangeant techno, ambient, jungle, dub, reggae et une toute petite dose de rock ici et là. Ça commence et ça termine avec « Happy Birthday Jubilee » sur un rythme drum' n' bass soutenu et dans lequel Farrell refait la découverte de sa judaïté (c'est le thème récurent de l'album). Sonorités électro obligent, le chanteur ne se gène pas pour pousser l'écho, son meilleur ami depuis toujours au maximum sur sa voix. Clairement déconcertant pour le nostalgique de JANE'S ADDICTION qui voudrait toujours y croire. « Song Yet to be Sung » séduit nettement plus avec sa belle ligne de basse et son ambiance planante. « Did You Forget » pourrait être le fruit d'un croisement entre Jane's et THE PRODIGY sans boxer ni dans la cour de l'un, ni dans celle de l'autre. « Shekina » serait du PORNO FOR PYROS passé au filtre électro. Bof. Les chansons défilent et se terminent souvent en fade avant d'avoir pu se développer. On se retient de pouffer à l'écoute de « Say Something » qui sent la spiritualité cheap à plein nez. « King Z » relève un peu le niveau sur trois minutes. On a beau faire preuve d'ouverture d'esprit, on cherche un air qu'on pourra retenir et siffloter sous la douche mais on ne trouve pas.

On comprend vite deux choses à l'écoute de ces morceaux. La première, c'est que Perry Farrell n'est pas assez bon compositeur pour se suffire à lui-même et que mine de rien, ces anciens comparses étaient loin d'être de simples exécutants. Comme quoi ils méritaient peut-être un peu plus de 12,5% de droits d'auteur (cf la chronique de Nothing's Shocking). La seconde, c'est que ce qui fait son effet au Café del Mar d'Ibiza, c'est l'alliance du cadre, du moment (le coucher de soleil) et de la musique. L'établissement commercialise en CD ce qu'on entend en terrasse mais les 23 volumes sortis à ce jour à écouter hors contexte et hors consommations dans la grisaille parisienne, je vous les laisse volontiers. De la même façon, si la musique de l'album solo de Farrell serait parfaite en fond sonore des attractions du festival déjanté du Burning Man, elle ne se suffit pas vraiment à elle-même. Tiens, ça me donne une idée, la prochaine fois que je fais un burn-out, j'irai me ressourcer en faisant le Burning Man. C'est pas une bonne idée ça ?

*Il n'est pas question de prêter ici la moindre attention à Rev, une compilation malhonnête fonctionnant comme un best of de JANE'S ADDICTION et PORNO FOR PYROS avec le morceau-titre seul inédit totalement dispensable.

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   JASPER LEE POP

 
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- Perry Farrell (chant, harpe, programmation)
- Martyn Lenoble (basse)
- Lonnie Marshall (basse)
- Stephen Perkins (batterie)
- Krish Sharma (claviers)
- Ray Mcveigh (guitare)
- Dave Navarro (guitare)
- Jon Brion (guitare, orgue)
- Noko (guitare)
- Thomas Johnson (claviers)
- Chad Bamford (basse)
- Brendan Hawkins (batterie)
- Josh Klinhoffer (guitare)
- Joel Shearer (guitare)
- Ory Hodis (guitare)
- Jennifer Turner (guitare)
- Bikki Johnson (basse)
- Dan Marlot (guitare)
- Winston Watson (batterie)


1. Happy Birthday Jubilee
2. Song Yet To Be Sung
3. Did You Forget
4. Shekina
5. Our Song
6. Say Something
7. Seeds
8. King Z
9. To Me
10. Nua Nua
11. Admit I
12. Happy Birthday Jubilee (reprise)



             



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