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YO LA TENGO - I Can Hear The Heart Beating As One (1997)
Par SEIJITSU le 7 Février 2018          Consultée 330 fois

On serait tenté de sous-estimer YO LA TENGO pour plusieurs raisons.

Ce groupe a mis du temps avant de se trouver. Que ce soit dans sa musique, multipliant les influences, qu’elles soient modernes ou rétro. Ainsi que dans son line-up, d’une effrayante instabilité en dehors du noyau insubmersible qu’est le couple Ira Kaplan / Georgia Hubley.

Ce qui n’a finalement pas changé, c’est leur volonté de piocher dans différents genres pour créer un son sans équivalence. Une démarche qu’on aurait tort de prendre pour un manque de personnalité. Les albums majeurs qu’étaient Painful et Electr-o-Pura démontraient une impressionnante force de réappropriation. En fait, il ne manquait plus qu’un chef d’œuvre pour mettre tout le monde d’accord sur l’importance de ce trio dans le rock indépendant. Une bible référentielle appuyant, non seulement, leur grand talent d’absorbeur d’influences et élargissant, par la même occasion, leur champ d’investigation musical.

I Can Hear the Heart Beating as One est ce chef-d’œuvre.

Un catalogue du savoir-faire de cette formation. Leur incroyable songwriting s’adaptant à tous les styles de musiques avec une facilité déconcertante. Shoegaze (« Deeper Into Movies »), dream pop (« Shadows »), country (« One PM Again »), folk atmosphérique (« Green Arrow »), bossa nova (« Center of Gravity »), krautrock (« Spec Bebop »), noise rock (la magistrale reprise des BEACH BOYS, « Little Honda »), musique électronique (« Autumn Sweater »), drone (« Deeper Into Movies »). Beaucoup passent à la moulinette et ressortent transformées. C’est comme si ces Américains écoutaient ces musiques depuis longtemps pour les comprendre à ce point afin de les jouer dans des formes tendant vers la perfection. Pourtant, rien n’a changé. C’est toujours les mêmes personnes, d’une humilité exemplaire, qui s’amusent à effectuer le grand écart. Qu’il soit dans l’attitude (entre le bruit et les ballades à l’émotion fragile) ou dans la musique (entre l’expérimental et la musique acoustique).

L’autre point fort, c’est l’extrême cohérence du disque. S’il est volontiers plus bigarré que les précédents, il conserve un mystérieux fil conducteur nous empêchant de mégoter sur les contrastes stylistiques qu’on peut entendre. La pochette est admirable de ce point de vue. Elle représente une photographie d’une ville dont les éclatantes lumières semblent indiquer qu’elle baigne dans une nuit tardive. Néanmoins, cette couleur jaunâtre et vive (donnant l’illusion d’une vision infrarouge) entretient une confusion qu’on retrouve dans la musique qu’elle renferme. Car elle-même oscille entre une atmosphère nocturne (« We're an American Band » et tous les autres titres shoegaze à la production très dense) et des pop songs lumineuses à la douceur estivale (« Stockholm Syndrome », « My Little Corner of the World »).
A ce sujet, le travail des voix est de plus en plus fabuleux (à titre d’exemple, la voix de Georgia n’a rien à envier à la douceur de celle d’une Bilinda Butcher sur « My Little Corner of the World ») et l’instrument de James McNew continue d’alimenter en groove les compositions du groupe (la ligne de basse sur l’avant dernière piste est une de ses grandes trouvailles).

Si le folk douceâtre de la piste 12 est le seul moment dispensable de cette sortie, I Can Hear est l’album le plus abouti et le plus parfait des p’tits gars du New Jersey. Sa qualité mélodique, son éclectisme et ses audaces (rien que les dix minutes extraordinaires de « Spec Bebop » ont de quoi rendre très fiers NEU! ou encore FAUST) achèvent d’en faire aussi leur plus ambitieux.

Painful reste, à mon sens, la porte d’entrée idéale pour débuter son pèlerinage en terres YO LA TENGienne. Mais si la conversion se passe bien, cette cathédrale sonore et musicale deviendra une étape incontournable pour mieux comprendre le culte de ces grands de l’indie rock. Sa richesse est telle qu’il s’agit d’un des cinq plus grands disques du genre, rien de moins !

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   SEIJITSU

 
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1. Return To Hot Chicken
2. Moby Octopad
3. Sugarcube
4. Damage
5. Deeper Into Movies
6. Shadows
7. Stockholm Syndrome
8. Autumn Sweater
9. Little Honda
10. Green Arrow
11. One Pm Again
12. The Lie And How We Told It
13. Center Of Gravity
14. Spec Bebop
15. We're An American Band
16. My Little Corner Of The World



             



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