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MUSIQUE ORCHESTRALE  |  E.P

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Georges AURIC - La Grande Vadrouille (bo) (1966)
Par LE KINGBEE le 2 Juillet 2018          Consultée 248 fois

« La Grande Vadrouille » sort au cinéma en décembre 1966. Qui aurait pu penser que cette comédie connaîtrait un si grand succès ? Pendant longtemps, le film va vadrouiller en tête du box-office, on peut même penser que grâce à ses multiples rediffusions télé on a là le film le plus vu du cinéma français.

Et pourtant, rien n’était gagné d’avance, même si le réalisateur Gérard OURY avait fait un carton un an plus tôt avec « Le Corniaud ». Il est à peu près certain que 99% des lecteurs de Forces Parallèles ont vu au moins une fois cette comédie quasi patrimoniale. Rappelons brièvement l’intrigue: un bombardier anglais s’écrase sur Paris en pleine occupation. Les trois aviateurs aidés par deux hommes que tout oppose vont faire l’objet d’une traque infernale. Cette troupe improbable réussira à franchir la ligne de démarcation, les aviateurs parvenant à sauver leur peau en zone libre. Une histoire où tout finit bien.

Surfant sur un sujet qui, au départ, ne prêtait pas forcément à rire, le duo imparable BOURVIL/De FUNES réussit à faire rire la France entière, génération après génération. C’est bien simple, le fait de me remémorer certaines scènes me fait marrer.

Musicalement, le film est presque un néant. Si on se rappelle, parfois mot pour mot, certains dialogues, la bande sonore se retrouve comme happée ou bouffée par la drôlerie du film. On garde en mémoire certes la scène du bain turc : Augustin un modeste peintre en bâtiment et Stanislas Lefort, chef d’orchestre irascible doivent retrouver Big Moustache qu’ils ne connaissent pas dans un Hammam. Comme moyen de reconnaissance, ils ont choisi « Tea For Two ». Standard composé dans les années vingt, le titre a déjà servi de fond sonore à la comédie musicale de Broadway « No No Nanette ». Au fil des années, le morceau est repris par tout un tas d’orchestres de Jazz, subissant des sauces plus ou moins bien concoctées (Rag Time, Boogie, Mambo, Bossa Nova, Cha Cha, Twist) mais aussi par de nombreux vocalistes (Bing CROSBY, Doris DAY, Sarah VAUGHAN, jusqu’à Pat BOONE et Cliff RICHARDS). On retient les versions instrumentales d’Art TATUM, Dave BRUBECK ou Ruby BRAFF. Le morceau fait toujours recette. A l’orée du nouveau millénaire, Smokey ROBINSON et Lisa EKDAHL l'ajoutent à leur répertoire. Les joies du Domaine Public.
Rattaché à la musique américaine et anglo-saxonne, « Tea For Two » sifflé conjointement par Bourvil, De Funes et Terry THOMAS (pas encore Sir) nous vaut une sacrée crise de fou rire. Il fallait trouver un titre qui fasse mouche, simple à siffler et pour tout dire gonflé, car il fallait être burné ou débile pour fredonner cet air dans un Paris occupé par les teutons. On doit cette trouvaille, absente sur ce 45 tours 6 titres, à Georges AURIC.
Compositeur, créateur de symphonies regroupant aussi bien des œuvres pour orchestres, de la musique de chambre, des ballets et des récitals pour piano, ce proche d’Erik SATIE s’est aussi taillé un nom dans le cinéma dès les années trente. Auric est au générique de plusieurs grands films français : « Gribouille », « L’Alibi », « La Belle Et La Bête » de Cocteau ou « Le Salaire De La Peur », mais aussi sur des productions internationales : « De L’Or En Barre » avec Alec Guinness, « Moulin Rouge » (John Huston), « Aimez-vous Brahms ? » (Anatole Litvak), « Opération Opium » (Terence Young). Si son nom demeure peu connu du grand public, le pianiste a un curriculum aussi épais qu’un bottin.
Oury et Auric se sont rencontrés lors de deux tournages, le réalisateur ayant joué comme acteur dans « Détective Du Bon Dieu » (Roger Hamer) et « Le Voyage » (Anatole Litvak » dont les bandes son avaient été confiées à Auric.

« Pense à nous deux », une Java instrumentale, est délivrée ici en deux versions. La première se fait aérienne avec le parachutage de Sir Reginald Brooks alias Big Moustache, Mac Intosh et Cunningham, et leurs rencontre avec Augustin, peintre errant sur son échafaudage, et Stanislas Lefort, chef d’orchestre répétant une symphonie pour un spectacle donné en l’honneur de dignitaires nazis. L’ensemble des cors apporte de la légèreté au début et au milieu du morceau, comme si la mélodie virevoltait dans les airs, tandis que l’accordéon, instrument quasi caricatural du paysage musical gaulois, et une harpe prennent le relai, renforçant ainsi le parisianisme de la situation. La seconde version sur un tempo lent ou moderato met en valeur la rencontre entre notre peintre et Juliette, petite fille d’un marionnettiste de Guignol, rencontre qui débouchera sur une idylle
Curieusement placé en dernière position « La Damnation de Faust », renvoie à une répétition de « La Marche Hongroise », l’un des huit chapitres de l’œuvre de BERLIOZ, et permet d’introduire le personnage autoritaire et égoïste du chef d’orchestre interprété par De Funes. Ce classique nous renvoie à l’excellence des dialogues, Stanislas Lefort reprenant à plusieurs reprises divers membres de son orchestre dont les bavards joueurs de basson joués par Jean Droze et Guy Grosso. La réplique : « C’était pas mauvais, c’était très mauvais, reprenons au 17 » reste attachée au morceau. Le morceau sera repris en grande pompe lors de l’attentat manqué marquant la fuite de nos protagonistes.
« La Marche SS » marque l’entrée à l’Opéra de Paris d’un important état major de l’Allemagne nazie, une joyeuse troupe qui devra bientôt fuir sous les décombres d’un attentat raté. Cette marche puise sur un tempo agressif débouchant sur une ambiance de peur. « Rendez-vous Au Théâtre Guignol » sert de fond sonore à la fuite de Big Moustache et Augustin déguisés en officiers allemands. On se souviendra longtemps du regard réprobateur jeté par une petite fille blonde à Bourvil et de l’appel par Guignol demandant aux deux fuyards de rejoindre la belle Juliette.

Cet EP six titres édité par Riviera, filiale de Barclay, restitue parfaitement certains passages de ce film chargé en scène culte. En dehors de l’absence de « Tea For Two », on regrette l’absence du chant paillard allemand lors de la scène des chaises musicales, celle où le duo Bourvil/De Funès rejoignait l’auberge dirigée par Madame Germaine (Colette Brosset). Même impression avec la fameuse scène des citrouilles, autre passage fort d’un film qui n’a pas pris une ride et qui aujourd’hui encore est capable de faire rire aussi bien les petits que les grands. Il faut noter que ce film considéré comme Culte n’a jamais connu d’album, seules des compilations regroupant plusieurs films de Gérard Oury ont été publiées.

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   LE KINGBEE

 
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- Georges Auric (composition)
- Orchestre National De L'opéra De Paris
- Jacques Météhen (direction)
- Robert Bénédetti (direction)


1. Pense À Nous Deux.
2. Pense À Nous Deux (version Lente).
3. Marche Ss.
4. Sur Paris.
5. Rendez-vous Au Théâtre Guignol.
6. Damnation De Faust.



             



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