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Stefan KAISER - Dreaming In Pink Floyd (2018)
Par BAKER le 3 Juin 2018          Consultée 398 fois

Qu'est-ce que l'originalité ? (NDLR : Eh bien en matière d'intros de critiques de disques, par exemple, c'est pas ça du tout !). Bon, nous sommes d'accord qu'après près de 70 ans d'histoire du 33 tours, ça devient difficile de créer une musique qui sorte des sentiers battus ; mais quand un jeune artiste se réclame ouvertement d'un groupe, tout en proposant une relecture personnelle, où doit s'arrêter notre appréciation du plagiat intelligent, et où doit commencer notre analyse des éléments novateurs ? Ô dilemne, hydre aux yeux d'argent qui ma conscience foudroie ! Bon, reprenons-nous mes amis : Stefan Kaiser donc est un nouvel artiste qui, un peu comme votre serviteur, s'amuse à toucher à peu près tous les instruments existants. Sauf que lui, il est doué, et qu'il a fait un disque. Un disque qui donc annonce la couleur : ce sera, ou devrait être du PINK FLOYD.

Et ça part mal. Oh oui, ça part mal. Car le premier titre, une intro instrumentale, n'a finalement pas grand-chose à voir avec le FLOYD. Par contre, avec le ALAN PARSONS PROJECT, beaucoup plus. Beaucoup trop. La batterie, le groove, le riff, les accords, les sons, c'est franchement abusé. Lorsque le solo de guitare surgit, c'est la honte fatale : Ian BAIRNSON, sors de ce disque ! On a peur : ce n'est pas un hommage, mais une vraie pompe totale et absolue. Si tout le disque est ainsi, l'écoute promet d'être pénible ; même si on trouve rapidement un point positif, à savoir que c'est très, très très bien fait. A tous les instruments, le garçon maîtrise comme un chef, surtout en solo de guitare. Et la production est professionnelle. Sincèrement. Vaut mieux quand on singe Alan PARSONS qui, je le rappelle était ingé son de... ah ben tiens, des PINK FLOYD.

Mais je ne vais pas vous faire languir plus longtemps : le reste du disque oscille entre le déjà mieux et le vraiment bien. Les influences PARSONS ne reviennent pas de façon aussi ostensible, mais sont remplacées effectivement par du FLOYD concentré. Les envolées GILMOURiennes évidemment, mais aussi les solos de synthé assez minimalistes et très respectueux de feu Richard WRIGHT. Et à mesure de l'écoute, on découvre d'autres petites influences : le Mike OLDFIELD de Songs of Distant Earth, le GENESIS période 76/78 sur le refrain de "Run To Me", sans compter le dernier titre qui mélange de tout, du SUPERTRAMP, du 10CC, du WATERS pur et dur, et bien d'autres choses dans un joyeux foutoir, pour ne pas dire un gros bordel (oh ! R2 ! Ne sois pas si grossier !). Le tout n'est pas toujours excellent, le monsieur ayant parfois excessivement recours à une certaine mollesse, surtout en acoustique pure, et son chant peut se montrer faible voire un peu faux lorsque le tempo devient trop lourd.

Mais si vous aimez le space rock ou le rock un peu prog-mais-pas-trop-le-dites-pas-à-ma-mère, ce disque possède une qualité indéniable : malgré sa longueur, malgré SES longueurs, et quelques titres à moitié ratés (la première moitié de "Unique Days", celle de "Run To Me", celle de "Dark and Distant Shore"), l'album est très agréable et se laisse écouter tout du long. Car les secondes parties, elles, contiennent toutes de jolis trésors à déterrer : ici un solo mordant à la "Dogs", là une batterie simple mais dy-na-mique (Ian MOSLEY devrait écouter cet album...), une guitare acoustique très maîtrisée et mise en avant, des bruitages impeccablement gérés... Sans compter que Herr Kaiser a bon goût. Le sample de l'ultime seconde de "Prism Part 2" en est la preuve irréfutable.

C'est donc assez difficile sur le papier de donner son avis sur une œuvre qui se veut totalement sous influence, alors même qu'elle possède quelques embryons (non, plus que ça quand même) de vraie identité. C'est FLOYDien, mais sans penser au FLOYD, et surtout sans penser non plus à RPWL, qui en 2000 avait sorti l'album définitif dans ce domaine. Influences chiptune dans les riffs de synthé, batterie simple mais très instinctive, beaux solos, Stefan Kaiser possède bien des qualités et doit désormais s'affranchir de ses idoles et muscler un poil son propos, car il est largement capable des deux. Et surtout qu'il reste tout seul dans son coin pour l'instant : il se débrouille parfaitement ! Juste, en sortant, refermez bien la porte du studio et profitez-en pour voler son 33 tours de Pyramid, il n'en a plus besoin.

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- Stefan Kaiser (chant, choeurs, claviers, prog, guitare, basse, ba)


1. The Third Eye
2. After The Storm
3. Prism Part 1
4. Unique Days
5. Prism Part 2
6. Big Town In The Sky
7. Run To Me
8. Dark And Distant Shore
9. Ghost In The Machine



             



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