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Alex SKOLNICK TRIO - Last Day In Paradise (2007)
Par SPHERIAN le 1er Août 2007          Consultée 3560 fois

Pour beaucoup de lecteurs de Forces Parallèles, le nom d’Alex Skolnick n’évoquera pas grand-chose. C’est plutôt sur le côté sombre de la force (Nightfall in metal earth) qu’on est habitué à voir le nom du guitariste. Alex fut en effet pendant de nombreuses années (1987-1993) le guitariste du groupe TESTAMENT, considéré par beaucoup comme l’un des pères fondateurs du thrash metal. L’homme possède une aura immense dans le milieu du metal mais c’est ici dans un élément totalement différent qu’on le retrouve. Car après avoir quitté TESTAMENT et avoir brièvement intégré SAVATAGE (autre légende du heavy metal), Alex décida de s’abandonner à son autre passion : l’étude de la guitare jazz. Apres avoir délaissé la côte Ouest pour New York, Alex retourna sur les bancs de la fac et obtint son diplôme de la New School University’s jazz programme. Il fit aussi de nombreuses rencontres, dont celle de Matt Zebroski, batteur prodige et fan de TESTAMENT. Fin 2001, Le Alex Skolnick trio débarquait avec un concept novateur (et un peu loufoque): revisiter en version jazz des grands classiques du hard rock et du metal ! Ainsi, le premier album « Goodbye to Romance » contenait des versions jazz/latin de « War Pigs » (BLACK SABBATH), « Still loving you » (SCORPIONS) ou autre « Pinball wizard » (The WHO)… autant dire que ça vaut le détour !

Le 3ème album du trio auquel on s’intéresse aujourd’hui s’écarte quelque peu du concept inauguré par le groupe, celui-ci se composant de 7 titres originaux et de 3 « reprises » de standards rock (dont le fabuleux titre de RUSH « Tom Sawyer ») réarrangées à la sauce jazz. Autant l’avouer, les titres originaux composés par le trio sont absolument fabuleux et proposent un mélange d’ambiances planantes et de sonorités assez impressionnantes. La virtuosité de Matt Zebroski (batterie) et de Nathan Peck (double bass) est indiscutable et s’avère le complément idéal de la guitare typiquement jazz de Skolnick. Le fantôme de Metheny et des premiers opus du Pat Metheny Group (« PMG », « Offramp ») se fait sentir sur quelques titres (« Mercury retrograde », « Channel 4 ») et l’on navigue entre le jazz ambiant (« Last day in Paradise »), le swing («Channel 4 »), le latin (« Practica lo que predicas ») et même le rock sudiste (le groovy «Western Sabbath Stomp »). L’utilisation de boucles (loops) et de l’électronique est extrêmement bien sentie (« Last day of paradise ») et la production est absolument parfaite, laissant résonner les harmoniques de la batterie pour créer cette impression d’espace nécessaire au jeu en trio.

Tous les titres de la galette sont de qualité égale et même si quelques écoutes sont nécessaires pour apprivoiser le disque (probablement à cause de la diversité des styles abordés), on se surprend à presser « play » dès que les dernières notes de « Western Sabbath Stomp » résonnent, juste pour le plaisir d’écouter les superbes mélodies vocales de « Mercury retrograde ».

Venons-en maintenant aux 3 titres « curiosité » de cet album, je veux bien sûr parler des reprises réarrangées sauce jazz des standards du rock. « Tom Sawyer » du super- groupe canadien RUSH est un morceau typique de rock progressif et la transposition de ce long titre alambiqué est extrêmement osée en soi. L’exercice est réussi avec brio et même si on tend parfois l’oreil pour tenter de reconnaître certains passages clés, cette adaptation donne une nouvelle dimension à l’original. Le final reprend ses droits, le groupe sonnant plus fusion que purement jazzy mais ce n’est pas pour me déplaire ! La seconde adaptation est le titre « Revelation (Mother Earth) » écrit par Ozzy Osbourne et Rhandy Roads pour l’album solo de Osbourne « Blizzard of Ozz ». Je ne suis pas très familier avec l’original (ayant une sainte horreur de la musique de SABBATH et du chant d’Ozzy !) mais cette version posée, toute en alternances dynamiques, m’a vraiment donné envie de la découvrir. Nathan Peck s’impose en leader durant un énorme solo de double basse.

C’est le titre de TESTAMENT « Practice what you preach », un brûlot thrash dans sa version originale qui reçoit selon moi le meilleur traitement. En devenant « Practica lo que predicas », cette version bossa est aussi enflammée que sa grande soeur et n’a vraiment pas à rougir. Zebroski et Peck se mettent tour à tour en avant pour des superbes soli. Il a fallu que je réécoute l’originale pour m’assurer que c’était la même chanson ! Dommage qu’Alex n’ait pas tenté de chanter cette nouvelle version !

On a donc ici un superbe album de guitare jazz ambiant avec un concept original. Pour une expérience complète, procurez-vous un album de TESTAMENT et passez ensuite à ce « Last day in paradise ». Le chemin parcouru par Alex Skolnick depuis 20 ans est vraiment impressionnant et témoigne d’une grande maturité artistique. J'attends la suite avec impatience.

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   SPHERIAN

 
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- Alex Skolnick (guitares)
- Nathan Peck (double basse)
- Matt Zebroski (batterie)


- Last Day In Paradise
1. Mercury Retrograde
2. Last Day In Paradise
3. Tom Sawyer
4. Shades Of Grey
5. Practica Lo Que Predicas (practice What You Preach
6. The Lizard
7. Channel Four
8. Revelation Mother Earth
9. Out There Somewhere
10. Western Sabbath Stomp



             



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