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BLANKASS - Elliott (2005)
Par ELLIOTT le 8 Décembre 2007          Consultée 3313 fois

Pour un artiste, le quatrième album se doit d’être particulier ("Tostaki" de Noir Désir, Téléphone avec "Dure limite"…). Il s’agit, effectivement, d’y montrer des signes d’évolution, de conserver les ingrédients majeurs qui ont fait sa réputation, quel que soit le virage amorcé. En somme, il lui faut peaufiner une valeur que l’on attribue désormais au premier péquin venu, prêt à pousser la chansonnette devant les caméras, et que l’on appelle "l’univers". Moins casse-gueule qu’un deuxième exercice, il trahit néanmoins souvent le devenir de son auteur, donne des bribes d’indication quant à savoir si la source se tarit ou si le meilleur reste à venir. Les premières secondes d’"Elliott" (hommage à Elliott Smith) montre que ce "Blankass-saison 4" lorgne vers la seconde option.

Confirmant une évolution entamée avec "L’homme fleur" (2003), les Berrichons accouchent d’une galette quasi parfaite. La patte est là. On navigue en eaux connues (même si l’accordéon se fait beaucoup plus discret, pour ne pas dire confidentiel) mais il y a quelque chose en plus. Un quelque chose difficilement palpable, comme une sorte de mélange entre maturité, liberté et inspiration... Pour aller droit au but, il n’est pas nécessaire d’écouter douze fois cet album pour comprendre qu’il possède autant de qualités que le personnage de "Mon drapeau" ne compte de morceaux sur son sac à dos. Inspirée d’une nouvelle d’Herman Hesse ("Knulp") narrant l’histoire d’un vagabond qui a préféré le rêve aux conventions sociales, cette fable constitue d’ailleurs l’un des deux temps forts d’"Elliott" (par ailleurs titre de travail du dit morceau). Plus qu’une ouverture d’album comme le groupe a toujours su en proposer, voilà qu’il accouche ici d’une sorte d’hymne auquel la route va donner tout son sens.

Le reste du disque est du même tonneau, à l’exception peut-être d’un "Ce qu’on se doit" un brin amorphe, musicalement parlant. Du single "Fatigué" (petit clin d’œil au "Bonnie & Clyde" de Gainsbourg ?) au magistral et taillé pour la scène "La faille" (l’autre sommet de l’album), le groupe aligne une série de titres qui sont autant de tubes ("Au Costes à côté" et son ambiance feutrée, "Je n’avais pas vu", "Qui que tu sois", auquel participe Manu Monet de Dolly, ou encore "Le passage"). Tous ont en commun une qualité essentielle permettant à un disque de traverser les années sans rien ne perdre de sa richesse : la fraîcheur.
A l’image d’un nez avec son parfum, les frères Ledoux et leurs acolytes ont enfin trouvé le parfait dosage entre écriture et production. Car "Elliott" est également à ce dernier niveau une merveille. Aussi pure que limpide. Le parfait équilibre entre la forme et le fond. Sans la première, les auteurs de "La couleur de blés" n’auraient pondu qu’un bon album. Sans le second, le travail d’architecte de Johan Ledoux, John Hanlon (Neil Young, REM) dans une moindre mesure, et surtout celui d’Ian Caple (Tricky, Bashung) au mixage aurait eu autant d’impact qu’un trou dans l’eau.
Si la majorité des titres de l’album donnent cette impression de respirer à pleins poumons ("Le passage", "Mon drapeau", "Qui que tu sois") c’est grâce à ce dernier. Si l’odeur de la sciure, mêlée à celle du pastis et du tabac froid, vous chatouille les narines lorsque Guillaume Ledoux évoque, dans "Au Costes à côtés", ce "café juste au coin" où "ça sent bon la canaille, les jeux à gratter" et autres "sandwiches à dix balles", c’est encore, en grande partie, grâce à Caple.

En s’éloignant un tantinet des sonorités rock, ou plutôt en y intégrant les ingrédients d’une pop d’excellente facture, Blankass signe son disque le plus anglais. Un virage qui lui réussit plutôt bien puisque le groupe signe-là son meilleur opus. Et lorsqu’on connaît les qualités de son prédécesseur, on mesure combien ce sont-là des paroles bien pesées.

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   ELLIOTT

 
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- Guillaume Ledoux (chant, guitare, accordéon)
- Johan Ledoux (guitares, claviers, basse, harmonica)
- Bruno Marande (basse, guitare)
- Olivier Robineau (batterie, percussions)
- Philippe Ribaudeau (mélodica, flûte, saxophone)
- Nicolas Bravin (guitares)
- Cédric Milard (piano, fender rhodes, orgue hammond, mellotron)


1. Mon Drapeau
2. Fatigué
3. Qui Que Tu Sois
4. Au Costes à Côté
5. Le Passage
6. Je N'avais Pas Vu
7. Le Prix
8. Soleil Inconnu
9. Ce Qu'on Se Doit
10. La Faille



             



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