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VARIÉTÉ FRANÇAISE  |  STUDIO

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2005 Elliott
2012 1 Les Chevals
2023 Si Possible Heureux
 

- Style : Déportivo, Eiffel
 

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BLANKASS - Si Possible Heureux (2023)
Par GEGERS le 26 Avril 2023          Consultée 1738 fois

Je reécoutais "Mondiale idée" en sirotant une 1664 au citron (décidément, tout fout le camp), et en me disant que BLANKASS aurait du avoir la carrière d'un TRYO, d'un MATMATAH ou d'un LOUISE ATTAQUE. Sans qu'on puisse vraiment l'expliquer, le groupe berrichon a échoué au pied du podium durant cette période dorée pour le rock français qu'aura été le tournant du siècle nouveau. Mais les choses ont-elles réellement merdé ? Après tout, combien de prétendants et combien d'élus ? D'autant plus que, finalement, BLANKASS aura durant cette première période accouché de 4 albums intègres et cohérents, qui ont fort bien vieilli. Si la décennie 2010 aura été plus incertaine, le groupe semble avoir décidé de replacer sa carrière sur de bons rails en 2020, proposant un sixième album remarqué. Et puis, voici que les frères Ledoux nous reviennent en ce printemps 2023 avec Si Possible Heureux, un septième album lumineux, auberge espagnole musicale qui témoigne d'une envie (d'un besoin ?) d'évolution du groupe. Et en sirotant ma 1664, "Pour la lumière" dans les oreilles, je me dis que, en 2023 le rock français aurait pu retrouver un de ses meilleurs éléments. Il n'en est rien.

Cet album est l'histoire d'un rendez-vous manqué, car Si Possible Heureux ne porte pas vraiment l'héritage de cette période faste qu'aura été la première partie de carrière de BLANKASS. Non, comme son prédécesseur direct, et dans une même mesure le plus rock Les Chevals, ce septième album navigue dans des eaux teintées de pop, de folk, un peu de rock et d'électro, dans une ambiance bariolée de laquelle ressort un étrange et dérangeant sentiment de facilité. Naturellement, les BLANKASS ont vieilli, et n'ont certainement pas pour plan de carrière la recherche d'un passé perdu. Simplement, à la comparaison, l'impression que le groupe a baissé son niveau d'exigence en termes d'écriture et de composition vient nous déranger quelque peu aux entournures.

Il y a de bonnes choses naturellement sur ce nouvel album, le talent ne s'étiole pas. On apprécie ainsi le duo d'ouverture "Comment sèchent les fleurs" / "Cet incident", qui mettent les guitares acoustiques en avant, et permettent de savourer cette alchimie viscérale qui règne entre les instruments et la voix de Guillaume Ledoux, qui exhale une mélancolie dans laquelle on se roule comme dans une couverture. Le piano, la basse ronde et les instruments à cordes frottées font de ce morceau inaugural une douceur tendre qui transpire de l'identité BLANKASS par tous les pores.

"Manqué", tentative de produire un tube variété-folk avec le chanteur VIANNEY dont l'insupportable voix nasillarde rend le morceau difficilement écoutable, est la première déception de cet album. Les paroles simplistes, sans enjeu, détonnent avec l'exigence passée du groupe, qui semblait ne vouloir prendre le micro que lorsqu'il avait quelque chose d'intéressant à dire. Ici, la platitude d'un texte mis en musique à grands renforts de "Oh oh oh" qui feront frémir de plaisir... personne, en fait, rendent caduques cette tentative de BLANKASS de proposer un album à la hauteur de sa réputation. C'est dommage, et d'autres morceaux totalement superflus viennent parasiter l'album, notamment "Je sais que tu sais", énième tentative de proposer un morceau radio-diffusable, engoncé dans des arrangements électro dépassés avant même leur enregistrements, de même que cette reprise pleine de suffisance du morceau "Message Personnel" (Françoise Hardy / Michel Berger). Les bonnes idées se voient ainsi affaiblies. Il y en avait pourtant quelques unes, à commencer par le morceau-titre, "Si Possible Heureux", interprété en duo avec Gauvain Sers, ballade folk empreinte d'une nostalgie positive, portée par une mélodie séduisante, et notamment un refrain délicieux, enrobé d'un violon délicat, qui renforce la chaleur de la voix de Guillaume Ledoux. Un délice. Il y a également de la vie et de l'inspiration sur "Un million", interprété en compagnie de Stephan Eicher qui, disons-le tout net, est ici l'artisan principal de la beauté de ce morceau porté par un piano intense et une mélodie pleine de grâce. En fin d'album, "Du papier, des crayons", hommage au dessinateur Tignous, fait preuve d'une retenue et d'une sobriété appréciable, qui rappelle le début des années 2000. Très réussi.

Cela reste néanmoins un peu léger, puisqu'une bonne moitié de l'album nous semble ici indigne du niveau de BLANKASS, qui par moments semble chercher l'accroche, fait rimer des mots au forceps, assène des mélodies abrutissantes pour aguicher les médias. Cette ambivalence entre d'un côté cette facilité dommageable et de l'autre cette exigence intacte, qui donne naissance à des pièces splendides, laisse une amertume en bouche qui nous empêche d'apprécier pleinement ce septième album varié et dont chacun pourra juger, selon son goût, de la réussite ou de l'échec.

2,5/5

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   GEGERS

 
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- Guillaume Ledoux (chant)
- Johan Ledoux (chant, guitare)
- Charlie Poggio (batterie)
- Cédric Milard (claviers)
- Alain Verderosa (basse)
- Jérôme Legrand (guitare)


1. Comment Sèchent Les Fleurs
2. Cet Incident
3. Manqué
4. Si Possible Heureux
5. Je Sais Que Tu Sais
6. Un Million
7. Pas D’autre Toi
8. Enfants / ДeТИ
9. Changer D’époque
10. Message Personnel
11. Du Papier, Des Crayons



             



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