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POLYGON WINDOW - Surfing On Sine Waves (1993)
Par SASKATCHEWAN le 7 Février 2008          Consultée 3028 fois

Parmi les alias éphémères de Richard D. JAMES (plus connu sous le pseudo d’APHEX TWIN), il en est un qui requiert une attention toute particulière. Le nom de POLYGON WINDOW est apparu pour la première fois sur la légendaire compilation Artificial Intelligence Volume 1 de Warp sortie en 1992, non en tant que pseudo, mais en tant que titre d’un morceau réalisé par Richard D. JAMES pour l’occasion, sous le pseudo de THE DICE-MAN cette fois-ci. L’année suivante, après le succès des premiers travaux d’APHEX TWIN (Digeridoo, Selected Ambient Works 85-92 et Xylem Tube), Warp décide de signer définitivement le nouveau prodige de l’électro anglaise. Fidèle à son principe de choisir un pseudo pour chaque label, notre toute jeune Cornouaillais ressort le nom de POLYGON WINDOW pour un album : Surfing On Sine Waves ; et un single : Quoth.

En premier lieu, il faut savoir que Surfing On Sine Waves a été produit dans un contexte bien particulier. J’ai déjà mentionné la compilation Artificial Intelligence qui avait propulsé le label Warp sur le devant de la scène de l’électro expérimentale au Royaume-Uni. Surfant sur ce succès précoce, les pontes de Warp (alors simples amateurs de musique électronique sans le sous) décident de donner suite à cette première compilation en produisant les albums de quelques uns des artistes les plus prometteurs du moment, réunis sous l’appellation « Artificial Intelligence ». Des noms aussi respectés que BLACK DOG, B12, F.U.S.E., SPEEDY J et AUTECHRE participent à l’évènement avec Richard D. JAMES, avec pour principale ambition de révolutionner la musique électronique (rien que ça). Je ne m’étendrai pas plus sur le caractère absolument incontournable de ces six sorties, je risquerais de baver sur ma chemise toute neuve.

L’album commence par « Polygon Window » et « Audax Powder », qui ne sont pas sans rappeler le Selected Ambient Works 85-92. On retrouve peu ou prou les mêmes structures (l’intro de « Audax Powder » achèvera de vous convaincre) et surtout la superposition des boîtes à rythmes et des synthétiseurs chère à Richard D. JAMES. En ce sens Surfing On Sine Waves perfectionne le style adopté sur SAW 85-92 puisqu’il bénéficie d’un son nettement plus propre, tout en conservant la part émotionnelle de son prédécesseur. Le rêve, la mélancolie et l’émerveillement sont autant de sensations et de sentiments qui parcourent les deux albums, avec une pointe de nostalgie en moins sur ce dernier essai.

Le single de l’album : « Quoth », est beaucoup plus orienté Techno. On pense notamment à « Tamphex (Hedphuq Mix) » présent sur Xylem Tube, ou à l’EP Digeridoo dans son ensemble pour le côté hypnotique de la musique. Fait rare chez Richard D. JAMES, « Quoth » est dénué de toute trace de synthé, pour ne laisser place qu’aux boîtes à rythmes. L’intérêt de ce morceau singulier réside principalement dans les subtiles variations de rythme qui s’enchaînent cinq minutes durant, sans jamais donner l’impression d’être répétitif (et pourtant, ça l’est).

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Surfing On Sine Waves est un album varié. Des développements Acid et Techno du début, on passe à une musique résolument Ambient Techno sur le reste du disque. En témoignent « Quixote » ou « Supremacy II », véritables incarnations du genre. De longues notes au synthétiseur se superposent sur un beat techno lancinant, pour un résultat qui tranche avec la majorité des productions de l’époque. En effet, loin de se situer dans une opposition classique entre rythme et mélodie en penchant pour l’un ou pour l’autre, chaque album de la série « Artificial Intelligence » est à la recherche d’un compromis musical entre danse et écoute de salon. Si la réalité des faits place la musique de POLYGON WINDOW et des cinq autres artistes plutôt dans la seconde catégorie, la recherche d’un côté dansant devait perdurer par la suite, notamment avec la popularisation du terme IDM (Intelligent Dance Music) après la sortie de la compilation Artificial Intelligence Volume 2 en 1994.

Exempt de toute baisse de régime, Surfing On Sine Waves atteint des sommets sur « If It Really Is Me », pièce maîtresse de l’album. Sur ce titre, l’harmonie entre les boîtes à rythme et le synthé atteint son paroxysme. La mélodie est entêtante et délicate au possible, les samples de voix à la « We Are The Music Makers » (voir Saw 85-92) ne font que rendre plus profond le songe dans lequel « If It Really Is Me » plonge son auditeur. Un synthétiseur aux allures de piano donne même une étoffe presque orchestrale à la musique, véritable précurseur du piano préparé présent sur l’album Drukqs (huit ans en avance, quand même).

Drukqs n’est pas le seul à être devancé par Surfing On Sine Waves. « Supremacy II » et la septième piste (sans titre) auraient très bien pu trouver leur place sur …I Care Because You Do, de part leurs boucles synthétiques froides qui se mêlent aux nappes de synthé. Là où je suis vraiment bluffé, c’est sur Quino-Phec. Ce long titre Ambient (la boîte à rythme est très en retrait) correspond exactement à ce qu’APHEX TWIN réalisera sur le Selected Ambient Works Volume II l’année suivante. La position de ce morceau en fin de disque (même après l’ajout des deux bonus « Portreath Harbour et « Redruth School » sur la réédition de 2000) ne fait que confirmer l’aspect « conscient » de la démarche : Richard D. JAMES sait exactement ce qu’il fait d’un album à l’autre et s’arrange pour maintenir une certaine cohérence tout le long de sa discographie. Cette dernière affirmation pourra étonner ceux qui voient en lui un trublion touche-à-tout (ce qu’il est aussi), mais je pense que derrière la multiplication apparemment anarchique des pseudos et des genres musicaux, il y a une véritable évolution musicale.

L’évolution, c’est bien ce qui caractérise ce Surfing On Sine Waves. On passe par tous les aspects de la musique de Richard D. JAMES première période (et même plus loin), sans jamais tomber dans un catalogue sans queue ni tête de diverses lubies (qui a dit Drukqs ?). Bien plus que Selected Ambient Works 85-92 qui peut se révéler assez daté, je recommande chaudement cet unique album de POLYGON WINDOW pour se faire une idée de ce qu’APHEX TWIN et ses petits copains de Warp ont commis de génial au début des années 90. Un disque à réécouter encore et encore pour en discerner les moindres nuances, avec à la clef un plaisir sans fin à l’égal de celui que procure le Richard D. James Album.

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- Richard D. 'polygon Window' James (tout)


1. Polygon Window
2. Audax Powder
3. Quoth
4. If It Really Is Me
5. Supremacy Ii
6. Ut1-dot
7. Sans Titre
8. Quixote
9. Portreath Harbour
10. Redruth School
11. Quino-phec



             



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