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POST-PUNK ATYPIQUE  |  STUDIO

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1982 Seven Songs

23 SKIDOO - Seven Songs (1982)
Par K-ZEN le 22 Novembre 2024          Consultée 167 fois

23 SKIDOO est un bien curieux choix pour intituler son projet musical, a fortiori venant d’un jeune trio punk formé à Londres courant 1979.

Ce groupe nominal est emprunté à la trilogie satirique Illuminatus ! élaborée par Robert Anton Wilson et Robert Shea en 1975, bien que le terme apparaisse déjà auparavant dans les travaux de William S. Burroughs et Aleister Crowley. Il s’agit d’une expression argotique typiquement américaine signifiant partir rapidement et au moment opportun. Plus qu’une simple tête de gondole, le collectif en tirerait un quasi-credo auquel il tenterait de se tenir : ne jamais enregistrer la même chose et toujours là où on ne l attend pas.

En 1980, 23 SKIDOO est un quartet mais cela n’est que provisoire. En effet, à la sortie physique du premier single "Ethics" produit par Mark BEDFORD des MADNESS, Alex TURNBULL (batterie, percussions et basse) ainsi que Tom HESLOP (vocaux, saxophone et synthés) ont déjà rejoint le batteur Fritz CATLIN, les guitariste Sam MILLS et Johnny TURNBULL et le bassiste Patrick GRIFFITHS et ainsi rendu quelque peu caduc ce titre punk-funk.

Brassant une foule d’influences diverses, 23 SKIDOO commence à se représenter abondamment en 1981, aidé des visuels créés par l’étudiant en cinéma Richard Heslop. Le show au North London Polytechnic en compagnie de A CERTAIN RATIO et BUSH TETRAS le 27 mars est un tournant jalonnant la jeune carrière du groupe. Il y obtient son premier papier majeur dans la presse, le New Music Express publiant l’article élogieux de Paul Morley, mais également un contrat avec Fetish Records, petite structure ayant commencé à presser les travaux de formations no wave et funk new-yorkaises.

Les Anglais se repositionnent ensuite en quintet après le départ de GRIFFITHS vers des horizons parisiens et ne se cantonnent plus exclusivement à un instrument en particulier. Pour leur premier single labellisé Fetish, ils choisissent une chanson plutôt commerciale et accessible "Last Words" accompagnée d’un instrumental plus sombre qui ouvre typiquement leurs spectacles. Le massif "The Gospel Comes to New Guinea" impose une tension nerveuse dont il est difficile de se dépareiller une fois injectée.

Cet enregistrement, co-produit par Stephen MALLINDER des CABARET VOLTAIRE, confirme un rapprochement palpable avec la scène industrielle britannique, Fetish hébergeant CLOCK DVA ou les radicaux THROBBING GRISTLE. Ces derniers seront d’ailleurs choisis afin de produire l’inaugural E.P de 23 SKIDOO, transformé en album via l’adjonction de pièces spontanées et expérimentales, Tony, Terry et David cachant en réalité Genesis P-ORRIDGE, Peter CHRISTOPHERSON et Ken THOMAS.

Seven Songs, enregistré fin novembre 1981 en trois jours, arrive suite à une Peel Session pour le moins impressionnante et consacre la mixture unique concoctée par les Anglais, entre funk au groove imparable évoquant immanquablement A CERTAIN RATIO voire FRONT 242 et l’EBM naissant (terrible ouverture "Kundalini"), indus et musique ethnique, prenant le relais du tout frais My Life in the Bush of Ghosts sorti un an auparavant et annonçant l’essor de la world music – le groupe sera d’ailleurs au festival WOMAD, lancé par Peter GABRIEL en 1982.

Juste après les sessions, les frères TURNBULL partent pour trois mois vers Singapour, région du monde dont ils sont originaires, n’anticipant pas le moins du monde un potentiel succès critique et commercial qui sera pourtant au rendez-vous, Seven Songs se hissant à la hauteur de Sextet, second album des CERTAIN RATIO. Pendant leur absence, 23 SKIDOO continue ses activités en comité réduit, le trio CATLIN/MILLS/HESLOP gravant l’E.P Tearing Up the Plans vierge de toute guitare ou basse. Encore plus radical, le groupe nous y livre "Gregouka", procession tibétaine dont l’austérité dépasse largement celle accueillant Tintin et le capitaine Haddock à la suite de leur dangereuse visite du repère du Yéti. La collaboration avec Tim SOAR "Just Like Everybody" donne à entendre l’agent de la CIA Frank Turpel et annonce la future culture du sample via la manipulation de bandes.

Les rééditions de Seven Songs réalisées en 2008 y adjoignent Last Words ainsi que Tearing Up the Plans, offrant ainsi un regard complet sur la première partie de carrière du groupe singulier qu’est 23 SKIDOO.

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- Fritz Catlin (batterie, bandes, chant, violon, basse, guitare)
- Tom Heslop (chant, saxophone, piano, effets)
- Sam Mills (chant, basse, guitare, piano, batterie)
- Alex Turnbull (percussions, chant, trompette, batterie, basse, ch)
- Johnny Turnbull (percussions, chant, guitare, bandes, congas, basse)
- +
- Tim Soar (bandes)


1. Kundalini
2. Vegas El Bandito
3. Mary’s Operation
4. Lock Groove
5. New Testament
6. Iy
7. Porno Base
8. Quiet Pillage
9. Last Words
10. The Gospel Comes To New Guinea
11. Tearing Up The Plans Pt. 1
12. Tearing Up The Plans Pt. 2
13. Just Like Everybody
14. Gregouka



             



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