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- Style : Amon Tobin

Frank RIGGIO - Anamorphose (2008)
Par SASKATCHEWAN le 8 Décembre 2008          Consultée 3012 fois

L’art de l’accroche est un art périlleux. Pourtant, les sujets pullulent : le titre de l’album, la vie de l’artiste, la métaphysique, la crise financière, Barrack Obama… On aurait tort de se plaindre, un lien logique est à peine nécessaire, l’esbroufe tout juste requise (le statut de sélection du site procure certains avantages). Alors finalement, l’accroche, en fait d’art périlleux, ce n’est que ça :

Barrack Obama à peine élu, alors que la crise financière égaie tous les éditoriaux à travers le monde, Frank RIGGIO sort Anamorphose, un titre d’album aux belles consonances métaphysiques.

Voilà, il ne reste plus qu’à enchaîner avec les informations de rigueurs :

Anamorphose est le deuxième album du Toulousain Frank RIGGIO et possède une belle pochette bleue.

Le bleu, la mer, l’océan, Ocean 11. Ocean 11 qui est un film. Un film avec une musique, une musique de film (mais si, la chanson d’Elvis là !). Parfois, la musique constitue le seul intérêt du film. D’où l’idée de faire une musique de film sans film. Et bing ! Le voilà le rapport avec Frank RIGGIO, qui ne fait pas de films, mais bien de la musique, une musique de film, mais sans film, puisque les gens qui font des films, ceux-là même qui auraient besoin d’une musique de film, et bien, tenez-vous bien, ils ignorent royalement les gens comme Frank RIGGIO, qui font de la musique de film sans film, ce qui peut s’avérer bien pratique quand on a un film sans musique. Dès lors, deux choix s’offrent à nous : ou bien embrayer sur une histoire de papous papas à poux pas papas dont la plus brillante transition ne saurait nous tirer, ou bien revenir à des propos plus sensés, qui mettraient en lumière l’aspect cinématographique évident de la musique de Frank RIGGIO. Oui mais, cinématographique, dans quel sens ? Eh bien au sens où, tout au long de l’album, une certaine classe filmesque se dégage des compositions, façon filtre sépia et vieux chapeau de détective. Ainsi, l’auditeur, ce vieux grincheux tatillon, est poussé à mettre son petit cortex en branle pour élaborer l’image qui va avec le son, le film de tout à l’heure, sans bobine ni caméra. Anamorphose fait donc appel à l’imagination, qui a au moins le mérite de rester une valeur stable dans cette Bérézina boursière.

Frank RIGGIO, sur Anamorphose, a donc conservé les qualités présentes sur Visible In Darkness, parmi lesquelles l’ambiance cinématographique qui transpire de ses morceaux. « Robots Designes By Robots » par exemple, est un morceau qui cherche son film de Science-Fiction, au-delà même du titre. On retrouve également l’influence tobinienne, dont l’assimilation se poursuit, voire s’achève, sur ce second opus. Ainsi « Statis Vampire », avec ses rythmiques hachées, ses cliquetis métalliques, rappelle Foley Room, qui n’est pas la moindre des références.
De plus, Anamorphose bénéficie, comme son prédécesseur, d’un art du sampling consommé. Les fondus, les breaks, les passages acoustiques, comme le piano de « Natural Trip », s’enchaînent et s’imbriquent avec aisance.

Cependant, Anamorphose n’est pas une redite de l’album précédent. On assiste, sur ce second opus, à la naissance d’une « patte RIGGIO », une sorte de B.O. qui conjuguerait sonorités métalliques et influences orientales, comme sur « Walk Under A Thundery Sky ». Anamorphose possède tout simplement « quelque chose » de plus que le premier essai du Toulousain. On pourrait appeler ça le « charme », ce petit « truc » qui fait que l’on réécoute l’album avec plaisir, que l’on sélectionne les morceaux marquants avec un soin méticuleux, pour au final retenir la majorité des compostions de l’album. On retiendra donc, en plus des morceaux déjà cités : « Anamorphose », brillante ouverture ; « Blind City », époustouflante ; « The Molting Cycle » ; « From The Film » et « Cicatrice ».

Certes, Anamorphose n’est pas d’une originalité renversante : le genre est établi depuis longtemps. Mais l’intérêt de ce disque est ailleurs. Anamorphose est une ambiance, une richesse sonore que l’on décortique, un album qui a le mérite de peupler une bien morne fin d’année, tout simplement.

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- Frang Riggio (tout)


1. Anamorphose
2. Natural Trip
3. Robots Designed By Robots
4. Walk Under A Thundery Sky
5. Ogo
6. Blind City
7. The Sounds Manipulated
8. Molting Cycle
9. Derdra Silodar
10. From The Film
11. Platonic
12. Cicatrice
13. Statis Vampire
14. Father Phazer Fader Flanger



             



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