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COSMIK CONNECTION - Grand Panache ! (2006)
Par SASKATCHEWAN le 27 Juillet 2009          Consultée 1498 fois

Une intro, ça doit foutre un grand coup de crosse de hockey sur la nuque du gardien de but, ça doit faire décoller le flamby de son pot, ça doit faire bondir les gamins sur leur tricycle, sinon, point de salut. Il faut mettre du cœur à l’ouvrage, surprendre l’auditeur, annoncer la couleur… Exemple : « Abstract », de COSMIK CONNECTION, qui ouvre leur troisième album : Grand Panache. « Abstract » ne fait pas dans la finesse et plante le décor musical en moins d’une minute. Le saxophone, la batterie et les boucles synthétiques déboulent sans crier gare et dans le plus parfait désordre, comme pour une répétition générale avant de balancer la sauce. D’emblée, le duo parisien composé de Gaël Horellou et de Philippe Garcia affiche son identité : un hybride de Jazz et de musique électronique, un couple saxophone/batterie qui va chercher ses accompagnements dans le Breakcore et le Drum n’Bass.

COSMIK CONNECTION se présente donc comme une bizarrerie de plus dans le monde bigarré de l’électro expérimentale, avec une batterie « à l’ancienne » en lieu et place de la boîte à rythme. Dans un genre musical où le summum de la nostalgie consiste à reprendre les vieilleries analogiques de chez Roland et Yamaha, la batterie de Philippe Garcia apparaît comme une hérésie bienvenue. Et puis qui a dit que la musique électronique devait se passer de tous ces instruments géniaux en bois, acier et peaux de chèvres ? Mieux encore, COSMIK CONNECTION échappe au topos de l’ambiance film noir qui guette tous les agités du saxophone qui s’entichent de boucles synthétiques. Mais on aime bien Amon TOBIN quand même hein !

Cette ultime originalité, nos deux compères parisiens la doivent aux bons génies de l’électro furieusement rythmée, qui empêchent ce Grand Panache de se couler dans l’atmosphère moite d’un tripot clandestin des années trente. Au contraire, COSMIK CONNECTION s’oriente résolument vers une modernité bondissante et délirante, qui révèle tout le potentiel du saxophone dans un registre déjanté. Certes, les amateurs d’expérimentations Jazz le savaient déjà, mais c’est justement ce lien entre expérimentations « cuivrées » et « synthétiques » qui fait tout le sel de ce troisième album. J’ajouterais, en guise de cerise sur le gâteau, que le jeu de batterie de Philippe Garcia est tout simplement renversant, au point d’égaler les constructions rythmiques synthétiques les plus alambiquées.

Bon, tout n’est pas rose non plus sur ce Grand Panache. D’abord, il faut être prêt à « bouffer du rythme » jusqu’à l’indigestion. En effet, la musique de COSMIK CONNECTION est très peu aérée, et cette propension du rythme à tout recouvrir, alliée aux stridences du saxophone, provoque à la longue un effet assez bourratif. Ce sentiment est encore renforcé par la profusion des titres (pas moins de dix-huit) et la longueur relativement importante du disque (une heure), ce qui est assez inhabituel pour un assaut rythmique de cette densité ; ce n’est pas un hasard si les disques de Breakcore sont généralement assez courts.
Ensuite, il faut bien avouer que la présence massive de samples de voix est assez gênante à la longue. Certes, le procédé n’a rien d’inhabituel : de nombreux compositeurs de Techno, et plus encore d’Acid et de Breakcore, font un large usage des voix, en témoignent CEEPHAX et VENETIAN SNARES. Mais sur Grand Panache, le choix des samples s’avère parfois malheureux, ce qui est d’autant plus gênant qu’ils sont omniprésents. Ainsi, sur « Juncos », un analyste livre son opinion sur la théorie de « choc des civilisations » de Samuel Huntington et son « Paradigm to control people » est répétée en boucle de manière assez lassante tout au long du morceau.

Tout cela reste néanmoins de l’ordre du chipotage et il faut bien dire que les « défauts » relevés sont plus ceux du genre en général que de COSMIK CONNECTION en particulier. Grand Panache reste donc un très bon album qui offre un détournement original des codes du Drum n’Bass et de ses dérivés grâce à un duo saxophone/batterie parfaitement rodé.

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- Philippe 'pipon' Garcia (batterie et arrangements électroniques)
- Gaël Horellou (saxophone, arrangements électroniques)
- Frédéric 'razamike' Mentzen (invité, chant)


1. Abstract
2. Two Roads
3. Duborc
4. Randomcore
5. Acidchit Part 1
6. Acidchit Part 2
7. Empty Box
8. All Dust
9. Speedbass
10. Big Space
11. Juncos
12. 1+1
13. Cosmik Connection
14. Jungleman
15. Superbreaks
16. Photon
17. Traffic
18. Dedicace



             



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