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- Membre : Richard Ashcroft

The VERVE - Forth (2008)
Par STREETCLEANER le 11 Septembre 2009          Consultée 1866 fois

2008, quatrième album : voici le retour de The VERVE, l'un des groupes les plus connus de la scène "Britpop".
Le résumé de la situation : l'Angleterre, les années 90, quatre jeunes musiciens qui en veulent, deux premiers albums qui n'ont pas vraiment franchi les frontières, la drogue, puis l'album Urban Hymns en 1997. Et avec cet album le méga hit « Bitter Sweet Symphony » que tout le monde a déjà entendu au moins une fois, à moins de vivre au fin fond de la forêt sibérienne sans électricité ; les problèmes de droits pour cette chanson (sur une base empruntée aux ROLLING STONES), puis le succès international enfin là ... mais la séparation en 1999. Et enfin une reformation en 2007.
Une reformation pour des thunes et pour profiter d'une rente, ou une reformation artistiquement motivée ? Voilà la sempiternelle question qui revient dans ce genre de situations, et en l'occurrence après huit années (quand même) de séparation.

Eh bien pour y répondre je dois dire que ce retour est convaincant. Oui ce quatrième album Forth (« fourth » en anglais signifie « quatrième ») ne se moque pas de l'auditeur. Ce retour est d'ailleurs très majoritairement plébiscité même si, à la base, le groupe ne cherche pas la facilité en offrant des titres d'une durée qui lorgnent facilement vers les 6-7 minutes. Et malgré le fait que cet album soit aussi dans l'ensemble un peu moins accrocheur et moins commercial que "Urban Hymns".
Effectivement, ce Forth pourra apparaître comme plus difficile d'accès et s'avérer un poil plus ardu aux premières écoutes, mis à part bien sûr le hit "Love is Noise" (premier single), pour lequel une écoute suffit à convaincre que ce titre est une tuerie résolument entraînante et imparable.

Bien sûr, la volonté de The VERVE est assez transparente dans cette nouvelle production. Il s'agit d'entraîner l'auditeur encore un peu plus profondément dans un monde où la gravité terrestre se fera oublier. On aura donc assez bien résumé l'orientation musicale de The VERVE en disant qu'il s'agit essentiellement d’un groupe de pop/rock planante. J'hésite à employer le terme "psychédélique" tant ce qualificatif est utilisé un peu à toutes les sauces de nos jours. Que l'on trouve des réminiscences psychédéliques, des inspirations de rock psychédélique chez The VERVE, oui, cela est perceptible. Toutefois, sans parler de psychédélisme, on dira plutôt que le combo a le chic pour nous entraîner dans des mondes éthérés, où la vie ralentit, où les gestes se font plus lents et où on prend ce temps d'apprécier le temps, tels les fumeurs de narghileh au maghreb. On pénètre là dans un univers où les fumées sont cotonneuses et ne s'élèvent que très lentement vers la voûte colorée.

En fait, l'album s'ouvre de manière un peu trompeuse sur deux titres rock aux ambiances décalées et presque irréelles, avec "Sit and Wonder" et son atmosphère vaporeuse, ou encore "Love is Noise" et ses samples répétitifs et obsédants. Ouverture un peu trompeuse car la suite montrera un visage plus calme, plus serein ; elle s'appréciera de manière plus reposée, même si la guitare n'en sera pas complètement écartée.
La guitare se retrouvera en effet présente sur "Rather Be" ou "Columbo", et surtout bien mise en avant sur "Numbness", seul titre comportant d'ailleurs un vrai solo et sur lequel la guitare se montre tour à tour cristalline et docile, puis mordante.
Mais c'est bien l'inertie qui finira par gagner l'auditeur, comme sur "Judas" ou "I see Houses", où il s'agira de contempler un paysage qui défile au ralenti. Il faut dire aussi que la voix de Richard demeure d'une manière générale souvent envoûtante, mélancolique, presque chaleureuse à certains moments, ce qui accentue cette sensation de bien-être.

Puis l'esprit continuera à s'égarer dans des volutes de vapeurs aériennes dont seul "Noise Epic", plus rock, pourra le tirer momentanément ; je dis bien momentanément, car le ciel restera le domaine de prédilection, « where the eagle flies so proudly », où l'aigle vole si fièrement. Le chamanisme n'est donc pas loin et l'usage de produits illicites non plus, car ce titre se termine en vrai bad-trip. La descente, la chute sera dure, puis ce sera le réveil brutal sur des samples intimant l'ordre de reprendre conscience (Wake Up !).
On retrouvera par la suite cette ambiance cotonneuse sublimée sur "Valium Skies" : ce morceau est sans doute l'un des plus beaux de l'album, avec également le titre "Appalachian Springs". Cette dernière ballade est absolument magnifique ; Richard se fait plus nostalgique que jamais, il y associe le sentiment de solitude, cette humeur la plus profonde, la plus ancrée en lui, avec le printemps qui vient éclipser l'hiver dans les monts Appalaches.

Je dois avouer pour terminer que j'ai vraiment été conquis par cet album, alors que je n'étais pas forcément intéressé auparavant par le travail du combo. Si elle ne contient pas de titre commercial ultime à la « Bitter Sweet Symphony », et si elle n'entend pas forcément rivaliser avec la production précédente, cette nouvelle oeuvre est d'une qualité indéniablement homogène et ne possède pas de faiblesse particulière. Les quatre de The VERVE offrent là une des meilleures sorties pop de 2008, qui peut exiger de la part de certains auditeurs une persévérance dans l'écoute. Alors seulement tout se révèlera à eux. Des trésors sont parfois là, à portée de mains. Mais il faut s'attendre dans l'ensemble à un album assez calme et zen, presque relaxant. C'est à prendre en compte pour ne pas être déçu.

Le tube : Love is Noise.
Les titres les plus beaux : Valium Skies, Appalachian Springs, Judas.
Les titres plus rock : Sit and Wonder, Numbness, Love is Noise, Noise Epic.
Les titres plus barrés : Noise Epic, Sit and Wonder, Love is Noise.
Le titre plus faible : Columbo.

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- Richard Ashcroft (chant, claviers, guitare acoustique)
- Nick Mccabe (guitares, claviers)
- Simon Jones (basse)
- Pete Salisbury (batterie et percussions)


1. Sit And Wonder
2. Love Is Noise
3. Rather Be
4. Judas
5. Numbness
6. I See Houses
7. Noise Epic
8. Valium Skies
9. Columbo
10. Appalachian Springs



             



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