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1996 K

KULA SHAKER - K (1996)
Par A.T.N. le 3 Décembre 2009          Consultée 1731 fois

On va m’accuser d’être lobotomisé et de tout ramener aux BEATLES. Ça doit être la récente sortie de leur œuvre remasterisée qui me tourneboule les sens.

N’empêche, le mariage du rock et des mélodies indiennes date bien de la visite des Fab Four à Ravi Shankar en 1965, non ? Et du coup de foudre de George Harrison pour ces instruments ? A partir de ce moment, c’est le sitar sur "Norwegian Wood", et chez les STONES c’est Brian Jones qui l’utilise pour "Paint It Black". Le rock psychédélique, en recherche de spiritualité et d’ambiances, s’approprie quelques éléments hindouisants et toute cette tendance – pour faire très court – trouve un point culminant avec le grandiloquent et somptueux "Kashmir" de LED ZEP en 1975.

Crispian Mills, chanteur, guitariste et compositeur de KULA SHAKER, est un enfant de cette génération. Issu d’une famille d’acteurs britanniques, il a paraît-il été marqué par la visite d’un temple à 11 ans, et après avoir baroudé en Inde en 1993, il a formé un groupe qui s’est finalement appelé KULA SHAKER en hommage à un ancien empereur de la région du Gange, avec une vague symbolique mystique autour de la lettre K, d’où le nom de l’album.

Annoncé par un single bien ficelé, "Tattva", le groupe sort donc le disque en 1996. Bingo, numéro 1 en Angleterre. Mérité ?
Totalement. K est une combinaison savante de bonnes compositions, d’un son énorme, d’un esprit sixties revival et d’une touche exotique qui fait mouche.

C’est d’abord du rock lourd. La touche sixties est indéniable, sur des refrains accrocheurs dans "Tattva", "Hey Dude", "303"… On peut faire un parallèle avec la patate et le talent des KINKS des débuts ("You Really Got Me"), les moyens en plus. Grosse basse, batterie embauchée comme locomotive, claviers vintage et Fender d’attaque, ces quatre-là ne font pas de prisonniers. En pleine britpop un peu creuse, ils nous rappellent aux fondamentaux du binaire.

Le talent de Mills pour les mélodies est confondant, et sa volonté d’y saupoudrer des références hindoues est LE truc qui tue. "Govinda", tout en chœurs à la Hare Krishna et en tablas sur une rythmique lente et pesante, est à écouter pleins watts. Le vibrato de guitare de Mills, et son jeu en général, manquent d’originalité mais c’est très bien enregistré et très efficace, comme le montrent les intros addictives de "Start All Over", "Grateful When You’re Dead" (Hommage à Jerry Garcia bien sûr), "Smart Dogs" ou "Hey Dude", qui démarre l’album pied au plancher.

Quand les amplis ne nous envoient pas des parpaings de bonne pop-rock, ça plane très joliment. "Magic Theatre" draine un spleen terrible, que les claviers distordus rendent encore plus onirique. La partie 2 du morceau "Grateful…" ("Jerry was there") nous hypnotise comme devaient l’être les fans du Dead pendant leurs concerts. De la reverb, de l’écho, c’est subtilement distillé. "Hollow Man", en fin de galette, projette l’auditeur dans des limbes méditatives, alternées de refrains choraux – la touche sixties, à nouveau. Vraiment très bon.

Le hic, avec les volontés pleines d’encens et de curry, c’est que cela peut déboucher sur "Sleeping Jiva", qui est à cet album ce que "Within You Without You" est à Sergeant Pepper’s : le truc qui fait tache. Pour le reste, c’est un coup d’éclat, hélas sans lendemain - un deuxième album suivra, vague copie de K, puis un grand trou noir avant un album en 2008 sans aucun intérêt.

Allez, un petit jeu sympa pour la route : l’ensemble des personnages présents sur la pochette ont un nom commençant par K. Sauras-tu les identifier ?

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   A.T.N.

 
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- Crispian Mills - Chant, Guitare
- Alonza Bevan - Basse
- Paul Winterhart - Batterie
- Jay Darlington - Claviers


1. Hey Dude
2. Knight On The Town
3. Temple Of Everlasting Light
4. Govinda
5. Smart Dogs
6. Magic Theatre
7. Into The Deep
8. Sleeping Jiva
9. Tattva
10. Grateful When You're Dead/jerry Was There
11. 303
12. Start All Over
13. Hollow Man - Parts 1 & 2



             



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