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J.K. - Indus Silver Club (2009)
Par SASKATCHEWAN le 7 Janvier 2010          Consultée 1427 fois

Indus Silver Club, bien qu’outrageusement pompé sur les travaux de THE TUSS, n’est pas un mauvais EP. J.K., ou Jodey KENDRICK, c’est comme on veut, y démontre une certaine finesse artisanale dans le calque brutal, une application méthodique de moine copiste digne des plus talentueux pensionnaires de l’abbaye du Mont Saint-Michel. C’est fou : on s’y croirait ! Mêmes synthés, même rythmiques, même nostalgie, même enrobage anonyme, y’a pas à dire, la contrefaçon passe aussi bien la douane que l’original ! La preuve, l’animal a réussi à se faire signer sur Rephlex et à sortir son format court en toute impunité. D’habitude, ce genre de scories ne dépasse pas le monde merveilleux du MySpace, mais là, le grain de sable s’est glissé dans l’engrenage et impose sa présence irritante avec application. Pourquoi, comment ?

Hypothèse numéro 1 :

Jodey KENDRICK est Richard D. JAMES. Je refuse de le croire. D’une part parce que J.K. a déjà commis d’autres EP sur d’autres labels et sous d’autres pseudos (que fait Interpol ?). D’autre part parce que si c’était Richard D. James, le parfum d’escroquerie serait teinté d’une fragrance d’humour, même pipi-caca (un seul mot : « Smojphace »).

Hypothèse numéro 2 :

Indus Silver Club est une contrefaçon ourdie par le bureau central du Parti communiste chinois destinée à plonger la scène IDM dans le chaos en la touchant au cœur. C’est peu probable. Primo, tout logicien un tant soit peu exercé vous dira que plonger dans le chaos une scène déjà plongée dans le chaos, est un tour de force inaccessible, même au plus consciencieux des secrétaires du Parti communiste. Secundo, pourquoi se lancer dans l’IDM quand on a déjà le monopole sur la fabrication des jouets ? Absurde ! Mieux vaut les prendre jeunes… Tertio, il est facile de pointer du doigt nos amis chinois chaque fois qu’un malheur s’abat sur nos toits, mais moi, je n’y accorde que peu de foi, peu convaincu (convaincoit ?) par des arguments d’aussi peu de poids.

Hypothèse numéro 3 :

J.K. est un honnête suiveur, un encombrant admirateur. C’est plus plausible. Indus Silver Club respire le plagiat sincère, ou l’hommage dévoyé, au choix. Car cet EP n’est pas médiocre, et encore moins mauvais. Tous les éléments de la recette sont là. L’étiquette Rephlex fait office d’approbation du grand manitou, une sorte de « ce gamin ira loin » sous forme graphique : un cercle vert, duquel se détache un quartier. L’enfant prodige récite ses gammes sous l’œil attendri du maître, sans dévier d’un iota : « Indus Silver Club », « Daf », « +10 Funk », « Quas3 », « Mind Sine Channel » et « 999 » sont tussiens jusqu’au bout du beat, et ne présentent que peu d’intérêt pour celui qui cherche des sonorités neuves (le fan d’IDM est-il encore de ceux-là ?).

En guise de conclusion, un happy ending, une note d’espoir pour tous les amoureux de l’originalité. On connaît le début du film : J.K., élevé dans l’admiration de son maître, tue son art à savoir si bien le reproduire. Un jour la révélation : il se tourne vers les Pères fondateurs de la techno (sur « Heels » par exemple), produit un titre enjoué et évocateur, à la fois futuriste et désuet, dans la lignée d’un vieux machin comme CYBOTRON. Il délaisse l’IDM, travaille le substrat de la techno old school, revient deux ans plus tard avec sa propre réinterprétation nostalgique de l’Histoire du genre, qu’il n’aura pas pompée sur un cador. C’est tout ce qu’on lui souhaite.

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- Jodey Kendrick (tout)


1. Indus Silver Club
2. Daf
3. Heels
4. +10 Funk
5. Quas 3
6. Mind Sine Channel
7. 999



             



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