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LEFTFIELD - Rhythm And Stealth (1999)
Par SEIJITSU le 26 Février 2010          Consultée 1353 fois

Voilà le retour d’un fantôme. Duo énigmatique, Paul Daley et Neil Barnes n’attirent pas vraiment l’attention sur eux, que ce soit dans les rares interviews données aux médias, ou dans leur longue absence inexpliquée depuis la sortie d’un des meilleurs albums du genre électro : Leftism.
Malgré quelques prestations live, le groupe ne semblait pas décidé à accoucher d’un successeur au divin Leftism, on aurait pu croire qu’ils étaient sur le point d’être dissous. Ce n’est finalement pas le cas, voilà que sort Rhythm and Stealth en cette veille de l’an 2000. Un album qui aura magnifiquement bien porté son nom. "Du rythme et du silence", nous n’avons même pas besoin d’écouter le disque pour connaître le programme qui va suivre... et c’est inquiétant. Inquiétant pas parce que LEFTFIELD nous gâche la surprise de la découverte, mais bien parce que le programme de ce nouvel album ressemble un peu trop à leur précédent chef-d’œuvre.

« Dusted » ouvre le bal, il s’agit d’un rap électronique pêchu et accrocheur en duo avec Roots MANUVA, des violons soutiennent le flow charismatique du rappeur et donnent naissance à un très bon morceau, une suite logique de « Inspection (Check One) ». On arrive ensuite à « Phat Planet », trip robotique, martial et sans concession qui constitue la première surprise. Les percussions tribales prennent une place importante et le rythme est très soutenu. Et voilà que l’on tombe sans crier gare sur « Chant Of A Poor Man », une pièce Trip-Hop avec la voix de Cheshire CAT, dont le timbre tragique nous décontracte après une dure journée de labeur.
Inutile de continuer l’analyse piste par piste, sous peine de tomber dans un procédé redondant et ennuyeux, car l’album suit exactement le même schéma jusqu’à la dernière minute. C'est-à-dire une alternance entre morceaux aux tempos lents et des titres survoltés où seul l’énergie compte, et ce sont les premiers qui sont les plus réussis la grande majorité du temps.

Rhythm and Stealth a tout de même un gros inconvénient, le disque est associé au nom LEFTFIELD et forcément, le groupe est loin de son meilleur niveau. L’album est légèrement plus sombre et pessimiste mais j’ai l’impression qu’il cherche à contenter tout le monde en faisant tout et n’importe quoi. « El Cid » est un morceau Trip-Hop agréable mais un peu trop proche de MASSIVE ATTACK, rien de plus normal, le groupe de Bristol a sorti l’énorme succès Mezzanine l’année d’avant. « 6/8 War » est une petite perle d’électro tribale, mais là aussi on peut établir un parallèle avec JUNO REACTOR, qui avait opéré une mutation surprenante et similaire en 1997... cela me laisse perplexe. On trouve même une bombe dance-floor : « Afrika Shox », en partenariat avec le légendaire AFRIKA BAMBAATAA. Un morceau facile mais terriblement efficace.
LEFTFIELD serait-il à cours d’idées ? Voilà qu’il pioche à gauche, à droite, chez ses voisins, dans ses précédents travaux… Je suis déçu forcément, un précurseur qui se repose sur ses acquis, c’est bien triste.

Et pourtant… Malgré toutes les critiques négatives qui me viennent en tête, le groupe me convainc encore une fois. L’album ressemble à une compilation et a perdu le charme unique de Leftism dans ses variations de thèmes et d’ambiances c’est vrai, mais la qualité est néanmoins présente. Les deux Anglais réussissent encore une fois à réunir du beau monde et créent des morceaux mémorables. Les aspects tribaux de la musique du duo sont de qualité (sauf peut être « Double Flash », inaudible et dépourvu de mélodie). Et que dire du final « Rino's Prayer » ? Un joli métissage entre échos spatiaux et voix d’outre tombe à la sauce afro. Sûrement l'un des meilleurs morceaux pour conclure une carrière et c’est malheureusement le cas, car LEFTFIELD se séparera en 2002 après ce baroud d’honneur.

Une nouvelle qui me déprime mais qui prise avec un minimum de recul, est en fait une bonne chose. Quoi de mieux qu’une carrière fulgurante et éphémère qui s’achève au sommet ? Consolons-nous en nous disant que LEFTFIELD n’aura pas eu le défaut de nous fournir des albums studios bâclés : il vaut mieux une carrière courte et intense, plutôt qu’une longue et lassante.
Rhythm and Stealth est un disque pas si éloigné de son prédécesseur, même si le côté House est moins perceptible ici (pour peu qu’on classe les deux Britanniques dans ce genre, tant leur musique n’entretient que de rares relations avec). Et même si ce que je vais vous dire ne vous paraîtra pas logique, le dernier album de ce duo remarquable est à la fois plaisant et décevant. Il s’agit peut être de la marque d’un grand groupe, sait-on jamais.

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   SEIJITSU

 
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- Paul Daley (arrangements électroniques)
- Neil Barnes (arrangements électroniques)
- Roots Manuva (invité, chant)
- Cheshire Cat (invité, chant)
- Afrika Bambaataa (invité, chant)
- Nicole Willis (invitée, chant)
- Rino (invité, chant)


1. Dusted
2. Phat Planet
3. Chant Of A Poor Man
4. Double Flash
5. El Cid
6. Afrika Shox
7. Dub Gussett
8. Swords
9. 6/8 War
10. Rino's Prayer



             



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