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POP-ROCK FM ANNéES 80  |  STUDIO

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- Membre : Genesis, Mike & The Mechanics, Hiromi

Mike RUTHERFORD - Acting Very Strange (1982)
Par MARCO STIVELL le 24 Mai 2010          Consultée 1279 fois

J'ai toujours trouvé que certains de nos GENESIS-men baissaient un peu vite les bras pour certaines choses, Mike le premier. Comme sa première expérience ne s'est pas révélée concluante sur le plan commercial, il a fait comme si c'était la démarche artistique qui était en cause et du coup il a voulu passer complètement à autre chose, en l'espace de moins de trois ans. D'accord on a changé de décennie, d'accord je suis loin de considérer Acting Very Strange comme une évolution ratée (bien qu'à un moment, je le considérais comme la pire galette jamais réalisée par un membre de la famille GENESIS), et quelque part ça fait de Smallcreep's Day un disque d'une saveur dont il faut profiter encore plus. Mais le fait de passer d'un registre pop-progressive seventies à rock-FM années 80, la chute a été lourde, comme lorsqu'Abacab est arrivé dans les oreilles des auditeurs qui essayaient de se raccrocher au vieux GENESIS. Ici c'est la troisième déconvenue, après Abacab, après le Face Value de Phil COLLINS.

Il y a un autre point qui devient aussi une particularité propre à ce deuxième opus solo de Mike : le chant, assuré par lui-même. L'intérêt est qu'avec le The Fugitive de Tony BANKS l'année suivante, on connaîtra désormais les voix de tous les membres importants passés et présents de GENESIS. Le résultat par contre c'est, comment dire... laborieux. Mike doit avoir la voix la plus grave d'entre les six (BANKS, HACKETT, GABRIEL, COLLINS, PHILLIPS et lui-même) et semble aussi devoir plus forcer que les autres (en attendant les albums les plus "criards" de Steve HACKETT), sans parler des limites bien visibles. Pour reprendre une phrase très intelligemment trouvée et parfaitement adaptée d'un collègue (qui se reconnaîtra je pense), le grain de voix de Mike est tel qu'on a presque envie de lui dire de tousser un bon coup, et ce pour tout le long de l'album...

Mais ne soyons pas trop sévères, quoique même la pochette donne à elle seule plus l'envie de rire qu'autre chose. Ah ce chapeau, ce débardeur Sumo All Stars, ces jeux de miroirs... Pas de doute, on est bien dans les années 80. Certains choix musicaux ne sont pas faits pour ôter le sourire après ça, aussi bien le funky et répétitif "Couldn't Get Arrested" que les endiablés "Halfway There" et "Acting Very Strange", morceaux qui sonnent très... THE POLICE. Oui parce que côté instrumentistes ça rigole tout de suite moins avec, outre la présence de Daryl STUERMER (GENESIS en live, PHIL COLLINS) et de Peter ROBINSON (BRAND X, Phil COLLINS live), celle inattendue de Stewart COPELAND, le seul et unique. Il n'a pas influé sur la composition d'Acting Very Strange, mais la musique transpire l'énergie de celle de son trio mythique, le groupe de reggae-rock le plus célèbre au monde et qui va exploser moins d'un an plus tard avec son Synchronicity. Il y a aussi Noel McCALLA qui avait tenu les vocaux sur Smallcreep's Day, ainsi que Gary BARNACLE qui fait rugir son saxo sur les "Halfway There", "Who's Fooling Who" et "Maxine", ce qui ne sera pas au goût de tout le monde, mais on est dans les années 80 ma p'tite dame, il faut s'y faire !

Ce ne sont pas les chansons les plus marquantes, bien que les premières à être sorties en singles (qui n'ont guère mieux marché que le LP, mis à part un peu "Maxine" au Canada). Certaines sont vraiment efficaces, mention spéciale au morceau-titre qui a un peu ce côté "chanson dans la chanson" loin d'être désagréable. Les artifices "eighties" notamment au niveau des synthés et boîtes à rythmes (présentes seulement sur "Couldn't Get Arrested" et "A Day to Remember"), restent assez minimes par rapport à ce que l'on pouvait attendre, même si le tout sonne assez FM. Mais qu'est-ce que c'est bon, surtout sur les "I Don't Wanna Know" et "Acting Very Strange"... Et pour terminer en finesse et beauté, Mike a clôturé son deuxième bébé par une petite merveille baptisée "Hideaway", avec un enrobage de cordes signé Martyn FORD (le même que pour les albums solos de Phil). C'est aussi la chanson la plus proche de l'univers de Smallcreep's Day, et celle où Mike semble être le plus à l'aise vocalement.

Comme quoi, même si quelques écoutes (et parfois du temps en plus) sont nécessaires pour bien apprécier une oeuvre et en retirer les subtilités, tout arrive à point à qui veut bien faire des efforts. Même le chant ne paraît plus si désagréable à force... Il est juste dommage de constater que même trente ans après, Mike se base toujours sur le chiffre de ventes très faible de ses deux premiers disques faits seul pour éviter d'avoir à nouveau recours à un exercice... seul.

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   MARCO STIVELL

 
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- Mike Rutherford (chant, guitares, basses, claviers, choeurs)
- Daryl Stuermer (guitares)
- John Alexander (guitares)
- Stewart Copeland (batterie)
- Pete Phipps (programmation linn)
- Peter Robinson (claviers)
- Paul Fishman (claviers)
- Gary Barnacle (saxophone)
- Luke Tunney (trompette)
- Steve Gould (choeurs)
- Noel Mccalla (choeurs)
- Dale Newman (choeurs)
- Martyn Ford (arrangements et direction des cordes)


1. Acting Very Strange
2. A Day To Remember
3. Maxine
4. Halfway There
5. Who's Fooling Who
6. Couldn't Get Arrested
7. I Don't Wanna Know
8. Hideaway



             



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