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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

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- Style : Barbara & The Browns

BLUE CHEER - Vincebus Eruptum (1968)
Par JOVIAL le 3 Août 2010          Consultée 1543 fois

Fin des années 60, le monde musical est en effervescence. L’apogée du rock psychédélique est quasiment passée et son déclin déjà amorcée. Une nouvelle génération de musiciens est arrivée, une génération sauvage, sans concession, parfois brutale et plus que tout en recherche d‘agressivité. Car si le hard rock va pousser ses premiers cris, c’est bien grâce à cette agressivité naissante dans la musique de l'époque. On joue plus vite, plus fort. Les bons guitaristes se distinguent par leur technique, qui rime souvent avec vitesse, les bons batteurs à celui qui frappera le plus fort, les bons bassistes par leur capacité à imposer le groove le plus lourd et les chanteurs à celui qui gueulera le plus fort. C’est ainsi que vont naître simultanément les Led Zeppelin, les Deep purple et autres Blue Oyster Cult, dont il est aujourd’hui inutile de rappeler le succès. Ce rapide rappel contextuel n’est pas seulement une simple preuve de ma connaissance musicale limitée, mais une introduction nécessaire pour présenter BLUE CHEER. Car ce dernier, complètement oublié de nos jours, n’est pas un groupe de hard rock anodin. D’ailleurs le terme hard rock conviendrait-il à ces fabuleux précurseurs ? Le débat est lancé.

Tirant son nom d’une variété de LSD (particulièrement dangereuse paraît-il), le groupe se forme en 1966 à San Francisco. Dickie Peterson (basse/chant), Paul Whaley (batterie) et Leigh Stephens (guitare) ne tardent pas à se trouver un manager, sous la personne de l’imposant barbu arménien Abe Kesh. Deux ans et deux albums plus tard, BLUE CHEER est devenu « groupe fétiche » des Hell’s Angels et de Janis Joplin tandis que Jim Morrison le qualifie de « groupe le plus puissant du monde ». Vincebus Eruptum, premier album du groupe, permet aisément de comprendre un tel succès. Rien qu’un simple regard sur la pochette pour que l’on ressente une bien étrange sensation. Lettres écrites dans la pure tradition rock psychédélique, mais ambiance lourde, pesante, à la limite de l’ésotérisme. Aucune pochette ne sied aussi bien à son album. Car si la plupart des groupes de l’époque tendent à accélérer le tempo, BLUE CHEER va au contraire le ralentir, l’alourdir au maximum, donnant à l’auditeur un sentiment d’étouffement et d’étourdissement des plus dérangeants. Côté technique, les musiciens sont loin d’être des virtuoses, ce que compensent des compositions ou des reprises travaillées, surtout au niveau des parties guitares, dans un esprit finalement très expérimental.

"Summertime Blues", emprunté au répertoire d’Eddie Cochran et accessoirement leur premier succès, s’avère très trompeuse. Après une introduction pachydermique, BLUE CHEER se lance par la suite dans un morceau très accrocheur, assez proche d’un Blue Oyster Cult (la technique en moins, la lourdeur en plus), qui n’a finalement, pas grand-chose à voir avec le reste de l’album. Tout comme, "Rock Me, Baby" d’ailleurs, qui, reprise à B.B. King, n’est finalement qu’un morceau blues-rock, très loin de ce qui va suivre. Mais ne nous plaignons pas, car ces deux reprises s’avèrent être fort heureusement de très bonne facture. Le « concept  Blue Cheer » apparaît réellement à partir du 3ème morceau, "Doctor Please". Immédiatement reconnaissable à son intro traînante, maladive et d’une lourdeur inexprimable, il s’agit sans aucun doute du meilleur morceau de l’album. Ce dernier annonce d’ailleurs les trois chansons suivantes, qui s’enchaînent dans une parfaite continuité. Sur une rythmique basse/batterie brutale et ravageuse, Stephens fait hurler de douleur sa guitare, la torture, expérimente à tour de bras, à grands coups de saturation, de superposition de solos, qui donnent si souvent cet aspect ésotérique et viscéral aux morceaux. Côté chant, Peterson est loin d’être une grande voix, même si son énergie peut rappeler parfois celle des groupes proto-punk (MC5 en particulier), mais de toute façon, l’aspect vocal de l’album reste très secondaire.

La performance de cet album réside dans sa diversité. Car, si Vincebus Eruptum est placé, comme je n’ai cessé de le marteler, sous l’égide de la lourdeur, le groupe ne s’enferme aucunement dans un style bien précis. Outre l’évidente influence psychédélique (sur "Parchment Farm" en particulier) et le blues-rock cité plus haut, BLUE CHEER esquisse les prémisses du heavy-metal ("Second Time Around"), du hard rock ("Out of Focus", "Doctor Please") ou encore du noise-rock (seconde partie de "Second Time Around"). On se doit en tous cas de reconnaître ici un des pionniers du rock expérimental, et un groupe de référence pour de nombreuses autres formations, Black Sabbath et Kyuss en tête. Un journaliste anglais avait déclaré à l’époque : « Si Vincebus Eruptum n’est pas un chef d’œuvre de technicité, il sera toujours plus intéressant du point de vue musical que Cream. La vraie musique est là. » Il est ô combien impossible de lui donner tort…

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- Dickie Peterson (basse, chant)
- Paul Whaley (batterie)
- Leigh Stephens (guitare)


1. Summertime Blues
2. Rock Me, Baby
3. Doctor Please
4. Out Of Focus
5. Parchment Farm
6. Second Time Around



             



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