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 Monolake / Robert Henke (238)

Robert HENKE - Atom/document (2008)
Par STREETCLEANER le 19 Septembre 2010          Consultée 1486 fois

Atom/Document regroupe la musique qui a été composée par l'allemand Robert HENKE (MONOLAKE) pour un spectacle qu'il a monté en collaboration avec Christopher BAUDER. Ce spectacle "son et lumière" utilise notamment des ballons flottants dont la hauteur peut varier ainsi que des LEDs qui sont utilisées pour obtenir des motifs lumineux, le tout étant déclenché par les éléments musicaux. Chaque spectacle est différent et l'oeuvre qui est ainsi proposée sur Atom/Document ne semble représenter qu'une possibilité du rendu de ce spectacle. Le résultat est présenté par Henke lui-même comme un de ses travails les plus sérieux jamais réalisés, travail qui marquera une nouvelle orientation artistique plus noisy, et aux sonorités plus "industrielles". Et il est vrai que ses travaux suivants comme Atlas ou Silence (en tant que MONOLAKE) confirmeront cette direction plus métallique et noisy.

Métallique, noisy... certes Atom/Document l'est ; comme sur [quad_planar] par exemple, dans lequel les rythmes mécaniques sont similaires à ceux que produiraient des sytèmes d'horlogerie, alors que les mécanismes finiront par dérailler les uns après les autres, perdant au passage quelques-uns de leurs éléments. On retrouvera également des percussions métalliques à plusieurs reprises dans cette oeuvre, sur [first_contact] notamment, ou [shift_register], qui voit Henke utiliser également les touches les plus graves du piano pour le remodeler en une monstrueuse machinerie, oppressante et inquiétante. Un superbe travail au passage... Sur [metropol] des bruits semblables à des fuites d'air comprimé seront introduits dans une atmosphère qui baignera dans l'électricité et des bourdonnements d'enceintes (vive le drone...). Le rendu est globalement très industriel et froid, mais aussi relativement agressif, à l'instar des vents puissants des turbines (ou système de soufflerie) de [_convex], ou de ces beats techno qui vous charcutent aussi finement qu'une scie dentelée sur [metropol].

Mais l'autre aspect d'Atom/Document qu'on ne saurait occulter est son côté foncièrement dark ambient. Là aussi, Atlas et Silence confirmeront ce penchant plus marqué pour ce côté sombre. Le fabuleux [diagonal] serait digne de figurer sur l'album Momentum, avec sa techno mécanique sombre, technologique, et son paysage aux vents lunaires. Un morceau méchamment magnifique et envoûtant pour ceux qui apprécient la face sombre de l'artiste... La techno minimale de [crossing] n'est pas sans rappeler, question sonorités, ce que pourra faire The BLACK DOG sur Music For Real Airports. Ou quand l'ambient technoïde rime avec climat anxiogène et temps suspendu... minimalement superbe je vous dis ! Et que dire de [_flicker] ou [_exit], les deux plages d'introduction/conclusion de l'album ? Une entrée en matière et une fin dans des nappes purement obscures, froides et futuristes qui feraient baver d'envie des artistes spécialisés dans le dark ambient, comme LUSTMORD. Notre pièce vient soudain de se transformer en vaisseau fantomatique perdu dans l'espace infini et glacial... On imagine bien, à l'intérieur, des objets qui flottent et se déplacent lentement, libérés de toute gravité. Même le piano qui est utilisé sur [shift_register] n'apporte aucune chaleur à l'ensemble, Henke privilégiant plutôt le registre des aigus. Et quand il emploie les graves c'est pour simuler une machinerie implacable. Ou alors, c'est la crudité des percussions métalliques qui vient refroidir l'ensemble [first_contact].

Le travail effectué par Henke semble parfois déroutant à cause de son côté expérimental. Chaque plage de cet album est vraiment unique et seuls les titres d'introduction/conclusion sont de nature assez proche. Faire côtoyer des nappes ambiantes, froides et sombres, des mécanismes d'horlogerie, des imitations de machinerie, des bruits de soufflerie, de la techno plus ou moins minimale et agressive avec, de surcroît, une utilisation du piano, semble a priori tenir du grand écart artistique et cela pourra clairement dérouter les potentiels auditeurs. Pourtant, au bout de quelques écoutes, ce qui semblait hétérogène et un peu décousu tient bien la route et devient rapidement prenant pour peu qu'on arrive à entrer dans les atmosphères darks d'Atom/Document. Robert Henke est un abonné du travail de qualité, je vous le dis, et Atom/Document ne me fera pas mentir.

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- Robert Henke (tout)


1. [_flicker]
2. [quad_planar]
3. [shift_register]
4. [_convex]
5. [metropol]
6. [first_contact]
7. [diagonal]
8. [crossing]
9. [_exit]



             



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