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Chester THOMPSON - A Joyful Noise (1991)
Par MARCO STIVELL le 19 Janvier 2011          Consultée 1267 fois

Lorsque paraît A Joyful Noise en ce début d'années 90, on peut enfin dire que tous les membres importants que la famille Genesis a compté jusqu'à ce moment-là (Tony Banks, Steve Hackett, Peter Gabriel, Phil Collins, Anthony Phillips, Mike Rutherford, Daryl Stuermer et donc Chester Thompson) ont sorti au moins un album solo. Suivant l’exemple de son comparse Daryl Stuermer, l'autre musicien des tournées du groupe en live, Chester profite du hiatus prolongé de Genesis depuis Invisible Touch pour faire paraître son premier essai solo, le présent A Joyful Noise.

Un titre plutôt bien choisi. Chester, lui-même batteur pour ainsi dire plus que doué (n'oublions pas qu'avant Genesis, il était passé par les cases Zappa et Weather Report), compose et s’entoure de musiciens non moins talentueux. Quasiment tous les morceaux de l’album proviennent de sa main - presque tout le temps seulement la sienne - et sont arrangés par lui ou ses musiciens (Michiko Hill, Otmaro Ruiz et Kevin Toney). Seule "Amazing Grace" est une reprise, bien évidemment celle du standard de John Newton. Et parmi tout cela, on ne peut que constater combien tout le processus d’écriture et d’enregistrement a dû être positif, tant la majorité des compos transpire la bonne humeur. Que de "joyeux bruits" en somme.

Ce qui se retrouve dans les airs, mais aussi dans les sonorités. L’esprit des morceaux, tous instrumentaux, vogue allègrement entre le rock fusion ("Tropical Sunday", le très jazzy "Cool Groove"), le funk ("Jussa Thang"), l’Afrique et la musique des îles. Michiko et Otmaro, claviers de choix, y sont pour beaucoup, notamment en ce qui concerne la dernière catégorie - ils apportent parfois une touche assez exotique. La section rythmique n’est pas en reste et la guitare a droit de temps en temps à son moment de bravoure : Freddie Fox qui délivre un bien bon solo sur "Addatude" notamment. On retrouve aussi cette bonne humeur dans l’emploi des cuivres (la famille Fowler, dont il ne manque que le frère bassiste, Tom, qui a aussi joué avec Frank Zappa) et les divers solos, en particulier ceux d’instruments bois : sax ténor ("Jussa Thang") ou soprano (sur l’asiatisant "Homeland", un vrai bonheur), flûte ("Tropical Sunday"). Il y a un bon petit côté fun, comme dans "Chunky" ou même dans le très disco "Raw" (avec une basse fort à propos), qui rappelle un peu le "Saturday Night Fever" des Bee Gees, et d'autres classiques du genre. Master George Duke nous y offre même un super solo de synthé. Tout est bien foutu, calibré sans être forcément accessible - l'album le reste du moins contrairement aux productions d'autres artistes -, on retrouve aussi Chester à la production qui se révèle être plutôt dynamique et soignée. On peut en fait peut-être juste regretter une certaine répétition sur la plupart des thèmes mélodiques, ce qui fait que la durée des chansons descend du coup rarement en dessous des quatre / cinq minutes.

Seuls trois morceaux se démarquent vraiment de l’ensemble. D’abord "Drums Are Loud", qui, comme on peut le comprendre au titre, n’est constitué que d’instruments percussifs. Akil Thompson, le fils de Chester, y participe. Ce morceau, moins audacieux qu’un "Drum Duet" avec Phil Collins au sein de Genesis, n’a pour seul défaut que d’être, contrairement à ce qui vient d'être dit par rapport aux autres titres, un poil trop court. Ensuite l’hymne de l’album, le morceau-titre. C’est le seul morceau chanté, mais il ne s’agit que de vocalises. Chester y participe, de même que Greg Walker, ancien chanteur du groupe de Carlos Santana et que Chester a côtoyé au moment de l’album Beyond Appearances de ce dernier en 1985. C’est un peu le "Hand in Hand" de Chester, avec la même idée des petits oiseaux qui chantent et gazouillent au moment du printemps, les fans de Phil Collins comprendront la filiation. Enfin, "Amazing Grace", ici sous forme de blues charmeur, avec le saxo typé "film érotique", ainsi que de bonnes parties de guitare, piano et orgue Hammond.

Cet album compte au final pas mal de réussites, chacune dans leur style comme "Homeland", "A Joyful Noise", "Addatude" et ses sons d’harmonica… Un sympathique petit album, bien qu'il faille reconnaître qu'il n'est pas celui qui nous manque le plus, ou que l'on a le plus souvent envie de sortir de sa CDthèque. Le meilleur reste sans doute de l'écouter peinard allongé sur une plage des Caraïbes, mais à mon humble avis vous préfèrerez économiser pour votre voyage... ou pas.

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   MARCO STIVELL

 
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- Chester Thompson (batteries, percussions, programmations, clavier, c)
- Michiko Hill (claviers, chant)
- Otmaro Ruiz (claviers)
- Peewee Hill (basses, chant)
- Jay Leach (guitares, pedal-steel guitare)
- Debra Dobkin (percussions)
- Steve Fowler (flûte, saxophone alto)
- Harry Kim (trompette)
- Walter Fowler (cor, trompette)
- Brandon Fields (saxophone ténor)
- Bruce Fowler (trombone)
- Gerald Albright (saxophones ténor et soprano)
- Kevin Toney (claviers)
- Mike Rosen (programmation synthétiseur)
- Akil Thompson (batterie, chant)
- Ronnie Vann (chant, guitare électrique)
- Freddie Fox (guitares électriques)
- George Duke (synthétiseur)
- Charles Owen (saxophone ténor)
- Pamela Deuel Hart (chant)
- Yoshio Maki (chant)
- Wendy Sacks (chant)
- Roz Thompson (chant)
- Brenda White (chant)
- Greg Walker (chant)


1. Tropical Sunday
2. So-soka
3. Homeland
4. Drums Are Loud
5. A Joyful Noise
6. Chunky
7. Jussa Thang
8. Cool Groove
9. Raw
10. Addatude
11. Amazing Grace



             



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