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The CESARIANS - Cesarians 1 (2009)
Par JOVIAL le 22 Février 2011          Consultée 1289 fois

The CESARIANS fut une découverte tout à fait inattendue. J'étais venu pour Mein Sohn William et Møller Plesset qui jouaient un soir à l'Antipode pour l'anniversaire du festival Kfuel, qui soufflait là ces quinze bougies et demi. J'avais pas tellement fait gaffe aux autres groupes. Putain. V'là The CESARIANS qui monte sur scène, une demi-heure de concert et la claque de l'année. Du rock comme t'en vois rarement, d'une puissance vindieu ! Pas de guitare, pas de basse, une batterie et un piano quand même, mais surtout des cuivres ! Et pas du tout un truc festif hispanisant à la con, non du vrai gros rock à cuivres, avec cor, clarinette et trombone ! Ça balance dans tous les sens, le public s'en prend plein la gueule. Et puis y'a Charlie Finke, le chanteur. Je déconnais en début de concert en disant qu'il ressemblait à mon prof de philo. Et bien non, tout faux. Leur seul point commun : la maîtrise de la langue allemande. Pour le reste, Charlie, d'ailleurs ancien frontman du groupe Penthouse qui nous tâchait déjà bien la chemise de son garage rock bien gras, est un pur malade. Quel charisme ! Le bonhomme n'arrête pas, se dépense sans compter, descend dans la foule, s'allonge et chante, et tout le monde le regarde, yeux écarquillés et bouche ouverte comme des abrutis.

Naturellement après ça, j'ai sauté sur Cesarians I, leur première galette. Un pur délice. Du rock puissant et massif certes mais d'une élégance incroyable. Imaginez les Rolling Stones sous l'air victorienne, rajoutez-y un poil de Rocky Horror Picture Show et vous toucherez à peu près à ce que The CESARIANS sont capables de faire. Cette musique est fantastique, énergique, romantique, expressive à souhait. Chaque morceau est une courte pièce de théâtre, Finke fait vivre ses textes comme personne. Véritables poèmes d'une noirceur raffinée et toute anglaise, ils s'accordent à merveille avec ce rock si particulier, parfois à la limite de la musique gothique. Alors que les cuivres s'attachent à lui apporter des sonorités très nobles, le piano de Justin Armatage se complaît souvent à déchirer le voile pour s'échapper dans la folie et la perversité. Un peu en retrait sur scène, c'est à Jan Noble que revient l'instrument le moins noble (hoho) de la formation, à savoir la batterie, qui pourtant sur l'album forme avec le piano toute l'ossature des chansons.

Sans complexe, The CESARIANS affirment dès le départ leur style et s'en donnent à cœur à joie. « Running Horse » entame les hostilités par une composition enjouée et de bonne humeur, prélude déjà à des morceaux plus rythmés voire musclés. « Woman » nous déferle d'ailleurs bientôt à la gueule, le piano nous écrase, Charlie nous relève. Troisième piste on est déjà à terre … et on est pas près d'en avoir fini. Après les plus étranges « Flesh In Grass » et « Too Soon Is Never Again », posées mais aussi plus venimeuses, « Dethstar » relance la cadence sans plus attendre ! Wow, vous me voyez sur mon cheval là ? La couronne de travers et gonflant le poitrail, le front plissé par un rictus de chevalier bourré, à me prendre pour Louis XIV chassant l'éléphant dans la forêt de Fontainebleau, le visage rayonnant et mes courtisanes me suivant toutes nues ? Merde, on aura bien rigolé mais « Q.M.S.D. » vient juste de briser le vase. Son ambiance très glauque et toute sa détresse mettent fin à la chasse à cour, on ne sourit plus. Pire, on flippe. Le piano menace, les cuivres grondent, Charlie Finke est au sommet de son art. « Q.M.S.D. » est la perle de Cesarians 1.

Plus calme, la seconde face accuse une petite baisse de régime, mais reste tout à fait majestueuse avec son dytpique de ballades mélancoliques (« Ratz » et « Marlene »), plus conventionnelles mais toujours magnifiques. Seul « Kratos Cometh » tente de renouer avec l'héroïsme de « Dethstar », n'y parvenant qu'à moitié malgré un final complètement barge. « Sour Ink » achève enfin l'album, la larme à l'oeil, dans un parfait équilibre entre émotion et intensité. On retourne la pochette du disque, Craig Leon est aux commandes de la production. Étonnant, mais c'est la preuve que The CESARIANS ont un sacré potentiel. Enfin même sans ça, ce premier album est un coup de maître. À ne surtout pas manquer. Encore moins en concert, où il faut d'ailleurs exprimer ses plus vives récriminations pour que le groupe daigne un rappel … Une très belle découverte donc, une des meilleurs sorties de l'année 2009 à n'en pas douter.

4/5
À écouter absolument : « Dethstar », « Too Soon Is Never Again » et « Q.M.S.D. »

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   JOVIAL

 
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- Charlie Finke (chant/armonica)
- Justine Armatage (piano/claviers/célesta)
- Jan Noble (batterie/chant sur track 9)
- Alison Beckett (clarinette)
- Ali Hutchinson (cor)
- Suzi Owen (trombone)


1. Running Horse
2. Flesh In Grass
3. Woman
4. Too Soon Is Never Again
5. Dethstar
6. Q.m.s.d.
7. Ratz
8. Marlene
9. About She Goes
10. Kratos Cometh
11. Sour Ink



             



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