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- Membre : Clint Mansell

POP WILL EAT ITSELF - Cure For Sanity (1990)
Par SEIJITSU le 21 Avril 2011          Consultée 1072 fois

PWEI n’est pas facile à suivre, tant ces derniers aiment jouer avec nos nerfs en jonglant avec le grand n’importe quoi. Box Frenzy était un avertissement, mais c’est bien l’incroyable This Is the Day... qui mettait sur les rails de l’innovation un groupe unique en son genre. Cela ne va pas s’arranger avec Cure For Sanity, leur album le plus fou à ce jour.

On savait la bande de Clint Mansell adepte du hip hop, cet opus est justement celui qui se rapproche le plus de ce genre. Le chant laisse de plus en plus de place aux couplets rap, mais vous vous doutez qu’avec des types comme eux, les choses ne sont jamais aussi simples. Les guitares acérées du précédent album se sont calmées mais elles restent encore présentes. Ces dernières ont surtout un rôle rythmique et se révèlent plus funky qu’auparavant. Ce point ne fait que renforcer ce côté alternative dance que PWEI a toujours développé depuis ces débuts.

Cure For Sanity est un joyeux fourre-tout difficile à définir, mais c’est bien l’empreinte hip hop qui l’emporte ici. Un hip hop certes aventureux et unique mais hip hop avant tout.
La quantité de samples est hallucinante et encore plus foisonnante que sur le précédent disque, pourtant déjà bien fourni en la matière. Ce qui étonne le plus c’est aussi la manière dont ils sont traités, presque exclusivement rythmiques, un peu comme si la troupe voulait nous faire un condensé d’une multitude genres musicaux sous le signe du groove. Et ce ne sont pas les trompettes de « Touched by the Hand of Cicciolina (edited highlights) » qui me feront mentir.

Les surprises ne s’arrêtent pas là car le groupe se permet des instants ténébreux que l’on ne lui connaissait pas. En particulier les interludes tels que « City Zen Radio 1990/2000 FM » ou encore « The Beat That Refused To Die » qui s’avèrent étonnamment sombres. POP WILL EAT ITSELF a cette fois pris au pied de la lettre la définition du terme cyberpunk, la musique est sombre et futuriste.
C’est sans doute la seule fois de leur carrière où le groupe respectera cette définition stricto sensus, puisqu’il reste avant tout délirant. C’est donc un album schizophrène qui développe une imagerie décalée et dansante, avec pourtant des ambiances parfois bizarrement obscures mais qui s’intègrent pourtant parfaitement dans les titres les plus dansants du lot (encore une fois « Touched by the Hand of Cicciolina »).
Les sonorités industrielles n’y sont pas étrangères puisse qu’elles sont toujours d’actualité et se mêlent sans problème au gloubi boulga electro rock, hip hop des anglais.

La mixité des styles n’est pas seulement ce qui peut rebuter aux premières écoutes, c’est aussi la quasi absence de tubes imparables comme on avait l’habitude d’entendre chez eux. Après une intro hallucinante (« Music is a powerful and perhaps the most powerful medium in the world ! »), qui n’est autre qu’un discours du pasteur Jimmy Swaggart, « Dance of the Mad Bastards » lance l’album à la vitesse de la lumière. Nappes fantomatiques, flow énergique, riff de guitare et rythme drum and bass, le ton est donné et ça sera calage jusqu’à la fin du disque.
Il faudra attendre le choc presque house (et encore) de « 92°F (The 3rd Degree) » pour se retrouver nez à nez avec un autre tube.
Mise à part cela, on aura droit à des morceaux bizarres entre paroles hallucinées et ambiance cybernétique mi sombre, mi plastoc.

Le dernier point le plus remarquable à propos de ce Cure For Sanity, est encore cette façon dont sont traités les samples qui rappelle immanquablement la BOMB SQUAD. La célèbre équipe de production de PUBLIC ENEMY, à qui on doit précisément la sortie d’un chef d’œuvre sorti la même année : Fear of a Black Planet. Impossible de dire si ce dernier a eu une influence sur le travail de PWEI, puisque Cure For Sanity est sorti que quelques mois après.
Mais si comparaison il y a (et pour moi il ne devrait pas en avoir, puisqu’il s’agit de deux groupes différents, que ce soit musicalement ou idéologiquement), alors on peut considérer que cet album poursuit le travail du gang de New York, dans cet unique but de décloisonner les genres et d’en faire une synthèse convaincante et addictive.

Mission encore une fois accomplie haut la main par ce groupe talentueux et sous estimé. Cure For Sanity représente à la fois le meilleur de l’alternative dance (un terme certes fourre-tout, mais je n’ai jamais trouvé une meilleure étiquette pour décrire la musique de PWEI) et un monument de… L’alternatif au sens large. Du moins, quand ce terme voulait vraiment dire quelque chose à l’époque.

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1. The Incredible P.w.e.i. Vs The Moral Majority
2. Dance Of The Mad Bastards
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4. X Y & Zee
5. City Zen Radio 1990/2000 Fm
6. Dr. Nightmare's Medication Time
7. Touched By The Hand Of Cicciolina (edited Highligh
8. 1000x No!
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11. Another Man's Rhubarb
12. Medicine Man Speak With Forked Tongue
13. Nightmare At 20,000ft
14. Very Metal Noise Pollution
15. 92°f (the 3rd Degree)
16. Lived In Splendour: Died In Chaos
17. The Beat That Refused To Die



             



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