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GANDALF & GALADRIEL - The Shining (1985)
Par MARCO STIVELL le 21 Avril 2011          Consultée 1510 fois

The Shining est le premier album véritablement chanté de GANDALF, GALADRIEL (de son vrai nom Pippa Armstrong) ayant - outre sa collaboration avec le groupe Schmetterlinge - déjà publié un opus solo à la fin des années 70. La belle possède une voix très agréable (on ne l'entendait que trop peu sur le seul morceau du précédent album auquel elle a participé) et tient à nous en faire profiter ce que, en tant qu'adorateur de voix féminines, je m'empresse de saluer. The Shining n'est pas que chanté, il y a une poignée d'instrumentaux (sacré Heinz), mais tout coule de source dans ce disque, à tel point que chaque morceau en est devenu essentiel. Après Tale From a Long Forgotten Kingdom, disque réalisé quasiment totalement en solo, GANDALF a ramené quelques amis dont une section rythmique pour une poignée de titres, ainsi que Peter Aschenbrenner et Robert Julian Horky qui avaient déjà participé à certains opus précédents (précisément To Another Horizon et Magic Theatre).

Le titre de celui-ci fait bien évidemment penser au livre de Stephen King et (surtout) au film de Stanley Kubrick sorti quelques années plus tôt. La photo de l'édition CD renvoie d'ailleurs un peu (à cause des bras tendus en l'air) à la folie de Jack Nicholson à la fin de ce film angoissant, mais ce n'est que la pochette d'une réédition. L'originale avec le couple GANDALF/GALADRIEL est beaucoup plus classieuse et dissipe tout rapprochement possible avec l'oeuvre de King et celle de Kubrick. De plus, "shining" veut dire "l'étincellant", le "brillant", et il est clair que la musique de cet opus se fait on ne peut plus fidèle à cette définition-là.

L'ensemble s'ouvre avec "Breathing", un instrumental qui nous prouve que GANDALF tient à garder la main mise sur les claviers new-age. Cependant, on ne peut s'empêcher d'être frappé par le côté direct de cette composition pleine de pureté et de positivisme. Avec une mélodie toute simple, basée sur quatre notes, "Breathing" marque beaucoup plus et beaucoup plus vite que la plupart des instrumentaux des albums précédents. Ca promet. Arrive aussitôt après la première chanson "It's a New Life", interprétée par la blonde Pippa Armstrong comme toutes les autres du disque. Belle voix en effet, un brin enchanteresse (GALADRIEL n'a pas été choisi comme surnom uniquement pour coller avec l'image que se donne son compagnon). Une chanson basée sur les guitares acoustiques mais également sur une production très eighties. Pour cela bien évidemment, aucun souci, The Shining est l'oeuvre de GANDALF la plus proche de cet esprit. La mélodie et le solo de flûte nous font planer. Cette chanson aurait pu faire un bon tube, prolongeant l'optimisme de l'introduction. Avec "The Eternal Stream", GANDALF nous propose un second instrumental, vague de synthés brumeuses et solo de guitare électrique étincellant par-dessus une boîte à rythmes massive et fort à-propos. "The Shining" est une chanson à l'ambiance plus folk, GANDALF ressortant les guitares sèches (acoustique et nylon), pour une chanson douce et pleine de magie grâce aux sons cristallins et aux choeurs de Pippa elle-même. Ah ces choeurs, une caractéristique propre à "Fooling Time", elle-même très douce malgré un aspect plus rock.

L'ancienne seconde face s'ouvre avec "The War Must Go On", chanson plus typée eighties encore et nettement moins aérienne. La voix de GALADRIEL est moins "gentille", tandis que GANDALF emploie des sons de cuivres-synthé, et Peter Aschenbrenner fait sa première apparition du disque sans être agressif, chose que je salue également bien volontiers. Bon tube potentiel là encore. "Mystery", autre instrumental, marque un retour vers une ambiance plus aérienne et pure, avec des claviers magnifiques et une ligne de basse séduisante par GANDALF himself. Le morceau sonne comme une chanson d'à peu près quatre minutes, avec une mélodie fort convaincante. "Children's Games" est pleine d'innocence, en bon rapport avec le titre, petite pause folk idéale agrémentée de claviers vintage mais qui ne dénotent pas. La voix de GALADRIEL, la guitare acoustique et la flûte se posent dessus comme des papillons sur des fleurs. "Way Home" est la dernière chanson véritablement tubesque de l'album, ouverte par le saxophone sur un fond sonore à la eighties. La suite comporte à la fois un bon parfum nostalgique, mais aussi empreint de "soul" avec tous ces choeurs et c'est là que le bât blesse d'ailleurs. Si ceux de GALADRIEL sur la reprise ad-lib du refrain se révèlent fragiles et essentiels, on ne peut pas dire que GANDALF ait eu la meilleure idée du disque (c'est d'ailleurs la seule qui cloche) en arrangeant ainsi ceux de l'autre personne. Karin Raab possède une voix agréable, mais elle en fait un peu trop, notamment à cause de ses montées mélodiques qui dénotent pas mal avec le reste, surtout que Peter Aschenbrenner réalise un bel effort derrière. Ce n'est heureusement qu'un menu détail, car juste après arrive le perle la mieux cachée de l'album : "King of Delusia". Alors qu'on vient de découvrir le dernier hit potentiel, GANDALF nous propose une chanson remarquablement marquée par une âme "progressive". Après le début doucereux, le morceau évolue vers un développement plus rock et à l'urgence palpable. La voix de GALADRIEL et la flûte traversière (parties multiples) se succèdent sur une musique dense, que GANDALF ponctue par moments avec ses sons de synthés inédits. Puis le morceau se calme et reprend la chanson là où il l'avait laissée auparavant. Un moment d'accalmie qui nous conduit vers le final épique garni d'un solo flûte, d'un couplet conclusif ainsi que d'un alliage trompettes-synthé et mellotron-voix du meilleur acabit. Et l'on termine en grande majesté avec la reprise de "Breathing", augmentée d'un solo de guitare lyrique.

Si je manque parfois de mots et d'originalité, voire de conviction pour décrire la musique de GANDALF habituellement, en raison d'une forte homogénéité qui n'est pas toujours doublée d'un éclectisme notable, ici ce n'est pas un problème, bien au contraire. Si The Shining est le seul album chanté du GANDALF des années 80, il est aussi l'un des plus aboutis, avec ça de génial que tout l'ensemble se vaut, et que rarement on a mêlé folk, années 80 et new-age avec autant de brio (ainsi qu'une aussi belle voix féminine).

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   MARCO STIVELL

 
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- Gandalf (claviers, guitares, percussions, basse)
- Galadriel (chant, choeurs)
- Peter Aschenbrenner (saxophone ténor)
- Gerry Burda (basse)
- Lenny Dickson (batterie)
- Robert Julian Horky (flûtes)
- Karin Raab (choeurs additionnels)


1. Breathing (part 1)
2. It's A New Life
3. The Eternal Stream
4. The Shining
5. Fooling Time
6. The War Must Go On
7. Mystery
8. Children's Games
9. Way Home
10. King Of Delusia
11. Breathing (part 2)



             



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