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- Membre : The White Stripes , The Raconteurs , The Kills

The DEAD WEATHER - Horehound (2009)
Par PINHEAD le 22 Mai 2011          Consultée 1310 fois

Après les deux albums des RACONTEURS et le duo avec Alicia Keys pour la bande originale du dernier James Bond, l'excellent single "Another Way To Die", Jack White fait encore des siennes en montant un autre projet musical. Quand on connait un peu le personnage, son enfance rythmée par la musique omniprésente dans sa famille, ses goûts musicaux, sa constante envie d'innover tout en restant fidèle à une certaine éthique musicale, la formation de ce nouveau groupe surprend peu en fin de compte. Le guitariste originaire de Detroit monte à l'occasion une équipe hors du commun : un supergroupe comme aiment à l'appeler les journalistes. A la basse, un certain Jack Lawrence, qui officiait déjà avec Jack White chez les RACONTEURS. Le guitariste n'est autre que Dean Fertitia importé des QUEENS OF THE STONE AGE où il occupait le poste d'organiste. Au chant, la délicieuse chanteuse des KILLS, Alison Moshart. C'est donc avec un peu d'étonnement qu'on retrouve WHITE derrière des fûts, plutôt qu'avec une guitare en main. Les DEAD WEATHER sont le résultat de jams qui ont eu lieu complètement par hasard à Nashville en pleine tournée des RACONTEURS.

A l'image de sa pochette, l'album qui en résulte est empreint de noirceur et d'énergie sexuelle. Le morceau qui ouvre l'album sous les roulements de tambours de White en est une parfaite illustration. Un blues où le riff principal de Fertitia se fait aussi discret que malsain. "60 Feet Tall" sent le sexe et la violence dans une montée épique à la fin du titre, où la batterie martèle et la guitare tempête dans un croisement supersonique. C'est sur ce modèle de sensualité agressive et ténébreuse que se formatent la plupart des morceaux. La basse saturée de Lawrence est très caractéristique de ce son ténébreux. Le musicien aux lunettes carrées assure sa rythmique d'un main de maître tout au long du disque, comme le montrent des morceaux comme "Bone House" et "No Hassle Night".

Et le White? Comment qu'il s'débrouille à la batterie?

Le musicien adopte une technique très démonstrative : tempos très soutenus, breaks assez ingénieux... En tant que producteur, la place essentielle qu'occupe Jack White avec sa batterie semble évidente. Malgré son volume trop important dans l'album qui dissimule parfois des pistes instrumentales intéressantes (comme la guitare qui se fait assez discrète), le batteur se montre d'une virtuosité assez rare, surtout comparé au jeu très limité de Meg White, la batteuse des WHITE STRIPES (je ris).
Les singles sont plus ou moins décevants : "I Cut Like a Buffalo" est un titre très moyen et trop répétitif, "Hang You From The Heavens" est sympa, mais pas de quoi crier au génie. L'endiablé "Treat Me Like Your Mother" est cependant un des réussites de l'album et revient sur la recette qui a fait le succès de Jack White: le bon riff pêchu, la guitare mise en avant, et le souci de la simplicité... Et ce blues quasiment anonyme de Bob Dylan, "New Pony" totalement restructuré par le groupe... Alison Mosshart donne par son chant la définition même du diable, de la tentation...
Dans les bons morceaux de l'album, on peut noter "Rocking Horse" qui vire presque soul, l'intriguant "So Far From Your Weapon", et l'instrumental très psychédélique "3 Birds". On peut cependant reprocher à Horehound sa pincée de morceaux superflus: "Rocking Horse" et "No Hassle Night" illustrent parfaitement un des défauts de l'album, la répétition inutile et ennuyeuse.
Mais impossible de parler Horehound sans mentionner son OVNI... Dans un album où l'improvisation est omniprésente, où le blues est de mise, où la noirceur est la règle d'or... Jack White reprend sa guitare et son micro, toujours en compagnie d'Alison Mosshart, et pond le vibrant "Will There Be Enough Water?". Frissonnant, Envoûtant, presque mystique... Digne d'un "In My Time Of Dying". Tout est dit dans ces six minutes et vingt secondes de jam ou un piano classique vient faire pour la première fois du disque son apparition.

Ce Horehound est une agréable surprise. Soutenu par un groupe multi-instrumentaliste très expérimenté, on ne peut que s'incliner devant cet album d'une rare noirceur. Malgré quelques minutes de remplissage et une production parfois trop feutrée, Horehound est une petite bombe de tension sexuelle qui atteint son paroxysme lors de l'épique dernier morceau. Il faut dire que même si les compositions du groupe sont parfois assez faibles, sa grande capacité à l'improvisation rend invisible cette écriture peut-être un peu bâclée.

4/5

Coup(s) de coeur: "Will There Be Enough Water"

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   PINHEAD

 
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- Alison Mosshart (chant)
- Dean Fertita (guitare, orgue, piano)
- Jack Lawrence (basse, guitare)
- Jack White (batterie, chant, guitare)


1. 60 Feet Tall
2. Hang You Fram The Heavens7i Cut Like A Buffalo
3. So Far From Your Weapon
4. Treat Me Like Your Mother
5. Rocking Horse
6. New Pony
7. Bone House
8. 3 Birds
9. No Hassle Night
10. Will There Be Enough Water?



             



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