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EXPéRIMENTAL/AMBIENT  |  E.P

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2011 Escapism
 

- Membre : Camberwell Now, This Heat, Quiet Sun
 

 Site Officiel De Charles Hayward (205)

V FOR VICTORY - Escapism (2011)
Par JOVIAL le 14 Juillet 2011          Consultée 946 fois

Généralement, on a pas le droit de critiquer un membre du Rock In Opposition. Dire que le dernier disque de Fred Frith est raté, qu’Univers Zero n’est plus que l’ombre de lui-même depuis 1999 ou qu’Art Zoyd c’est chiant (1), c’est risquer sa vie. Le RIO c’est sacré, on y touche pas sous peine de bientôt voir sa tête promenée sur un pic dans les rues de Carmaux par une foule fière et rageuse. Et même lorsqu’il s’agit de Charles HAYWARD, recrue pourtant tardive et parfois assez distante du collectif, l’exercice s’avère périlleux. Il faut se relire à chaque phrase, vérifier toutes affirmations et choisir avec soin ses adjectifs, car les gardiens du RIO veillent au grain. Une phrase de travers et vous êtes définitivement catalogué comme un sombre idiot n’ayant jamais compris à la musique, n’ayant jamais rien compris à l’art, n’ayant jamais rien compris à la vie. Le pourcentage de suicidés parmi les chroniqueurs s’étant attelé à la monumentale discographie du mouvement atteint chaque année des sommets effarants. C’est pourquoi aujourd’hui, je montrerais magnanime envers cet nouveau projet de Charles Hayward, judicieusement intitulé V for Victory.

Magnanime … Non, non, non et non. Quatre fois non. Impossible pour moi d’être « magnanime ». Mince alors, que cet Escapism est décevant ! Je m’en voudrais presque de ne pas réussir à lui mettre plus d’une étoile. J’ai toujours été un grand admirateur du travail d’Hayward, que ce soit avec This Heat, Camberwell Now, Massacre ou même ses disques solos, mais ici, non vraiment je ne peux pas. Au départ, je me suis dit que c’était de ma faute, qu’après plusieurs écoutes j’apprécierai l’œuvre à sa juste valeur, que je n’étais qu’un misérable pêcheur incapable de comprendre quelque chose à la musique expérimentale. Mais non, désolé Charles, là c’est raté. Tu nous livres 22 minutes vides de sens, vides d’envie, vides de tout, plus grave encore : vides de musique. Je ne me l’explique pas, toi qui connais pourtant si bien les possibilités d’un trio guitare/basse/batterie (2), tu aurais dû réussir à nous concocter quelque chose d’un peu plus réussi. D’autant plus que tu connais déjà de tes comparses - qui sont d’ailleurs loin d’être des débutants - avec qui tu as déjà travaillé à maintes reprises. Mais non, tu nous sors … ça, 22 minutes d’un minimalisme extrême et sans concession. À noter que je n’ai rien contre non plus : quand c’est bien orchestré c’est souvent grandiose, mais ici … On dirait presque que la manière est devenue prioritaire sur le but à atteindre. Pour faire tragique : la technique a surpassé l’émotion.

« Escapism » est d’une pauvreté navrante. En résumé, l’auditeur se retrouve en face d’une rythmique qui tourne en rond, sans soubresauts, conjuguée aux vaines expérimentations presque risibles d’un guitariste à côté de ses pompes. L’idée de départ de ce morceau se devine aisément : nos trois compères recherchent la musique la plus hypnotique, pour ne pas dire la plus abrutissante possible, et ne sont d’ailleurs pas très loin d’y parvenir. Mais les débats s’étendent trop et manquent parfois d’un peu de corps. À aucun moment, « Escapism » n’est prenant ni transcendant. À aucun moment je n’ai eu cette impression d’autre chose, de décoller vraiment de mon siège, de rentrer dans cette danse métallique et industrielle que tente de nous proposer V for Victory. « Escapism » est une sorte un tunnel sans fin, lumineux, avec quelques éclats de verre par-ci par-là, mais dont globalement on sort sans aucune égratignure. Bien sûr, on pourrait refaire l’éternel débat de la musique expérimentale : faut-il qu’elle soit plus expérimentale qu’elle n’est finalement musicale ? J’aurais tendance à plutôt penser le contraire et c’est sans doute une des raisons qui me conduisent à dénigrer « Escapism ». J’en suis conscient, de même que le fait que d’autres que moi arriveront au contraire à aimer cette musique et à ressentir quelque chose de vraiment fort. Ils auront d’ailleurs toute mon admiration. Néanmoins, je suis bien incapable de monter à plus d’une étoile sur cinq, d’autant plus qu’Hayward, je le répète, nous avait habitué à mieux.

(1)Vous noterez la puissance de cette argumentation fine et précise.
(2)http://www.youtube.com/watch?v=HL01Sbv2dhM

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- Charles Hayward (batterie)
- Nick Doyne-ditmas (guitare)
- Vern Edwards (basse)


1. Escapism



             



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