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- Style : James Brown

Betty DAVIS - Betty Davis (1973)
Par ONCLE VIANDE le 19 Février 2012          Consultée 1475 fois

Si la reconnaissance était proportionnelle au talent, Betty DAVIS serait l’égale de Janis JOPLIN, NICO ou Patti SMITH. L’histoire en a malheureusement décidé autrement et l’éphémère épouse de Miles DAVIS est encore aujourd’hui l’affaire de quelques passionnés.

Coupons court à toute suspicion. Miles doit plus à son indomptable compagne que Betty doit à l’ange noir. C’est elle qui lui a présenté Jimi HENDRIX et Sly STONE. Elle surtout, qui est à l’origine du virage électrique pris par le trompettiste à la fin des années soixante. Les informations relatives à la dame tiennent sur un timbre poste (trouvez-moi seulement une photo récente) et je laisse le soin aux plus curieux de s’enquérir de sa rachitique biographie.

Dans le cadre strictement musical qui nous intéresse ici, tout commence vers 1970. C’est pendant sa courte période britannique que Betty écrit les chansons qui constitueront son premier album. A son retour aux Etats-Unis, elle s’entoure d’invités prestigieux pour concrétiser son projet : la guitare de SANTANA, la batterie de la FAMILY STONE, la basse du future GRAHAM CENTRAL STATION et les POINTER SISTERS pour les chœurs. Ce line-up de rêve est bien la seule chose que lui auront apportée ses relations. Pour le reste, c’est une patronne qui va se révéler au fil de ses trois disques, écrivant, arrangeant, produisant, et choisissant ses collaborateurs.

Betty DAVIS a incarné deux combats. Si les allusions à sa couleur ne sont pas explicites, son environnement artistique et les références qui jalonnent ses textes revendiquent clairement une appartenance communautaire (« 70 Blues », « F.U.N.K. »). Mais son combat est surtout sexuel. Chez Aretha FRANKLIN, la cause féminine passait par le respect et la non violence (sa magnifique reprise de « Respect » d’Otis REDDING en 1967). Chez Betty DAVIS, elle passe par l’affirmation du corps, la destruction des tabous par le langage et les attitudes provocantes que la scène permettait d’exprimer librement ; tenues légères, poses aguicheuses ou explicitement vulgaires, jeux de rôles avec ses musiciens. Là encore, les documents d’archive manquent cruellement et l’on se contentera de quelques photos pour imaginer la nature de ses prestations.

La musique de Betty DAVIS est résolument rock. Un funk dur et énergique fait d’électricité et de riffs couillus. Son talent d’écriture s’impose ; puissance, feeling et efficacité. Les arrangements claquent, le son transpire les années soixante-dix par tous les pores : clavinet, wah wah, orgues, chœurs, mais c’est d’emblée cette voix sexy et animale qui donne à ce premier disque tout son caractère, témoignant d’une personnalité forte et d’un appétit insatiable.

Le sexe traverse le disque comme une obsession. Le langage est souvent cru. « Anti love song » lui collera longtemps à la peau. Cette chanson qui fait l’éloge du plaisir tout en exprimant une méfiance face aux sentiments, sources de dépendances et de souffrances, dévoile également une sorte de machisme au féminin, envisageant le sexe comme un rapport de force et un mode de domination (« Mais avec moi tu sais que tu n’aurais pas le contrôle, pas vrai ? Parce que tu sais que je te ferais baisser la garde, parce que je te boufferais ton ego, je mettrais ta fierté dans ta poche ») … ou comment soigner le mâle par le mâle. Entre propositions indécentes (« If I’m in Luck ») et allumages en règle (« Ooooh Yea »), la belle n’en oublie pas de vanter les mérites du partage sur « Your man my man » (« ton homme, mon homme, qu’est-ce que cela signifie ? »). Bref, autant de pépites qui n’ont rien perdu de leur saveur ni de leur subversion. DSK approved.

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   ONCLE VIANDE

 
  N/A



- Betty Davis (chant)
- Gregg Errico (batterie)
- Hershall Kennedy (orgue, clavinet)
- Victor Pantoja (congas)
- Doug Rodrigues (guitare)
- Neal Schon (guitare)
- Merl Saunders (piano électrique)
- Larry Graham (basse)
- Richard Kermode (piano)
- Doug Rauch (basse)
- Pete Sears (piano)
- Greg Adams (trompette)
- Skip Mesquit (saxophone)
- Michael Gillette (trombone)
- Jules Broussard (saxophone baryton)
- Annie Sampson (choeurs)
- Pointer Sisters (choeurs)
- Kathi Mcdonald (choeurs)
- Patryce Banks (choeurs)
- Sylvester (choeurs)
- Harshall Kennedy (choeurs)
- Willy Sparks Iii (choeurs)


1. If I'm In Luck I Might Get Picked Up
2. Walkin Up The Road
3. Anti Love Song
4. Your Man My Man
5. Ooh Yeah
6. Steppin In Her I. Miller Shoes
7. Game Is My Middle Name
8. In The Meantime



             



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