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- Membre : Téléphone

Louis BERTIGNAC - Grizzly (ça C'est Vraiment Moi) (2011)
Par SUPERNOVA le 26 Novembre 2011          Consultée 1952 fois

L’apanage des plus grands musiciens réside définitivement dans leur faculté d’adaptation. Celle-là même qui, pour le meilleur ou pour le pire, a transformé les boogie-rockeurs cradingues de ZZ Top en faiseurs de « hits » cybernétiques ou encore à Judas Priest d’émerger triomphant du mouvement hard-rock anglais, pour devenir la référence absolue en matière de heavy-metal. La question étant de savoir passer cette étape transcendantale au bon moment.

Avec le père Bertignac, élevé au rang des « intouchables » du rock français (Hubert-Félix Thiéfaine, Paul Personne, Higelin…) depuis l’explosion de Téléphone, on avait pourtant raccroché depuis belle lurette (celle là était facile !) La faute à des albums studios gentillets, complètement déconnectés des performances live brûlantes du bonhomme, et l’inévitable compétition – perdue d’avance – avec camarade Aubert qui, en matière de ballade mièvre, officie tout de même un cran au dessus. Le point de non-retour semblait avoir été atteint en 2004, avec la sortie de « Longtemps », un album mollasson coécrit avec Carla Sarkozy qui, selon la légende urbaine, atteignait déjà des résultats négatifs à ses examens de tension artérielle. Bref. Confortablement installé dans son studio du Pré-Saint-Gervais, Bertignac s’apprêtait à fignoler son prochain opus lorsqu’il croisa le producteur Martin Meissonnier, qui lui confia tendrement « Borde* de merd*, mais quand est-ce que tu nous ponds un putai* d’album de rock, damn shit ! »

Electrochoc.

Bertignac va alors immoler au bourbon la quasi-totalité d’un album pourtant bouclé et redécouvrir, puceau, « qu’avec trois notes, on peut écrire une chanson ». Un mois plus tard, c’est dans la boîte.

Bim.

Premier single extrait, « 22 m² ». Et première petite goutte dans le slip. Parce qu’on n’avait encore jamais entendu sur une radio française, le son boueux d’un Berti, presque méchant, bootleneck au doigt, revenir au blues-rock des pionniers. Avec plus de 25 ans de retard, impérial, le grisonnant Mr Rock sort enfin ses riffs. Et des riffs, on en retrouve en veux-tu en voilà dans ce « Grizzly », qui décidemment, n’officie pas dans la catégorie « petit nounours » débonnaire. Sur « Pro », où on assiste éberlué à un véritable best-of des plans guitaristiques les plus clichés du genre, c’est la confirmation… surtout que le monstrueux Cyril Atef, tambour-major, se déchaîne derrière ses fûts et expédie le tout dans une autre dimension. Sur « Costard », le rock décomplexé laisse place à une tournerie groovy en diable, sur un texte anti-Bush plutôt bien foutu. La faute au parolier Boris Bergman (Baschung…) qui s’est fait une spécialité du texte qui sonne, parfois à défaut de celui qui veut dire quelque chose (« je marche sur la glace d’un lac endormi, mon maître est un tzigane, je dors peu la nuit… ») Mouais.

Le reste de la livraison alterne sans surprise entre rock’n’roll ultra musclé (« Fais pas mes Malles », « Le Grand Ordinateur »), groove hypnotico-bluesy (« Tziganes et Grizzly » notamment, servis par l’énorme frappe du cogneur Richard Kolinka) et ballades rescapées de l’album avorté (« Les Filles Comme Toi » et « Tes Bonnes Choses », qui resuce sans état d’âme la « Rive Gauche » de Souchon). Louis surprend peu, mais on le sent enfin à sa place.

Il n’y avait donc qu’un pas pour que la communauté journalistique imberbe, fringuée chez The Kooples (ceux qui connaissent Led Zeppelin parce qu’ils ont fait une « jolie ballade », vous savez…) s’extasie devant un peu de sueur versée. Whôa, le rock retrouvé ! Bertignac redéfinit le rock français… et tous ces slogans qui ont le mérite de pouvoir s’écrire en gros sur une couverture. Si vous souffrez de ce syndrome, un conseil : faites chauffer la platine sur « Who’s Next » ou « Au Cœur de la Nuit » et retrouvez vos esprits. « Grizzly » est un bon album, mais Bertignac n’est ni un chanteur irréprochable, ni un compositeur touché par la grâce d’un Page ou d’un Townshend. Bertignac est un rockeur pur jus, un des derniers « gardiens du Temple » français, qui est - enfin - parvenu à exploiter le créneau qui lui revenait de droit.

Essai transformé donc, « Grizzly » est une réussite… sans qu’il soit nécessaire de s’ébahir que notre rockeur hexagonal préféré fasse du rock.

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   SUPERNOVA

 
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- Louis Bertignac (chant, guitare, harmonica)
- Hilaire Penda (basse)
- Cyril Atef (batterie)
- Richard Kolinka (batterie)
- Joyce Jonathan (choeurs)
- Akram Sedkaoui (choeurs)


1. 22m²
2. Pro
3. Costards
4. Tes Bonnes Choses
5. Le Grand Ordinateur
6. Tziganes & Grizzly
7. Mouettes & Rhinos
8. Chaud
9. Bloody Mary Tabasco
10. Simulations
11. Les Filles Comme Toi
12. Fais Pas Mes Malles
13. Frayer...



             



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